Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 03 mars 2009

Du fond des sois

Le sexe des femmes est une ouverture
Où perdre son âme est une aventure
Au moment des flammes qui font la jointure
Entre elle et le pâme et vous la césure

On y voit le sombre parfois qui vous guette
Comm' partie d'une ombre venue en goguette
Ou sous l'onde l'ombre, aqueuse sonnette
Qui vous happe, tombe de soi à vous faite !

C'est que, dès le moment où, à vous offerte,
Sans contrainte feinte à vous abandonnée,
À tous ces sentiments se donnant sans guigne,

Au cœur de l'étreinte, à tous sens résonnée,
Échelle d'un instant, au languir en perte,
Savez-vous être à temps de son vagin l’insigne ?

vendredi, 27 février 2009

La colle de la crise

Je vais essayer, ce soir, de ne pas être trop embêtant. Il faudra admettre, tout de même, accepter une certaine forme de réflexion, sinon ce ne sera pas intéressant pour vous de continuer à lire ce message.

La crise fait que le chômage augmente. Déjà, il faut dire tout de suite que la forme d'organisation sociale qui régit les êtres humains d'hier (deux cents cinquante ans, environ) et d'aujourd'hui, est toujours en crise : ça ne fonctionne pas : pauvres, dilapidés, dilacérés, esclavagisés, putaciérisées, etc. Bon. Mais…

Disons que la crise est plus importante. LA crise crée plus de chômage. Mais que cela signifie-t-il ?

Lors de son fonctionnement normal le mode d'organisation des êtres humains passé et présent présente déjà du chômage et en est SA forme courante. Il y en a plus ? Humm ?!?

Pensons autrement, si vous le voulez bien. Pensons que le chômage est l'IMPOSSIBILITÉ pour la capital d'employer des personnes à SON ouvrage : je rappelle, chers lect-eur-trice-s, que c'est l'argent qui mène à la nourriture et non le manque de nourriture qui mène à la famine, de nos jours.

Bien. Pensons maintenant comme un poivrot (vous savez, ce genre d'ivrogne qui se met, de temps à autre, selon ses délires éthanolisés, à poser quelques jalons de philosophie qui suivent souvent la boisson qu'il ingère : ce soir ce sera du "Coteaux du Layon", pour moi) : lorsque la bouteille est vidée, il en faut une autre, bien évidemment. S'il n'y en pas d'autres, on va voir un autre poivrot, qui, comme vous être un peu bavard — cela donne soif — sera tout content de disputer ou discuter avec vous d'une chose ou d'une autre : "qu'importe la bouteille pourvu qu'on ait l'ivresse", dit-on très poliment et comme il ne se renie pas tel, le poivrot aime à boire dans le calme assez souvent, surtout entre deux seins.

Mettez une crise : un manque d'éthanol, soudain, du fait que quelques ploucs ont supputé qu'il y en avait plus qu'il n'y en a. Cela veut dire : il AURAIT existé plus d'alcool qu'il en EST en ce monde ? Humm !?! Est--ce que le nombre de gens qui travaillaient à l'élaboration de cet éthanol influerait sur la quantité possiblement ingérable ? Non, bien sûr, car les éthanolisés, tout de suite, prendrait des dispositions efficaces pour pouvoir pourvoir sensiblement rationaliser leur besoin de boire. Tout fermente, en ce monde de vie, et c'est tant mieux, sinon souhaitable !

Seraient les non-buvants plus bêtes que les éthanolisés ? Il semble que oui. Et pourtant ils ne daignent pas de leur moral leur casser les oreilles.

Le chômage n'est que la forme IMPOSSIBLE au capital de S'employer entièrement à VOTRE exploitation.

Je veux dire que lorsque la crise apparaît sous une de ses formes aiguës, que les gens sont foutus à la rue (alors qu'ils devaient la foutre tous les jours, femelles et mâles, à leur libre accointante) et se mettent à ne plus savoir ce qu'ils sont - des suppôts du capital - se mettent à mourir de faim alors que tout regorge de nourriture (même pourrie par les OGM et les intrants d'agriculture modernes pour les seuls rendements du capital) c'est qu'ils sont vraiment CONS. Et c'est PRÉCISÉMENT cette connerie qui soutient de ses jambes frêles la structure métaphysique de CE capital.

Voudrais-je dire que cette crise qui met tant de gens au chômage, ne correspond qu'à ce ce que ce capitalisme NE peut PAS exploiter, ici et maintenant, de la force qu'il use à s'en repaître autrement ? Me comprenez-vous bien ? Vous êtes au chômage car vous n'être PLUS DU TOUT exploitables. Est-ce là une condition proprement HUMAINE ?

Serions-nous, sobres, qu'une simple bande de ploucs ! Prenons-vous en mains, que diable : soyons ivrognes de NOTRE vie ! Cette condition, intériorisée, vous correspondrait-elle ?

Non ? Bien. Alors arrangeons-nous autrement

dimanche, 22 février 2009

Substantifique image

Quoi qu'on en fasse, ou presque, dès le moment où une /e quidam/e a décidé de reposer son angoisse (qui DOIT se détendre) sur une image-idée etc., il 'y a plus rien à faire pour lui faire entendre "raison" ou bien lui faire comprendre SA démarche : c'est cette démarche qui lui permet cette détente !

Alors, avec ces vieux mots rabat-joie de la rationalité, qu'allons-nous pouvoir RÉSOUDRE de cette angoisse ?!? Hum ???

Nous nous trouvons donc devant un cul de sac et derrière un cul de sac : comment initier une démarche amenant à une reconnaissance du mondé délesté d'images le rendant flou tandis que ces images sont un appui et un poids affectif permettant d'être adapté à ce monde d'angoisse, au monde ? Il faut détenir une curiosité dite "intellectuelle" pour admettre — ne serait-ce ! — que la préemption du monde sans image qui le défocalisent, est bien plus prégnant à vivre dans ce plaisir de vivre souvent sans images.

De fait, les diverses propositions qui induisent (comme une lumière sous un pas de porte) la possibilité d'entrevoir en correspondance avec la réalité - qui est dépourvue d'image en SOI) - se présentent encore et encore comme des avatars (des images d'images) de nos désirs de réalisation de nos désirs, jusqu'au moment où on s'aperçoit que le monde est bien plus simple (et sans aucun doute plus riche) que toutes les complications qui induisent ces images du mondes des angoisses coagulées.

Ici ou là, cela tient à une perception du vivant qui vous apporte une satisfaction vis-à-vis de laquelle chacun est accoutumé à l'intensité émotionnelle. Il pourrait ne s'agir que des bornes des limites au-delà desquelles l'angoisse vous astreint tant dans ses modalités que vous ne pouvez en admettre le franchissement. Voyons cela du point de vue de celui/celle pour qui ces bornes sont plutôt lâches dans leur géographie.

D'abord, la superficie de l'espace des plaisirs possibles est notablement agrandie, élargie ; ou bien l'orientation donné à un plaisir praticable – ce qui implique le don de soi à ce plaisir, ce qui veut dire, finalement, la perte de soi dans cette nature acceptée de ce plaisir pour praticable… ce qui est le schéma de tout un chacun, normal et universel de tout un chacun ; mais ici, il n'y a, en fait, que les seules bornes à ne pas transgresser du non-respect du plaisir comme la forme inadmissible [et là encore on retrouve un universel cuirassé ou non] car l'expérience reconnue vous en fait le dénigrer – est corroborée par le plaisir qu'on éprouve au cours de son parcours qui ne peut être que plaisant, c'est-à-dire, exempt d'angoisse, de celle qui vous empêche de vous adonner plus encore à ce que vous ressentez, que vous vivez sans… angoisse.

Je comprends pourquoi je gêne parfois, pourquoi je ne me sens pas intégré, socialement : je n'éprouve pas identiquement au même moment les angoisses de mes contemporains ; et cela d'autant plus que j'ai dûment identifié les miennes comme étant d'origine amoureuses, sexuellement amoureuses… on comprend tout !

Là où mon contemporain se tient comme à une main courante à une image qui stabilise son angoisse, moi je vague appuyé sur une ancre flottante, celle dont je suis sûr qu'elle n'est que ce qu'elle est : une angoisse lorsqu'elle se présente sous une forme de la vie, cette vie dont je n'ai rien à craindre sinon que la mort. Je suis, en somme, comme ces animaux : j'ai plus peur de la prédation que de toute autre chose et, chez cette sorte de chose qu'est l'animal qui se dit humain, j'ai immensément plus peur de LUI que de la vie en général. Et c'est l'objet de mes recherche que de comprendre cette absurdité.

De fait, l'énergie que j'attend de la vie en retour de la mienne n'a présentement pas de résonance et je reste trop souvent à plat. Les prétentions des rêves de cette société n'arrivent pas à ses propres chevilles qu'elle a très sales (pesticides, radio-activités, ce CO2 qui n'est qu'une partie de l'iceberg de la pollution générale de l'existence,etc.) tout juste à peine (de travail) du haut de ses sandales qui sont dans un état déplorable. C'est partout visible, mais le flou des images du rêve en obstrue la réelle vision, tout comme la satisfaction réelle qui est obtenue de sa sexuation pourtant indispensable, n'a pas le retour qu'on peut attendre de la satisfaction du plaisir de vivre !

mercredi, 04 février 2009

Des gouttes du sens

Fuir sans cesse ce qui court devant soi

aux portes de l'indicible perte
à mes baisers et à mon sexe d'amour,

À l'accueil de la douceur de tes lèvres du bas

Fuir sans cesse ce qu'on redoute
dans le doute de la redoute du doute
de ce que l'on craint pour ne l'avoir atteint jamais

Et qui pleure sur le seuil de n'avoir pas encore été emporté.

Fuir sans cesse ce qu'on ne connaît pas
n'a jamais connu, entrevu pourtant
dans le brouillard de la crainte

Et qui est si lâche alors qu'on s'y laisse si peu atteindre

Fuir sans cesse, sans cesse,
sans cesse fuir devant ce qui fuit devant vous
à votre allure, juste à votre mesure juste devant vous

Qu'on voudrait bien voir trébucher pour pouvoir y sombrer.

lundi, 02 février 2009

Camaïeu lexical du pâle travail

En regardant les définitions qui sont données au mot "travailler" ou “travail”, on se sert de ce mot comme si on refusait d'admettre la réalité de ce qui est en train d'être fait ou de ce qui se passe. Quelques exemples : au lieu de dire — on dit, non sans intention(s) :
* Faire jour et nuit un effort soutenu pour obtenir un résultat — Travailler jour et nuit.
* Réaliser une production, produire à perte — Travailler à perte.
* Avoir une profession, exercer un métier — Travailler dans les assurances.
* Étudier, apprendre — Arrête de jouer, va travailler dans ta chambre.
* Servir ou desservir quelqu'un, quelque chose — Le temps travaille pour ou contre nous.
* L’acrobate effectue sans filet un exercice — L'acrobate travaille sans filet.
* Dans tel sport, les muscles fonctionnent activement — Dans tel sport, tous les muscles travaillent.
* Mon imagination déploie une grande activité autour de ce projet — Son imagination travaille sur ce projet.
* Ce meuble s’est déformé sous l'action de l'humidité, de la chaleur, du temps — Ce meuble a travaillé.
* Cette maçonnerie ou cette charpente se déforme sous l'effet des charges, des poussées ou des tractions subies — Cette maçonnerie ou cette charpente travaille.
* Ce vin subit l'effet de la fermentation — Ce vin travaille.
* Mon argent produit un revenu — Mon argent travaille.

Voici deux dernières expressions présentant les mots pour vrais : Travailler comme un cheval, travailler comme un forçat : travailler beaucoup, travailler durement.

Lorsqu'on travaille une technique, on ne travaille pas, on s'exerce à cette technique pour se la rendre facile. Lorsqu'on travaille la terre on ne travaille pas, on laboure la terre afin de la rendre plus accueillante pour la graine ou le plant. On a tort de dire, par simplification, que du bois ou de la pierre travaille pour dire qu'il ou elle se déplace, bouge, se fendille, se tord, diminue ou augmente de dimensions, gonfle, rétrécit, etc. Cette simplification ne profite qu'au labeur, par confusion des genres puisqu'une matière ne saurait travailler : seul un animal travaille, par définition.

Lorsqu'un animal travaille, il travaille, certes, mais parce qu'on le fait travailler. D'autre part, lorsqu'il effectue un travail, il s'agit essentiellement d'un labeur : le travail contient, en soi, la capacité consciente d'exécuter une tâche et l'animal n'a pas cette conscience lorsqu'il exécute une tâche autre que celle pour laquelle la nature l'a conçu. Aussi il faudrait inventer un nouveau verbe, uniquement transitif : laborir : exécuter un labeur.

Lorsqu'un animal travaille par lui-même, il ne travaille pas, il s'active, il se réalise.

L'activité consiste, du point de vue du travail, à exécuter une tâche, à la tuer. Ce n'est pas une raison pour se tuer au travail et d'ailleurs aucun animal sauvage ne se tue au travail, sinon que par déboire ou piège.

Que peut-on comprendre lorsqu'on entend dire d'un politique qu'il travaille ?

Tuer une tâche n'implique pas qu'on s'y tue, soi, qu'on s'exécute à la tâche. Rien n'y oblige sinon que le travail devenu labeur. On peut parler du labeur comme de l'activité des sportifs, des bœufs ou des chevaux de trait, à ceci près qu'il est impossible de faire travailler ces deux derniers animaux, eux, plus de trois heures d'affilée et plus de six heures en tout par jour : il n'est pas concevable d'avoir pour but de les tuer à la tâche, de les exécuter par le travail qu’ils effectuent. Il est vrai que les sportifs sont un peu plus bornés et fournissent des efforts plus conséquents pour atteindre cette idée qu'ils ont d'aboutir à un résultat physique par le travail, le labeur, par l'idée qu'ils ont d'une vie de labeur. Des muscles ont pris chez eux la place de l'intelligence de la paresse.

Rien ne sert de travailler, il faut s'activer à point.

« Les chercheurs, ils travaillent sans relâche » entend-on à la radio, à propos de leur recherche sur une maladie grave dont ce « travail » ne leur permet pas d’y comprendre grand-chose.

On voit que le mot « travailler » dissimule quelque chose de complexe, qu’il résume. Est-ce par paresse seulement qu’on l’emploie à tant de sauces ? Ce serait étrange car précisément ce sont ceux qui « travaillent » le plus qui emploient le plus ce mot ; les plus paresseux éprouvant un dédain certain pour sa signification — le labeur.

Lorsque le poète “travaille”, je dirais plutôt que quelque chose le travaille — ce quelque chose étant le besoin de créer — et qu’il travaille finalement ce qui le travaille. Plutôt de dire qu’il travaille, on dira qu’il est habité par son œuvre ou son ouvrage qu’il réalise.

L’amour du travail :
Il en est ainsi que le JEU et le travail ne peuvent pas faire ménage ; ni l’amour des corps et des âmes. Le travailleur et plus souvent celui qui aime à faire travailler, parle de « l’amour du travail » qui résume le fait d’éprouver une forte satisfaction à se réaliser dans l’exécution d’une tâche à travers une aptitude acquise de longue main et la puissance sur la matière que l’on utilise que cette pratique procure. À bien y regarder, il n’y a là rien d’ « amour », puisque je m’imagine pas avoir une telle maîtrise sur mon amante et que je ne souhaiterais pas que mon amoureuse me traite dans ce genre d’amour. À moins que le mot « amour » possède plusieurs acceptions, ce qu’on veut dire, donc par cette expression sans sens — l’amour du travail — ne correspond pas à ce qu’elle veut décrire. L’amour du travail est autre chose que de l’amour.

Le verbe relatif au travail — travailler — possède toutes les actions possibles qu’on attribue aux verbes : il est transitif (il agit directement sur quelque chose, quelqu’un), intransitif (il agit indirectement sur quelque chose, quelqu’un), réflexif (quelque chose SE travaille, soi et quelque chose SE travaille par l’intermédiaire de quelqu’un). C’est le mot fourre-tout, imprécis, indirect, confus et vague.

C’est un peu comme si du fait que toutes ces expressions ne contenant plus la notion d'activité satisfaisante, affectivement enrichissante, gratifiante socialement car on est une partie de ce social et qu'il ne peut en être autrement à moins d'être fadingue, elles deviennent insuffisantes à décrire ce qui se passe, qu’elles deviennent exsangues d’une vitalité qui tend à s’exprimer avec plus de force ; que cette force est dans le travail, dans le labeur, le fait qu’on en « chie », comme on dit, c'est-à-dire exactement le contraire de ce que l'on vourait faire de son existence, de son activité vitale !!! Éprouver des difficultés au cours de l'exécution d'une tâche n'est pas du déplaisant, mais qu'on vous y force, qu'on vous y oblige car vous n'éprouvez aucune satisfaction sociale, affective à son aboutissement, oui cela est du TRAVAIL, du labeur.

On trouve, en ce moment, des recommandations du gouvernement de l'arrêt publique disant que « l’arrêt de travail est abusif » en présentant un adolescent au lit en ajoutant : « maintenant vous êtes grand ». Amusant, non ? C’est justement quand on prend la responsabilité de ne pas travailler qu’on redeviendrait un enfant !

C’est que le travail est la valeur indirecte de cette société (puisque c’est un être qui l’effectue, ou une chose, c’est indirect), ce dont cette société a le plus besoin pour exister, il faut donc le cacher dans cette imprécision, ce vague du ravage ou ce confus des formes. D’une part il en est la source de gain essentielle, puisque c’est par le seul “travail” (l’activité qui change les formes des choses et des êtres) valorisé, source de gain et d’espoir de gain, que sont établis tous ses rapports sociaux. Les plus démunis en sont dépourvus, les moins éveillés ont les mains les moins propres, les plus maniaques les mains les moins sales. À ceci près que la valorisation du travail exécuté ne passe plus que par la dévalorisation du travail, de cette activité de transformation, c’est-à-dire son perpétuel renouvellement par la renaissance sans fin des mêmes choses qui n’ont plus besoin d’être refaites à moins de déterminer, dans le travail exécuté, la prévision de son renouvellement ; et ceci au moindre prix.

On ne gagne pas sa vie : on la valorise par le travail, par la vente de son activité sociale, sa force d'activité devenue strandardisée, découpée, monayée, achetée. Le temps vivant de la vie est devenue une chose.

Il est évident qu’environ 95% du travail exécuté aujourd’hui est absolument inutile sinon qu’en tant que valeur, qu’espoir de gain pour les uns et pour d’autres ; et au moindre prix puisque 95% du "travail" est effectué par l’argent, la spéculation. 95% du travail effectué aujourd’hui est inutile, nocif et rébarbatif, meurtrier, affameur (on ne meurt pas de faim pour cause d'abscence de nourriture, mais pour cause d'abscence d'argent pour POUVOIR l'acheter !), infâmant.

On voit que le mot « travail » enlève à 95% toute poésie à la description de la vie et on constate que ceux qui l’ont le plus à la bouche sont ceux qui en sont le plus dépourvus… de poésie, veux-je dire ! Ils ne reconnaissent de leur propre activité que ce qu’en reconnaissent d’autres à une image d’activité, un reflet de travail, car s’ils en connaissaient quelque chose de tangible, ils ne l’imposeraient pas aux autres, ou comprendrait qu’on ne peut avoir d’affection pour une telle activité. Peut-on dire de l’activité du soleil qui, elle, crée réellement tout de notre monde, qu’elle travaille ? Et qui, et quoi, et comment ? Non, bien sûr, on n’ose pas employer une telle expression parce qu’elle rendrait ridicule le labeur qu’ils décrivent comme « travail » que les petits bouts de chair pullulant après s’être nommés « humains » — et voudraient donc s’en arroger des prérogatives— exécutent au cours de leur vie, en commençant parfois dès peu après le berceau.

Il vaudrait mieux pour lui “travailler” son orgueil incommensurable qui se manifeste par sa propension à imposer à d’autre ce qu’il s’impose à lui-même par peur de la liberté du vivre du fait de ne pouvoir supporter cette liberté du vivre en dehors de lui-même, c’est-à-dire en dehors de cette liberté qui le travaille, lui et qui ne vit pas en vie, qu’il ne fait pas vivre en lui. À bas l'travail !

En somme « travailler » cache toujours une autre activité sous-jacente et silencieuse. Hegel l’a ciblée comme étant l’angoisse présente chez l’être humain, en la prenant pour naturelle telle qu’elle se manifeste. Reich a montré que cette activité, ce « travail » est la manifestation de l’angoisse, effectivement, mais dont l’origine n’est pas naturelle, mais culturelle et il l’a ciblée comme étant un fruit de l’angoisse d’orgasme. L’activité est naturelle, l’activité orientée est naturelle et évidente, l’activité obligée n’a pas de raison d’être sinon que le travail et l’espoir de gain qui l’accompagne, la spéculation sur cette activité.

Lorsque, donc, je parle de « travail », je parle de quelque chose de passionnant, etc., qui n’a rien à voir, sinon que sous une forme de résultat qui en pâtit, avec ce qu’en entend la société de labeur, celle dans laquelle je vis présentement. Voilà qui est bien étrange : la vie devrait être un espace de vie où on en « chie », pénible mais dont on requiert tout de même des satisfactions, une satisfaction mesurée à l’effort produit pour l’obtenir. On trouve de semblables poussifs en de multiples endroits et non des plus crus (sans accent circonflexe) : c’est qu’on ne peut leur en vouloir à ces creux poussifs puisque la tâche qu’ils se sont donnée d’accomplir et les moyens qu’ils utilisent pour la réaliser ne correspond pas à ce qu’ils désirent obtenir ! À Perdre le but, on ne peut l’atteindre et comme le but est la perte…

vendredi, 30 janvier 2009

Chéfitude, angoisse et affectivité

Posons un stress dans un groupement d'individus d'une même espèce et on observe, selon cette étude, l'adoption d'une organisation sociale particulière à ce stress subit par cette collectivité.

L'adoption de cette organisation sociale est la forme qui, dans cette condition particulière, est adoptée par l'espèce en question. Ici c'est le rat. D'aucuns sautent sur l'occasion pour justifier des bêtises chez l'être humain et son organisation sociale sur lesquelles ils reportent le schéma de cette organisation "de classe" : grosse bête, va !

Mais ce stress est comme une maladie sociale, dont le CORPS social adopte une défense de sorte à se perpétuer, à perpétuer l'espèce. Et, chose qui me paraît moyennement étrange, cette position nouvelle face au stress n'est PAS DES PLUS adaptées à la survie de l'espèce en question, tout comme la maladie, chez l'être humain, n'est pas des mieux adaptée comme résolution d'un problème.

Ainsi, l'adoption par le rat, dans sa forme sociale, d'une organisation sociale telle que nous le présente cette expérience et telle que la relate l'expérimentateur, c'est le rat le plus stressé qui est le plus violent : injectons-lui un anxiolytique et cette organisation sociale particulière disparaît. Ceux que l'on nomme les "chefs", du fait qu'ils imposent à l'autre par la violence un comportement, sont les animaux les plus stressés, les plus fragiles devant le stress imposé à la communauté.

C'est ceux qui paniquent le plus devant une situation de stress qui deviennent le plus violent, de sortent à 1) ne pouvoir pas s'en sortir par eux-mêmes, 2) imposer à l'autre qu'ils les servent dans leur propre survie.

Allant à l'encontre des conclusions que l'on donne généralement à ce genre d'expérience, je dis donc que le "chef" est l'individu le MOINS adapté à une situation de stress ; c'est le sujet le MOINS adapté individuellement dans une situation de stress d'un groupement d'une même espèce, qui impose LA chéfitude aux autres pour, ou bien se rassurer lui, ou bien chercher chez celui ou ceux qu'il "commande" le soutien à sa propre existence tant angoissée qu'elle le paralyse, LUI.

Le "chef" est l'individu qui panique tant dans une situation de stress qu'il reporte sur les autres sa propre angoisse en les obligeant à exécuter ce qu'il craint de réaliser et qui lui est pourtant indispensable pour sa propre survie.

Bon, maintenant, qu'en est-il de ces "obéissants" ? Le rapport de l'expérience ne nous en dit pas grand-chose. Ils subissent la violence des hyperstressés, violence physique qui peut aller jusqu'à leur mort. Les "chefs" usent de leur violence physique à l'encontre de ceux qui ne peuvent s'en échapper. Au contraire de ceux qui réussissent à se protéger, ils ne peuvent, eux, que subir. Cette violence a pour effet, je le suppose, d'obnubiler la conscience qu'ils ont d'eux-mêmes de sorte à rester identique à ce qu'ils sont hors de la situation de stress expérimentale. Et de toutes façons, la chéfitude est d'une telle violence qu'elle SE doit de trouver des "obéissants", sinon, le chef meurt, physiquement, d'inanition, car il n'est pas capable de subvenir, lui-même, à ses propres besoins.

De fait, les "obéissants" ne sont pas moins stressés que les "chefs", mais pour une raison extérieure (par les "chefs") et non pas intérieure (par l'angoisse générée par une situation de stress). Mais peut-être que le stress, chez ces "obéissants", est tel qu'ils n'ont rien d'autre à faire qu'obéir ? Peut-être qu'ils réagissent par cette "obéissance" ? Que non ! C'est ici une pensée de "chef", bien sûr. Car, dans l'expérience, ces "obéissants" s'organisent à l'identique qu'entre des sujets épars.

Cela me fait penser à un article écrit dans les années 50 d'un auteur dont j'ai oublié le nom, qui émettait l'hypothèse selon laquelle la "molécule" responsable de la chéfitude est celle composant l'acide urique. Je n'ai relevé cette hypothèse nulle part ailleurs que chez lui.

D'ailleurs, cet acide urique est présent avec un excès d'efficacité chez l'être humain mâle car dans la succession des transformations des molécules en une autre successivement, il est le passage obligé de la construction de la vitamine C qui n'est pas métabolysée par l'être humain, lequel doit absolument à s'en procurer par la nourriture. Chez la femme et l'enfant, selon lui, l'acide urique ne provoque pas de chéfitude

Cet auteur avait aussi fait un rapport entre un régime très carné et cet acide urique, régime que l'on retrouve souvent chez les "chefs", effectivement, dont il disait avoir trouvé un taux plus que moyen chez les militaires, les responsables d'entreprise, etc. L'acide urique est le résultat de la dégradation des protéines et provoque la goutte.

Ce que je veux dire, dans un premier temps, par cette évocation de "molécule", c'est qu'on est obligé certes de se conformer à son effet (à moins de réflexion) une fois produite ; mais la raison de sa production reste à trouver.

La conclusion est que, alors que l'on dispose des animaux dans une situation de stress encagée et encagés, situation sur laquelle ils n'ont aucune emprise, on constate l'instauration d'une organisation collective montrant
— des "chefs" qui imposent aux autres leur incapacité à se sortir correctement et individuellement de cette situation ;
— des "obéissants" qui se font exploiter par la violence ;
— des "autonomes" qui se débrouillent très bien de cette situation.

Il s'avère que ce que l'on nomme "chefs" sont ceux qui sont les plus stressés et le moins capable de se sortir par eux-mêmes de cette situation artificielle ; que les "obéissants" sont violemment poussés par les chefs à cette obéissance qui consiste à TRAVAILLER pour ces chefs. Vu de cette manière, cela ne vous dit rien ?

On ne peut reporter cette analyse des "classes" établies dans un tel contexte sur l'organisation humaine, car l'être humain est doté de parole, je veux dire qu'il a inventé des moyens de guérir des maladies, mêmes affectives telles que les angoisses soulevées par la vie vivante ! Il est vrai que pour faire admettre qu'un "chef" est un malade affectif n'est pas du premier repos, mais être soumis à la maladie d'un pauvre hère non plus !

lundi, 26 janvier 2009

Jaunisation du monde

À la gare St-Lazare, à Paris, le 24 janvier 2009, un arrêt des trains a provoqué une étrange réaction de certains usagers : ils s'en sont pris physiquement aux cheminots. Cet arrêt des trains était nécessaire pour nettoyer les voies d'un reste d'un suicide et pour procéder à un semblant d'enquête. Mais ces gens, excédés par les difficultés d'accéder à leur travail ou à leur domicile, à ce qui les faisait avoir besoin de prendre le train, en colère, se sont tournés contre les cheminots bien que, pour cette fois, ces cheminots n'y étaient pour rien — en tant que fait de grève, veux-je dire — dans cette affaire.

Cela signifie que l'incompréhension qui règne entre les gens (ici, les usagers du train, là les cheminots) est telle qu'elle leur fait faire la guerre entre eux qui sont les objets d'une même situation sociale déplorable, malicieuse et délétère sur laquelle ils n'ont plus physiquement d'emprise que violente physiquement, comme des matraqueurs, finalement.

Ce projet du gouvernement de rendre chacun de nous débile, réussit, fonctionne par impossibilité psychique de comprendre qu'on doit ne plus s'arrêter à l'apparence, mais à ce que l'apparence cache. Chacun est devenu un Jaune par seul souci personnel, en somme, un potentiel briseur de grève, un délateur, une personne qui fait justice elle-même contre son camp, sa classe sociale. Chacun perd la notion d'être exploité par un système social pour pencher sa pensée sur le fait d'être un objet de fonction autonome, dissocié d'un ensemble social, d'un être atomisé : un atome de société, avec ses propres problèmes (qui sont identiques pour tous : loyer, bouffe, boulot aléatoire, impôts, enfants, maladie, anxiolytiques, flicage, etc.) qu'il refuse de voir dans le regard hagard de chacun des êtres qui l'entourent dans cette immense masse de BRUIT qui obscurcit le cheminement de la dialectique, ce mouvement du vivant dans la recherche de son équilibre.

C'est qu'il y un une sorte de complot (une considération des gens dans la tête de nos gouvernants) contre cette masse que forment ces gens qu'il faut absolument déliter pour la maîtriser dans le sens que les tenants de ce complot contre le vivant veulent voir adopter. Cela paraît étrange, mais cela est. Car il s'agit de la faire TRAVAILLER au moindre coup, avec le moins de contestation possible, et de la faire ACHETER cela même que cette masse produit pour satisfaire cette propension au travail de quelques malades affectifs (mais ceux qui travaillent, pour la plupart, sont , de même, des malades affectifs !) qui pue, pollue et tue. La somme des travaux des humains détruit son environnement et ils n'ont a cure : ils TRAVAILLENT et c'est cela seul qui a de l'importance pour eux, car, sinon, ils ne peuvent pas ACHETER.

J'ai trouvé ici, la ressention d'un livre en langue anglaise relative aux formes et à la volition des personnes qui l'organisent, de ce complot. Il faudra admettre qu'on nous veut du mal. On peut y voir comment les gens sont manipulés.

Mais la question qui demeure est : Pourquoi donc, les gens se laissent si facilement manipuler ? Une réponse peut être trouvée dans le livre de Wilhelm Reich : "La psychologie de masse du fascisme", titre que Guy Debord a détourné en "Psychologie de masse de la soumission". L'irresponsabilité des gens face à régir leur propre vie correspond au peu de profondeur de leur possible d'émotion qui est tributaire de leur, ici précisément la sienne, vitalité amoureuse, sexuée. Pensons bien, mes amis : pourquoi les gens sont-ils si facilement bernables ? Ils se font baiser la gueule à tarlarigot (loyer, bouffe, boulot aléatoire, impôts, enfants, maladie, anxiolytiques, flicage, etc.) car ils ne savent pas baiser, ce qu'est le plaisir de l'amour sexué.

Trop pressés par l'angoisse (loyer, bouffe, boulot aléatoire, impôts, enfants, maladie, anxiolytiques, flicage, etc.) qui les dépasse, ils espèrent trouver en un chef, une organisation sociale sur laquelle ils n'ont aucune emprise ou une organisation mystique de leur vie, la solution de leurs problèmes qui ne relèvent que de eux-mêmes, que de leur propre impuissance face à la satisfaction de la vie possible. Les seules émotions soulevées dans leur corps en colère est le regard qu'ils ont du mouvement des autres qui les importune, les distrait, les immobilise dans leur fauteuil.

Introduire dans les pensées que le ver (quelques-uns d'entre nous) est dans le fruit (nous) qui vous apporte LA misère, c'est-à-dire, nous, les gens, pour nous obnubiler celle qui nous ferait à la fois nous rendre compte de ce que nous sommes, vraiment, et quelle est la véritable origine de nos déboires, de notre soumission.

Et dès qu'ils ne peuvent plus accéder à ce confort étrange, les gens renforcent leur aspect de bêtes de somme en étant plus violent contre leurs congénères. C'est bien triste ! Lorsqu'ils s'intéressent à leur amour, ce sera comme des petites filles ou des petits garçons auxquels les mains auront été liées au-dessus du lit, bien sages, sexuellement irresponsables. La relation à l'Autre, qui passe par l'identification, en est réduite à ce qu'on est incapable, SOI, de ressentir de SOI alors que le fait humain est précisément cette identification à l'Autre et de l'Autre comme phénomène social. Le désir n'a plus d'autre solution de manifestation que comme exigence brutale, exsangue de mots prononcés du fait d'avoir perdu à la fois l'identification de l'Autre comme relation à soi, mais aussi les mots qui permettent la communication des DEUX (dialectique) entités en présence, pour le moins, car ces gens ont laissé perdre le sens, la sensation de LEURS mots dans la publicité, la journalistisation de la vie, et la guerre économique comme moyen d'imposer sa bêtise.

Car, à bien y regarder, c'est bien comme à des petites filles et des petits garçons bien sages, sexuellement irresponsables ou immatures, qu'on parle à ces gens, à nous, non ? Ne nous prend-on pas pour des irresponsables ? des gens immatures ? auxquels ont confronte des experts en tous genres pour les rassurer, les amadouer, les assagir ? N'est-ce pas ce que nous sommes, pratiquement, réellement, manifestement ?

Cette activité frénétique générée par cette frénésie d'angoisse, individuelle et autonomisée, relative à chacune des personnes, personnelle et pourtant générale et collective, SOCIALE, détruit tout sur son passage dans le temps, on le sait, mais on s'en ressent impuissant à y donner une aténuation pratique et manifeste : frénésie ! Cette société vit constamment dans l'urgence et le bruit de cette frénésie s'entend à ces sirènes de police hurlantes pour une urgence qu'elles seules pourraient décrire mais sur laquelle nul n'a d'emprise, personne, sinon cette urgence proprement dite : frénésie ! Au moindre souffre de vent, cette société de carton, de panneaux publicitaires et de lumières scintillantes qui cachent leur support par simple phénomène hypnotique (bling-bling !), tout est par terre et tout est une catastrophe devant laquelle ces Jaunes sont bien incapables de réagir selon leurs exigences propres qu'ils attendent de leur soumise vie.

samedi, 24 janvier 2009

Éveil de la somme

Qu'en est-il de ce désir de nous
En tenir à nous serrer les coudes
Alors que nous devons nous tenir par l'épaule ?
Et chaudement !
Le trouble du temps n'a pas la paresse
De se présenter à nous :
Il est sans fin de son temps qui presse
Lorsqu'il nous recommande
Dans le cours de son actualité
La séparation de qui concentre
La variété des possibles de l'être.
On se cherche, on se tâtonne
(toujours se tâte ou tâtonne l'incertitude)
Dans cet inaccompli de la corroborescence :
C'est ici déjà le signe du mouvement de ces temps
Duquel, chacun en son nom, doté de sa volition
Du bien public
Participe à la découverte du maux commun
Le signe de sa mouvance
Dans le désir de sa bien complétude !
Le bruit et le son distordent,
L'image et la représentation se désordrent,
L'idée et l'acte se dilapident,
L'acte ne correspond plus à l'idée qu'on en a
Et l'idée n'a plus la résonance de sa concrétude vraie.
Tout est faux hors du sincère !
Que cherchons nous ?
La joie, la vigueur, la bravoure, la sagesse, l'amour ?
Humm ! Ne sommes-nous pas tous emportés par le souffle de la vie,
À l'étreindre, nous n'en voulons pas tous l'éteindre : à NOUS que vaille !
Nos angoisses sont infantiles quant à nos désirs d'adultes
Conscients de ne devoir se réaliser que par l'Autre,
Celui, celle qui est hors de soi, la soie de la vie.
Nos combats sont obsolètes quant à ce projet :
Pas de compromis, certes, mais de consensus : oui !
Apprenons à reconnaître ce que je suis, nous, somme,
Dans la reconnaissance de nos désaccords.
Puisque dans chacun de nos cas,
Poussés par le destin nous sommes,
À formuler une forme des possibles de l'être,
Le désaccord ne peut résider que dans …
Hé !!! Devrions-nous ne compter que sur moi seul
D'une solution qui ne devra qu'à NOUS ?!?!

vendredi, 09 janvier 2009

Âne nie corps

La femme n'a pas la même sensation que l'homme a de son être à elle, ou de l'être du corps (esprit es-tu là ?) en général. C'est un peu dommage (au sens étymologique du terme : "qui porte une atteinte à l'intégrité") car la correspondance qu'on peut attendre de l'existence corporelle de deux êtres qu'on oserait dire "complémentaires" a, de ce fait, quelques difficultés à se rencontrer sur un "plan" de correspondance.

Certes, on sait et on voit que la femme se pare, s'accommode, s'attife, se dénude, etc. Mais selon quels critères, quelles représentations, quelles substance corrélative ? Une image d'elle-même dans son imagerie d'elle à travers laquelle elle veut correspondre ? Ou la correspondance à cette tentative d'aller vers l'autre pour le/la rencontrer ? Il semblerait que c'est les deux cas à la fois.

Ce qui signifie que cette femme se propose comme une ambivalence à QUATRE plateaux.
1) Cette séduction qui veut se refléter dans son pouvoir (l'autre comme miroir) ;
2) La reconnaissance que chaque être attend d'ÊTRE identifié (l'autre image du miroir) ;
3) La correspondance qu'on attend de l'autre à soi dans le phénomène de l'amour (l'image de soi qui se dissout pour fait de vécu à travers l'autre) ;
4) Le simple fait d'aimer, de se donner à l'autre comme correspondance à cet ensemble "qui ouvre les portes du grand tout" que l'on compose AVEC l'autre (l'identification de l'autre comme son propre pouvoir dans la perte de soi commune).

En fait, la femme n'a pas du tout la même sensation de son corps que l'homme l'a d'elle (à moins de la correspondance de l'amour), l'a de son corps, je veux dire.

Il m'apparaît cette dissemblance comme un facteur très troublant, car, dans mon esprit primitif (ou primaire), j'ai toujours été enclin à penser (ce qui signifie que cette "pensée" CORRESPOND à mon état d'être de biteux, de cette personne qui aime avec son sexe — et moi c'est une bite) qu'elle n'est pas tout-à-fait sur cette "longueur" d'onde qui ferait que nous rencontrassions pour jouir de nous-mêmes selon la complexe rencontre des sexes, à moins d'un présupposé qui la mettrait en force de primauté. Et je trouve cela très instructif.

Il me semble qu'il y a une dissension entre la femme et l'homme qui dure depuis un certain temps, environ 6 à 8 mille ans. Je n'ai pas encore saisi ce sur quoi cette dissension se bâtit ; je n'ai pas fondamentalement capté le caractère SÉPARATEUR de notre harmonique, mais j'en perçois, de-ci de-ça, les légumes, les herbes, le "fouillage" (le fait de chercher dans une substance ce qui va pourvoir à la satisfaction de votre vie), les DISPUTES aussi bien.

Dans la pornographie, il me semble que l'objet se formule comme féminin. Je n'évite pas de dire que la pornographie est la mise en OBJET du féminin sous diverse formes HUMAINES.

Ici, je suis dans l'éther de l'humain, si je puis dire (et je le peux, suivant ce que je bois).

Je dis que la femme, pour autant que le Capital et son organisation sociale lui octroie le possible de vivre d'une manière autonome par l'argent qu'elle acquiert dans la vente (représentative ou matérielle) de ses formes ou de ses aptitudes, je retrouve la complicité des sexes (le sien et le mien) dans la REPRÉSENTATION de ce qu'elle est, et uniquement cela et non pas dans sa profondeur. Le Capitale réside donc dans la représentation de la femme suivant sa forme et non pas suivant sa profondeur, dont j'aimerais, chère Annie, profiter. (Je vous jure : quelle pénibilité d'être amoureux d'une femme dont on est amoureux — à laquelle on semble correspondre pour le fondamental : le plaisir des corps ??? hum… pauvre bête ! et qui se refuse à vous pour des raisons qu'on ne comprend pas — et qui vous permettraient de vous en sortir, de jouir de la vie qui vous est donnée de vivre ??)

Quelle connerie que l'amour ! Breuuuuuu !

Revenons à nos moutons. Je disais que la femme n'a pas la même sensation de sa corporéité que l'homme l'a d'elle. C'est évident : l'homme n'est pas la femme, et réciproquement. Et ce qui m'intrigue est cette disparité dissentieuse entre ces deux aspects représentés du corps et l'effet affectif qui y correspond. Car la question fondamentale est de savoir POURQUOI une femme se refuse de correspondre à vous (moi, homme) alors que vous en ressentez au plus fort la corporéité : la manière d'être suivant une forme donnée par l'être né/e ressentie par l'autre qui peut se pourvoir dans son désir simple de la forme de l'ÊTRE.

La corporéité ne signifie pas uniquement le simple fait d'être un corps, cela signifie l'ensemble des éléments qui VOUS formulent suivant une forme ; ce n'est pas un simple jet vers vous, c'est le désir de fondre dans la similitude (j'allais dire une "similance") d'une correspondance qui n'existe que pour ce qu'elle est : humaine.

Pas même les rêves ne se résoudront dans cette similance que dans la pure et simple correspondance de ce que nous sommes, nos êtres sur le seuil de la porte du "grand tout", prêts à s'en laisser imprégner et à s'y abandonner.

mardi, 30 décembre 2008

L'outrance de l'outrage

Des jeunes collégiens dont deux délégués de classe, en colère devant ce qu'ils trouvent être une injustice, laissent celle-ci s'échapper par deux mots qui n'ont pas plu à leur directeure de collège. Cette dernière porte plainte pour "menace de mort et outrage".


Un autre et sa compagne vis-à-vis de laquelle (sans aucun doute pour opposer une "pression psychologique" — qu'il ne faut pas confondre avec torture psychologique, bien évidemment) la Justice même dédaigne observer le cas alors qu'elle est emprisonnée depuis de 11 novembre 2008, a écrit, il y a une ou deux années, un livre "L'insurrection qui vient".

Il n'y a pas de charge directe contre lui (et encore moins contre elle) mais il reste en prison : c'est que ce livre qui fait une analyse des conditions actuelles de l'entendement du monde, est en lui-même un outrage. Non pas un outrage genre "Casse-toi pauv' con !" que seul un président de l'arrêt public a droit de prononcer à l'égard d'un de ses concitoyens, sans concéder à un autre concitoyen ce même droit, mais un outrage à l'autorité par dénis de cette autorité.

Il y a eu, en février de cette année, deux "jeunes" emprisonnés pour s'être portés en voiture, avec dans leur coffre un gros fumigène fait maison et quelques clous tordus, à la défense d'une injustice qu'ils trouvaient dans l'arrestation et l'emprisonnement de quelques étrangers à notre beau pays.

Je veux dire qu'auparavant (à ce que j'en avais compris et auquel je trouvais dérisoire de collaborer) les gens qui se "révoltaient" contre le pouvoir, le faisaient à la manière d'un enfant vis-à-vis de ses parents, en gosse : "Casser du flic". Aujourd'hui, il n'en est plus exactement de même : ce qui est rejeté, ce n'est pas l'autorité en tant que telle, mais les conséquences qu'elle provoque sur la vie en général, la liberté du penser, du bouger qu'elle restreint sans qu'on puisse en trouver une légitimité, sinon, effectivement, SON angoisse de se voir passée outre, c'est-à-dire, de son point de vue : "outragée". De ne plus être prise en considération : le désir de surseoir à sa bêtise est tel, qu'on n'éprouve même plus le besoin de la prendre en considération, qu'on préfère, pour pouvoir vivre un tant soit peu, défaire de son espace mental un telle aberration. C'est beaucoup plus intéressant.

Le problème de l'outrage ne se situe PLUS dans le fait de "marcher dessus la chose", mais de "passer à côté de la chose en l'ignorant", de passer outre, et cela, pour le pouvoir, c'est intolérable, insupportable. Il ressent envers lui un tel mépris pour ce qu'il est, alors qu'il EST précisément pour qu'on s'occupe de lui, qu'on tienne compte de lui, qu'on fasse avec lui, qu'on calcule avec lui, par lui. C'est alors que, lorsqu'on agit de cette nouvelle manière adoptée finalement correcte, SA la répression, à la manière d'un enfant gâté par la connerie de ses parents qui on manqué de lui dire les principes du respect de l'autre, le simple fait que les autres ne sont pas des objets, devient terrible à cause de SON pouvoir sur les êtres qui n'ont pas pigé ce qu'il se passe.

Il n'est pas permis de DIRE qu'on n'est pas d'accord, de le dire sans utilisation des moyens que ce pouvoir outrancier autorise (et qui seront toujours là pour le corroborer, bien évidemment), et, au vue du fait qu'il ne tient pas compte de ce qu'on lui dit, il ne peut tolérer qu'on passe à côté de son pouvoir, qu'on l'outrepasse : ainsi il le prend pour de l'outrage.

J'ai lu quelque part que le pouvoir, névrotique par essence, se transforme AUJOURD'HUI en psychose, cette manière d'être qui consiste à ne plus se savoir malade et donc, à considérer le monde comme malade, à l'inverse de soi. Mais comme ce pouvoir détient les moyens de s'asseoir encore, à travers les membres de sa Police, ceux de sa Justice, les drôles de ses Services Secrets, sa Publicité omniprésente, ses syndicalistes et journalistes, cela ne va pas être facile de zigzaguer (ce que j'ai toujours fait pour préserver ma liberté) entre SES embûches. Il va falloir donc, mes amis, se serrer les coudes, les uns les autres. Le flic, ou le militaire, qui se fera "casser" aura su choisir son camp pour la chose même qui le tient à la gorge : son salaire. Et c'est ce qui l'aura perdu alors qu'il aura voulu asseoir le pouvoir qui l'assoit à travers lui.



dimanche, 28 décembre 2008

Paresse contre polluante

Quand est-ce que va cesser cette bassesse
De ne pas se décider à faire que cela cesse ;
De s’accorder au pire des accès sans cesse :
Quand est-ce qu'on va se décider à bouger nos fesses ?
Humm ???

Que penser de ces tonnes de putrition concrète
De cette entre-vie léguée à tes fils et tes filles
Que tu lègues dans cette inconscience-faucille
Accordée à cette croissance que tu crois parfaite ?

Bien sûr, tu veux à ton boulot journalement te rendre
À ton gré, à ton heure, à tes affairements,
La gorge chaude, en revendiquer l’arrangement
Qui t’y fait en bagnole bagnoleux t’y rendre.

Vicieux est ce cercle vicieux qui veut que tu suives le tas
Que tu obéisses à cette roue qui tourne bruyante
Et en décèle au volant une puisance trépidante,
Une maîtrise que tu retrouves pour ne te perdres totalement pas.

Le tressautement de cette puissance mécanique,
Pistons reflétant la perte pointilleuse du temps perdu
Que tu passes au turbin ravageur et sobrement aigu
Devant lequel tu te courbes bas afin qu’il te nique.

Tu te crois l’esclave éternel du salaire
Mais tu t’y crois parce veule tu y crois
Et tu n’es pas content de vivre dans cet empois
Alors que tu braie comme revendique l’âne braire.

Que laisses-tu à tes enfants ? Que des merdes ?
Qu’entrevois-tu pour eux de sain, de doux, d’avenant :
Tes merdes que tu laisses pour produire tes pauvres ans ?
Quelle est ta décision autre que le total de ta pauvre démerde ?

Les traces que tu laisses au temps sont INDÉLIBILES :
Elles iront s’inscrirent dans leurs os, dans leur sang,
Dans le temps de celui de la génération que tu mets au-devant,
Que tu parfais, polis, que tu rends par avance débile.

Songe donc à ce que tu fais quand tu vas au travail
Matinal, auroral, deux heures décalées et flouées,
À ces soufrances que tu crées sous forme condensée,
Alors que te penses sauver ta vie, le nez dans la fouaille.

Songe à ce que tu crées pour substance de tes heures perdues,
À l’aller, au retour, du lundi au dimanche,
Et même en ces moments joyeux où tu te déhanches,
Songes donc, fils de rien, à cette suite de la vie encore invécue !

Que laisses-tu ? Des tonnes et des tonnes de ce que tu refuses d’être
D’assumer, de vivre en être qui serait responsable de lui, d’elle.
Car cette substance à la vie millénaire radio-active répond à celle
Que tu refuses de lâcher pour le seul paraître sous le fait de paître.

Tu vas me dire, sous mon langage, impitoyable,
Bien que tu bâtisses bien plus des déchets sensibles
Que mes pauvres vers alambiqués et fortement loisibles,
Tandis que je ne fais que décrire ton inacceptable,

Et que je ne puis te laisser agir tel que tu le fais là,
À pourir la vie, passée, présente et à venir,
Sans te dire mon mot, sans t’asséner mon dire,
Tel un gourdin malhabile sur le dos que tu fais d’un fât,

Tu vas me dire, dis-je, que j’y vais bien fort,
Que les coups que je t’assène ne sont pas réguliers,
Que les formes que j’adopte ne sont pas sans régner
Sur l’affirmation lourde et responable de ton lourd tord

Et que je n’ai aucune légitimité à te les affirmer,
Tandis que je ne travaille en aucun cas à polluer la vie
Des générations présentes et futures de mes envies,
Fainéant asserti que je suis et irrévocablement confirmé.

Tu vas me dire que je ne fais rien d'autre que par paresse divine,
Par envie du goût de profiter de l’autre de sa sueur énergie,
De lui bouffer le pain et de grandir l’âpreté de sa vie,
Comme ces banquiers ou ces loueurs qui te courbent l’échine.

Mais non, c’est ainsi que je l’ai décidé : pas de participation !
Au poète son goût, point de compromis avec l’aliénation de son temps,
Non pas le jouir pour le jouir, mais le temps condensément sentant
Du jouir pour jouir du temps de la participation !

C'est quand est-ce qu'on paresse
Qu'on décide à se décider de cesser
D'accéder à ce pire des accès :
Quand est-ce qu'on se bouge les fesses ?

Arrangeons-nous !

vendredi, 26 décembre 2008

Ne nous rangeons pas bas, gnoleux, par cœur, à l'électrique

Mettons 3% de voitures électriques en France que le réseau électrique actuel ne suffirait pas à la recharge de leurs batteries : il faudrait construire une Centrale Nucléaire en plus par tranche de 3%. C'est-à-dire que pour l'ensemble du parc automobile de ce pays, il faudrait construire 33 CN de plus.

Et je ne parle pas de la pollution générée par les batteries elles-mêmes. J'ai d'ailleurs trouvé quelque part que le RENDEMENT d'une voiture "électrique" est moindre de 3 ou 5 points qu'une voiture diésel, par exemple ; c'est-à-dire qu'elle pollue plus, À L'USAGE qu'une voiture ordinaire : quel espoir !

Pour la soixantaine actuelle dont un dernier rapport européen spécifie l'idiotie de propagande, et les autres du monde avec lesquelles l'usine de retraitement a contrat, ne serait-ce que Aréva a passé avec la Hague une formule de sorte à monter à un traitement (qu'en reste-t-il ? mystère ! de toute cette merde ?) allant de 850 tonnes à 1050 tonnes des déchets nucléaires "normaux" et de 100 à 120 tonnes de MOX par an jusqu'en 2020. (Le Monde du 25-12-08 p. 4). 12 ans… = 12 600 tonnes de déchets "normaux" et 1440 tonnes de MOX.

C'est que notre couple Aréva et EDF préfère investir à perte dans la chimère nucléaire plutôt que d'investir dans la rénovation du circuit de transport électrique de sorte qu'à la moindre tempête de neige, ceux qui les payent, les subventionnent (et vont subventionnner les dites-pertes d'espoir de gain), passent la semaine qui suit dans le sombre de la nuit et le froid de l'hivers.

Le hic, c'est que pour GÉRER tout ce caca nucléaire et la contestation inévitable qui lui est corrolaire, il va falloir une POLICE, sans aucun doute très SPÉCIALE, avec des "droits" particuliers et spécifiques qu'il n'est pas possible de penser "à minima".

Arangeons-nous autrement. C'est du TRAVAIL dont il faut parler, discuter, tordre et essorer. Si l'économie réellement produite par le TRAVAIL est égale à 2% de l'économie totale (l'autre étant tout simplement la spéculative) le TRAVAIL est excédentaire à raison de l'INVERSE de ces 2% : c'est-à-dire 50 fois !!! On TRAVAILLE 50 fois TROP !!! Zut de zut !

La pollution, par exemple, est l'exacte mesure du TRAVAIL excédentaire : qu'on se le dise.

jeudi, 11 décembre 2008

11 novembre 2008

L'ami,

Te rends-tu compte du désordre en trance
Qui règne dans notre beau pays de France :
La liberté s’enfuit, tout se débine
Car derrière elle, courent les sombres combines.

Des bruits de bottes surgissent avant l’aurore,
Boursculent l’enfant blotti qui dort encore,
Et tu te retrouves mains et pieds liés
À devoir obéir aux ordres, l’arme sous le nez.

Ils fouillent partout pour trouver quoi ?
Pour prouver les horreurs qu’ils pensent de toi !
La moiteur de leur peur qui les pourchasse
Va sur toi leur honte jeter, ouais, à ta face.

T’amener ils vont loin de tes tiens, perdu,
Te mettre à l’ombre sombre ou à la lumière crue,
T’accuser d’images et de méfaits, défait,
Décortiquées, compliquées, t’en faire porter le faît.

Ils scrupteront ton passé le plus vert intime,
Regarderont tes fautes les plus grises infimes,
Les mea cumpta que tu as refusés d'énoncé
Pour ne pas te soumettre à ce que tu crois de plus éhonté.

Ils vont trouver des broutilles, des bagatelles,
Afin d’échafauder leur échafaud, se mettre en selle,
Et te tenir, comme ils disent, à soutenir ta peine
Pour avoir osé désobéir à leur pensée si vaine.

Et c’est en vain que tu iras te débattre,
Te justifier de ces vieux liens au goût saumâtre,
Que tu as oublié dans les oubliettes de ton histoire
Pour garder au clair le plus clair de ton espoir.

Qu’ils n’en trouvent pas en adjuvante suffisance,
De ces « preuves » qui feraient leur assise aisance,
Ils en découvriront, par terre, pour aussi tangible et logique
Qu’un homme de promesse en campagne politique.

Te voilà donc dans de bien mauvais draps bien froids,
Affamé, assoifé, sans tendresse, face à ces murs roids,
Sans lacets aux souliers, sans ceinture au froc,
À digérer leur bêtise, leur bavure, leurs crocs.

Mais saches que tu n’es pas seul, esseulé
Seul et perdu dans ce marrasme désolé,
Car la solidarité qui unie les corps
Te chauffe de sa chaleur encore le corps.

C’est pourquoi rape ce triste couplet de décembre
Où on a vu la liberté bien bas descendre,
Nous qui croyions la justice protectrice et sincère,
Elle demeure une piètre chose que le politique lacère.

Ne te pense donc pas trop esseulé dans ta geôle
Toi qui fut arrêté et que ma pensée frôle
Ne te pense donc pas seul, car tu ne l’es pas :
Pense que nous sommes plusieurs et peut-être plus, sur tes pas !

N’oublie pas que cette mesquinerie pleutre et acerbe
Peut s’instiller à la manière incidieuse d’un mauvais verbe
Dans nos cœurs fragiles, vierges et malhabiles
Qu’à leur rang ils veulent rendre absolument débiles.

mardi, 09 décembre 2008

De l'érotisme sans partage

Chacun convient (quand ça commence comme ça, ça va saigner, les garcs et les filles…) que les deux classes fondamentales de Karl Marx sont valides et vivantes et ce Marx leur a donné de nom (en gros) de « prolo » et « bourge ». OK.

Sans y réfléchir plus qu’il n’en faut, on va tout de suite admettre (puisque c’est vrai) que chacune de ces deux classes a une forme bien à elle d’érotisme. Cela paraît bien évident, puisqu’on y distingue, avec la même facilité, ici l’érotisme de la soumission et là l’érotisme de la domination.

L’érotisme est la manière dont le vivant éprouve du plaisir à solliciter chez lui(-même) du plaisir. C’est une « manière » de s’exciter (ou d’exciter l’autre, pour ceux-ce qui ont perdu la réflexion de cette excitation, son écho en soi(-même) puisque le plaisir est échoable, le plaisir est réverbérant : naturellement, on ressent le plaisir de l’autre lorsqu’on a pas perdu cette capacité) de sorte à éprouver du plaisir à et de cette excitation.

Mais, encore un mot sur ces deux classes fondamentales. Les deux classes fondamentales sont médiasées par quatre autres sous-classes intermédiaires et indispensables : les Syndicats, les Prêtres, l’État et la Justice.

Si la Justice était innément réalisable dans un contexte social de liberté et de responsabilité, l’institution de Justice n’aurait pas à avoir lieu, car elle trouverait les moyens de trouver sa résonance dans l’organisation sociale. Or, lors d’un contexte où prépondèrent les deux classes sociales fondamentales de Karl Marx, une classe domine l’autre par la possession des moyens de production et de distribution de la production et elle doit répondre à une légitimité. Et la classe qui ne possède rien que ses os et sa chair (parfois une bicoque pour l’abriter et une voiture pour l’amener à son travail), autrement dit, sa « force de travail », doit trouver un écho à l’injustice de sa position. On trouve donc bien là, dans l’institution de Justice, un intermédiaire placé entre ces deux classes fondamentales. Dans l’institution de Justice, sont comprises aussi bien, les polices qui sont de toutes sortes (nationales, municipales, militaires, réglementaires, para réglementaires, fichieuses ou matraqueuse).
Un autre élément médiateur est le Syndicat : c’est le syndicat qui légitime l’ouvrier dans sa position d’ouvrier en lui donnant la consistance de la coagulation, de la reconnaissance d’avec celui qui l’exploite, l’interlocuteur indispensable pour NE PAS supprimer le travail, donc maintenir la société de classe.
Nous trouvons aussi une classe que je nomme de « prêtres » : dans notre monde présent, ils se retrouvent dans l’ensemble de ce qui est nommé le « médiatique » : journalistes, cinéma, etc. : tout ce qui donne à penser à une image qui n’est pas résonnante à la votre et à vous le faire admettre.
Et cet ensemble, bien entendu, demande un cadre et ce cadre est l’État qui « régule » au frais de la classe des prolos, tout l’ensemble.

On ne conçoit pas tout cet ensemble sans diverses contributions sonnantes et trébuchantes. L’objet, donc, de cet ensemble, est de transformer cette « force de travail » multipliée (de l’ordre de six milliards ou plus) – que d’aucun s’ingénierie à nommer « force vitale » – en une autre force métallique antérieurement, puis virtuelle présentement. Mais les comptes y sont et y sont bien maintenus par la Justice et ses accessoires, les Syndicats, les Prêtres et les Comptes en banque. Vous avez, je pense, sauté sur le mot « multiplié » : plié plusieurs fois et démultiplié tout en étant beaucoup.

On me rétorque toujours que ces quatre sous-classes sont une émanation de la classe des bourges. Ça ne résout rien du tout de le dire, ça ne dit rien de la spécificité de l’effectivité de chacune de ces sous-classes, ça n’ajoute rien à notre affaire et ça en retranche même car ce ne sont pas les bourges qui s’occupent de ce dont s’occupe chacune de ces quatre sous-classes : les Bourges dominent, point. Les autres obéissent. Or, même si chacune des sous-classes susnommées est bien à la botte des bourges, tout en contenant une certaine autonomie de sous-classe, chacune aborde effectivement un champ d’application de la domination : là l’esprit, là le corps, là le cœur, là la socialité.
Mais j’admets que mon argumentation pêche quelque part puisque, c’est vrai, ces sous-classes, finalement, ne sont que des sous-classes des bourges. Autrement dit : c’est l’« ensemble » des bourges qui se distingue en quatre sous-classes : la Justice, les Prêtres, Les Syndicalistes et l’État et c’est cet « ensemble » qui détermine la classe des bourges.
Oui mais… les Syndicats ont été un progrès pour l’humanité. Certes, pour l’humanité mais pas pour les prolos : le meilleur des syndicats est celui qui prône et proclame la fin du travail et se détermine à être un maillon déterminant dans l’organisation de l’« activité » humaine dans son ensemble et non pas la seule négociation de la vente de sa force vitale, de TRAVAIL.

De même que je distingue quatre sous-classes chez les bourges… oui… dans le fond de la salle ??? Les Syndicats sont une émanation des prolos ? Vous avez tout à fait raison ! Je vous remercie de me le rappeler. Cependant, bien que la plupart des syndicalistes proviennent de la classe des prolos, il s’avère vite (à de rares exceptions près, qui font les choux gras de la maigre chèvre) qu’ils adorent le pouvoir de faire faire face à un adversaire opiniâtre, acerbe et omnipotent.
Certes, les syndicalistes sont généralement des rejetons de la classe « ouvrière » mais ils l’oublient vite, soit par la mort, pour les plus sincères, soit pas la domination de la suppression du travail et sa régulation.
Un « esprit de classe » ne se distingue pas par l’individu qui en fait partie, mais par l’ensemble des individus qui composent cette classe, ou sous-classe dans notre cas des Syndicats. Les Syndicats sont une réelle bonne idée, mais d’une pratique lamentable quant à cette idée. L’idée du « travail » est la pire des abominations qui soit, et les syndicats veulent, demandent, quémandent, exigent, stipulent, corroborent, facilitent, proposent, sollicitent, du ou le travail. Il ne s’agit pas de travail (pensons donc, camarades, à l’érotisme du « travail » : celui qui est proposé par les Syndicats y correspond-il ?) il s’agit d’activité humaine gratifiante, cela n’a rien de ressemblant !
Dès lors que les Syndicats aménagent le « travail », ils affirment la domination du travail sur l’activité humaine, sa spécification et ses modalités. Autant sa spécification (la manière dont ce travail va être effectué, sous quelle forme et dans quelles conditions) que ses modalités (ce qui est fait de cette activité humaine, ce qui devient de cette activité et ce qu’elle en requiert) ne répondent en rien aux « revendications » des Syndicats pour lesquels le travail doit rester ce qu’il est… pour le bourge ! Et c’est précisément de cela que je veux parler : du travail des Bourges. Merci pour votre remarque, je reprends…

Le « travail » des Bourges correspond à un érotisme, même si cet érotisme est du genre plat, sans émotion éprouvée, ce qui ne peut être puisqu’on en éprouve au moins l’ennui (l’ennui est-il une émotion ? Oui ! Justement oui ! Car l’ennui est un état du corps ressenti ! aussi plat soit-il). Ainsi, autant je distingue quatre sous-classes chez les Bourges, autant, comment faire autrement, je distingue quatre formes à l’érotisme de la domination. C’est bien là une « raison » pour le Prolo de ne s’y plus reconnaître, de s’y perdre.
Ces quatre formes d’érotisme de la domination, chacun de nous les connaît. Chacun de nous la perçoit, chacun peut la circonscrire, en relever les variantes de souffrance, de satisfaction factice, car rien n’est jamais atteint que ce qui reste dans l’espoir sans finitude, chacun la ressent dans cette anesthésie de la profondeur de son sens, de son propre sens qui vous reste comme dans un lointain au bout de vos doigts qui tentent de l’atteindre sans parvenir à le toucher, ou même vos yeux qui en distinguent la forme mais pas le contour ni le volume ni la couleur autrement que dans un camaïeu de brun et de gris, parfois de vert ou de rose.

L’organisation du travail – cette activité vitale et revitalisante lorsque mise dans des conditions propices à cette vitalité et revitalisation humaine – par le bourge est symptomatique de son érotisme. Pointeuse (organisation du temps), calcul de poids (usage des « énergies » de la nature), de mesure (puisage sans fin des forces), d’espace de temps (le repos, la détente), de rétribution (la satisfaction de l’élémentaire chez tous), de redistribution (la rétention des insatisfactions), de thésaurisation (anticipation pour l’avenir) : tout est parcimonieux, ridiculement petit ; le mot « mesquin » est le mot de l’érotisme bourge. L’érotisme bourge est la tumescence incomplète ou, si complète, extrêmement dure, douloureuse, exigeante, impartiale, roborative, violente, exsangue de coparticipation.
Lorsque incomplète, cette érection pleure, ne sait comment atteindre la tendresse, devient quémandeuse d’un amour dont elle n’a jamais eu connaissance (mais que chacun de nous connaît car inhérent à la nature de la vie, aussi humaine fut-elle). Et je parle de l’érection du désir, tant chez la femme que chez l’homme ; je ne parle pas de son acomplissement qui est l'affaire de chacun sur lequel je n'ai pas à dire puisqu'impersonnel.

En règle générale, pour autant que mes observations puissent se rendre utiles, l’érotisme de la domination nécessite un ACCESSOIRE. Mais tout aussi bien l’érotisme du prolo ! Ne déduit pas, camarade (femme, homme) de ce que tu lis, que l’érotisme du bourge est le contraire de l’érotisme de prolo : ils sont COMPLÉMENTAIRES ! Autant l’un que l’autre (selon la dialectique de l'Esclave et du Maître de Hegel), l’érotisme du prolo autant que celui du bourge, si nous voulons, selon notre désir de mieux-être qui ne se marche pas sur les frusques, qu’il se retrouve dans son effectivité, la nôtre, doit se vaporiser dans la chaleur de nos étreintes, la force de nos existences, la vitalité du sang qui circule comme un fou dans nos veines des tempes et de plaisir, de déplaisir, de jalousie, de force, d’organisation, de bordel, de représentation, de bouffe, de repas, de nous et du monde dans lequel nous nous serons et sentirons intégrés.

Mais, pour l’instant, je reviens sur l’aspect pratique, ou pratiquant, de notre affaire : l’érotisme du bourge comme celui du prolo sont, certes, antagonistes, mais essentiellement complémentaires. Il nous faut en finir autant avec l’un qu’en finir avec l’autre, en finir avec le travail, autant en finir avec l’autre pour en finir avec l’un. Je souhaite que cette modeste contribution à notre cause, présentée sous forme de conférence, concourra à l’obtention de cette prise en compte de la réalité de notre réalité, de sorte que l’aveuglement de l’espoir porté par la libération prolétarienne hors des murs des bourges ne nous empêche pas de voir NOTRE réalité et les inconvénients qui l’accompagnent.

Merci à vous et bonsoir !

lundi, 08 décembre 2008

Cagagne de la mesure d’exception

Le procédé employé qui permet n’importe quoi en trouvant une justification dans diverses comparaisons au pire, doit être éclairé de sorte à disparaître de l’ombre qui l’abrite.

Non seulement son emploi développe l’abrutissement du jugement critique et de la conscience de soi dans l’irrespect de l’autre, mais aussi l’avilissement du meilleur, ce qui est finalement bien pire en soi.

Il repose sur l’autre comme néfaste face à soi qui devient alors le bon en pratiquant le mal. Car dans cette démarche, c’est bien le pire qui est appliqué au nom du bon !

Le sacrifice suggéré comme indispensable de ce qui est acquit et de bon aloi à un moindre, est un des déterminants de la mesure d’exception au nom de la perpétuation du néfaste présenté comme indispensable, comme meilleur.

Le substrat bio-psychique de cette démarche est le besoin de trouver, hors de soi, un sauveur, un pharmakos, de le désirer, de l’attendre ou de le montrer du doigt de l’opprobe. Et ce sauveur ou ce pharmakos, le con, vous dirait ce que vous devez faire pour vous sauver de la cagagne dans laquelle vous vous trouvez et qui vous amène à le désirer parce que vous vous sentez impuissant, personnellement (alors qu’il s’agit d’un fait social, reconnu individuellement par tous) à le résoudre ⎯ et qui nous place bien dans cette position pour amener à une telle idée de soi-même ; nous dirait la manière dont il nous faut être obéissant, participant et approbant sous peine d’une peine plus dure, acrimone et gluante.

Pour cela, la mesure d’exception est de détourner notre attention en la portant sur un quidam ou un groupe de quidams qui n’est pas moins dans cette cagagne que nous, mais qui nous paraît pire selon les yeux de ce sauveur auquel nous donnons la mesure de notre propre vision du monde de potentiellement (en image) sauvé ; tandis que vous vous y enfoncez de plus en mieux.

Les mesures d’exception, ou les détournement de la Justice et de l’esprit d’équité du droit, sont les nouvelles formes de progrom en ce sens inverse qu’ici c’est la religion du pouvoir qui se veut voir maîtresse.

Bien évidemment, la solution est ailleurs, en nous et nulle part ailleurs qu’en nous. Si elle est en l’autre, c’est que vous la partagez en vous.

La présentation par le sauveur ou son antagoniste, le pharmakos, de sa solution d’exception nous montre une radicalité qui reflète notre désir de se défaire TROP promptement du problème du moment car lancinant, comme doté d’un goût de perpétuel, pénible ; et nous dissimule nos erreurs. Le problème est celui du désamour, il réside dans une sorte d’activité dégradante (car elle dégrade son environnement aussi bien duquel nous nous extrayons !) nommée travail qui vous obnibule l’entendement dans les délices fangeux de l’abnégation, de la perte de temps et de celle de la participation d’un ensemble déterminé à poursuivre la recherche du bien-être partageable dans sa tentative de se comprendre : encore un effort, tudieu !

Ne partageons pas la mesure d’exception et discutons du reste ; ou discutons-la pour ne pas l’employer, ce qui correspond assez à trouver une solution bien plus adaptée à résoudre le ou les problèmes du moment, ceux-là qui vous font attendre un sauveur d’exception : son pharmakos, son sacrifice.

vendredi, 28 novembre 2008

La peur des veaux doux !

Sa sarkozicature en prend pour sa garde : il fait lui-même sa pub de vaudou ! Quel stratège ce type ! Quelle sens de la vision du futur et de ses possibles, du poids de la conséquence de ses actes et de ses décisions ! Quel est son intérêt de porter à la justice de tels aussi anodins événements ? Il nous montre ce qu'il est capable de faire pour et à lui-même (en se mettant dans un tel ridicule, puisqu'il fait proprement la pub pour ce qu'il voulait interdire — et je salue en passant les juges qui ont eu le subtil de leur décision !) et ce qu'il réalise pour ce qu'il appelle la France qui emprisonne (c'est pas les même juges, c'est sûr) des jeunes qui ne pensent pas comme lui, comme son sens du démiurge borné par des affectifs désuets.

Mais, lui, il a droit d'insulter (le Casse-toi pauv' con) et pas le citoyen de la rue qui, pour les MÊMES mots qui s'adresse à qui ON veut, à qui les lit, à l'air qui ne sait pas lire aussi bien, se retrouve à l'amende.
Ou cet internaute qui a été condamné pour un mot faisant référence à l'histoire. Et encore un autre type dont la mémoire m'échappe.

Il en est de même de faire porter une responsabilité pénale des mineurs de 12 ans : on se souvient de la peine de mort : comme si elle avait pu, un jour, empêcher quoi que ce soit d'une manière PRÉVENTIVE ?

Ce mec, ces gens sont des PROCÉDURIERS, je veux dire des gens qui pensent que pour faire ceci, il faut faire cela POINT, comme on ouvre une bonde pour que l'eau s'évacue de l'évier : l'irrésistible de la pesanteur. C'est penser selon une binarité : Zéro-Un-Zéro-Zéro-Zéro-Un…. Se comporter de la sorte relève de l'ordre du métronome, du miseur sur le pas militaire, un pas-rieur sur la rigidité des choses et des événements, un bleufeur qui marche à la veuglette, comme les veaux qu'ils se donnent l'impression d'orienter à coups de bâton : veuheuuu, veuhheuuue : Mon lait, mon herbe, mon paquage, mon image !

Le procédurier n'a pas d'anticipation, car il n'envisage que son but puisqu'il a établit cette procédure de crainte de ne pas l'atteindre jamais, dans notre cas.

Un exécutant de procédure. Si je veux arrivé à tel but, se dit-il, la nuit, je dois passer par là, par ici et avant par ce passage. Et il s'y tient, coûte que coûte, comme dans l'exécution de la procédure qu'il a décidé d'exécuter sans aucune considération des événements adjacents qui lui viendraient mettre à l'oreille la puce de ses égarement. Et, de même pour cette société bornée qui dévaste le monde sur lequel elle pose ses pieds, qu'importe pour lui les désastres "collatéraux". Comme si la vie humaine était ce qu'ils sont, eux, et ils s'évertuent, en dépis de l'existence des autres, d'en reproduire la vision selon leur vision du monde qui ne réside que dans ce qui les gratte.

Il y a une technique de thérapie musculaire qui fait usage de ce qu'elle appelle le "Trigger". Avec ses tics, voici un beau "Trigueur" qui pense comme un trigueur (appuie ici et cela fera ceci, appuie là et ceci fera cela).
Car "trigger" signifie à peu près "gâchette" : il y a des points du corps présents chez tous les animaux à sang chaud, qui font, comme une gâchette, se contracturer ou se décontracturer un muscle en relation directe avec ce point de pression. Il y a que le thérapeute, lui, doit être dépourvu de tics, sinon ce n'a aucune efficacité ! Et on voit bien les catastrophes qu'induisent, en les cachant, ces procédures ticomatiques, à côté de la plaque, de sa position de résident du pré publique.

Sa sarkozicature a l'âme trop sensible à ce qu'il ne voudrait pas paraître et c'est cet excès même qui la lui fait montrer davantage : pauvre homme qui se mord la queue pour ne pas la perdre et qui court par monts et par vaux doux pour se la rattrapper !

J'ai beaucoup de mal, en fait, j'ai un mal fou, à penser un homme croyant doté d'un certain pouvoir, et surtout d'une telle ampleur quant à celui de décision, suffisamment supersticieux pour s'imaginer qu'il puisse y avoir une relation directe entre une poupée, des aiguilles et lui et que cela puisse l'empêcher de dormir ; et qu'il ait pensé que son "pouvoir" sur les êtres et les choses aurait dû rencontrer une rationalité plus effective. J'ai beaucoup de mal, oui…

lundi, 10 novembre 2008

Du soi, yeux, con, ne rient mais fêtes vives

D’aussi loin que je puis remonter dans ma mémoire, le mot «con» a toujours été entouré d’une nébulosité qui n’en permettait pas d’en trouver une claire spécificité. Sexuellement, il désigne une zone située vers les parties génitales de la femme, mais sans véritable localisation : on peut penser au vagin, mais un vagin, s’il est le con de la femme, n’est pas un con.

Un con serait plutôt cette indéfinition même dans laquelle on voudrait ne pas définir quoi que ce soit sinon que la définition de « con ». Rétif de la Bretonne a fait un éloge du con, qu’il appelle affectueusement « connin » (j’imagine bien sa vision des petites bouclettes de la pilosité féminine intime dans ce mot), mais cela ne correspond pas à un « con » et il a écrit son livre, précisément, pour passer outre la relation entre un « con » et le vagin de la femme : le connin est ce lumineux ensemble des parties génitales féminines correspondant au plaisir sexué que l’on peut attendre en relation avec le pénis. C’était un livre ouvertement anti-sadien où Sade, dans ses écrits les plus cons, reniait le con présenté sous un aspect qui se veut festif par Rétif dela Bretonne.

Lorsqu’on dit « ce mec est con », cela n’a pas la même signification que de dire « ce mec est un con » ; et de dire « c’est une conne » : une femme intelligente peut être considérée comme conne, et une femme simple peut ne pas être conne et être très agréable. Cela signifie-t-il que c’est la relation à l’homme qui qualifie ou non la conne ? Sans aucun doute que oui, mais alors ce jugement est à mettre en relation avec l’éventuelle connerie de l’homme qui la formule, cela va de soi.

Une femme intelligente mais conne, ce peut être une femme qui ne comprend rien, ou peu, à la relation entre l’homme et la femme — à moins de précision, je parle, bien sûr, en considération de la connerie même de l’homme, soyons correct — ce qui implique une sorte de rapport sexué. Mais une femme qui se donne trop, sans discernement, serait suffisamment conne pour être employée par tous, ou qui le voudrait, à des fins sexuelles. Mais je dirais alors plutôt qu'elle s'est égarée lorsqu'elle ne sais plus ce qu'elle réalise.

Parlant d’un homme, dire qu’il est con est très difficile à cerner du fait qu’il n’est pas de sexe féminin. Il y a donc quelque chose de commun, dans ce cadre de la connerie, entre les deux sexes ; au moins un mot : con.

En fait ce qu’on ne voudrait pas d’un con est qu’il ne communique pas, qu’il reste insensible aux sollicitations de communication, à la recherche d’un plaisir plus ou moins commun. Une conne est une femme qui a un con, un vagin sans tactilité émotionnelle ; un con est un mec qui est dépourvu de tactilité émotionnelle pouvant émulser son intelligence du moment et de la situation. Et, de fait, on trouve con toute chose qui est dépourvue de tactilité émotionnelle, quelque chose ou quelqu’un qui ne comprend pas, soit le moyen entrepris dans une prise de contact (la forme de la prise de contact et le contact lui-même) ou qui n’entend pas l’importance de l’émotion, qui ne l’entend pas avec son sens tactile de l’émotion dont il se serait dépourvu pour une raison sombre ou inconnue, con en somme.

Une personne qui utilise un moyen qui va à l’encontre du but recherché n’est pas obligatoirement con : elle peut être étourdie, prétentieuse, obstinée et autre, mais pas obligatoirement con. Pour qu’elle soit con, cette personne doit ne pas pouvoir comprendre ce qui va de soi : rester en contact avec ce que l’on fait qui est en relation avec ce que l’on est. Moi, par exemple, je sais que je ne comprends pas certaines choses qui m’échappent d’ailleurs et m’échappe par là-même leur liste possible. Je ne les comprends pas. Je peux, bien sûr, dire qu’elles sont con, mais je n’ai pas la prétention de l’affirmer, car je ne les comprends pas, tout simplement, elles m’échappent. Pour que j’affirme que quelque chose (un acte) ou quelqu’un (une personne) est con, j’ai compris (à ma manière) de quoi il retourne et j’ai cerné son obstination à ne pas se mettre en contact avec ce qu’elle réalise ou est. Je ne suis pas pour autant « toujours » con : j’ai des moments de fort contact avec la réalité que je ne rejette pas par crainte de quelque chose, ou d’une émotion autre que celle qui m’habitait initialement : la souplesse émotionnelle me permet d’adapter mon contact émotionnel avec la réalité. Si cela ne fonctionne pas, je ne suis pas pour autant tombé dans la catégorie des cons, car ma tentative restera dans le cadre de la sincérité, et le con est dénué de sincérité, au moins vis-à-vis de lui-même.

Un vagin dénué de sincérité, un con, est assez étrange quand on y pense. Il pense autre chose que ce qu’il vit. La réflexion de ce qu’il vit ne correspond pas à la sensation qu’il éprouve et cette réflexion surpasse cette sensation. La volonté de ne pas ressentir surseoit à la vérité de la sensation, à sa réalité. Mais qu’en est-il du pénis, dans ce cas-là ? Est-il un pénis qui refuse de ressentir ce qu’il éprouve réellement ? Hé bé oui. C’est pareil. Mais alors… pourquoi utiliste-t-on le mot con et non pas le mot « pine » : « il est pine ce mec ! » C’est historique, j'y reviendrai.

Une des insultes qu’on profère à la femme, par exemple, est de lui dire « Hé va donc, hé…ménopausée ! » : on cherche à atteindre ici le féminin même, ce qui caractérise la VIE du féminin dans son cours, dans le cours de sa vie NATURELLE. La nature même de la femme serait donc sujette à une dépréciation due à… sa connerie. Comme si une « ménopausée » n’était PLUS capable de retirer de la vie du plaisir de vivre à la manière du con qui profère cette insulte n’est pas capable de retirer de la vie du plaisir : cest là la vue d’une glace derrière son tain car il manque une reflexion précieuse, argentique. Et si le second est juste (et c’est ce qui en fait la caractéristique) la première est une vue de l’esprit reportant la connerie sur la vie que cette connerie suppute sans plaisir possible qu’elle énonce par cette insulte.

Un con est un con d'abord et simplement parce qu'il ne concède pas à l'autre la gentillesse qu'il se devrait à lui-même de concéder.

Un con est un con du fait qu'il se considère, lui, et lui seul, comme tenancier de ce qui n'est pas la demeure de la connerie. Ce qui, architecturalement parlant, puisqu'il construit cette demeure, est paradoxal du fait qu'il se dit ne pas y habiter alors qu'il y couche à toute heure du jour et de la nuit, dans ses rêves même.

Et puis un con est con parce qu'il se pense outre mesure au-dessus des autres par commodité connesque de sorte que l'annonce de sa connerie ne supportera pas plus longuement, car il ne sait pas lire plus d'un demi-paragraphe, ce qui le concerne et qui pourrait lui apporter un semblant (à sa mesure, s'il vous plait) de standardisation qui eut pu avoir comme résultat d'amoindrir sa bêtise en la réduisant au commun du temps, de sorte à ce qu'il s'en aperçoive.

Mais c'est, de toutes les manières perdu, parce que celle qui habite notre hôte est telle qu'elle semble rédhibitoire à toute tentative de prise de conscience, de bonne-avenue, d'aloi.

De fait, confronté au pouvoir qu'il s'octroie, et que moult dispositions sociales lui concèdent (notamment celle du dernier disant admis), il faut faire queue basse et attendre un moment plus favorable (celui où il se sera rendu compte de son état — à quand ?) de sorte à un tant soi peu pouvoir s'exprimer en dehors de sa conception du monde... si tant conne.

Ce qui gêne particulièrement le con, c’est la liberté ; la liberté ne s’entendant que dans un collectif, un ensemble humain. Dans l’élaboration collective d’un événement, d’une tache, de la solution d’un problème, le con n’admet pas ce qui l’éloigne de sa conception du lisse, du lustré, de l’uni, de l’égal ; en bref : de ce qu’il appelle l’ordre. Celui qui n’entre pas dans sa conception du monde n’a pas à exister, à s’exprimer, à respirer même ; peut-être même à vivre.

Ce manque de générosité vis-à-vis de la richesse de la vie, ampleur dont il accepte de prendre conscience pour la réduire à ce qu’il est capable, lui seul, d’en appréhender, est une caractéristique de la connerie : il est dépourvu de l’intelligence de l’intégration du singulier dans le particulier. Pour cela, il restera dans l’erreur, volontairement, ou l’inventera en cas de défaut de sa puissance pour la prendre comme point d’appui à l’expression de sa connerie en écrasant le débile. Le moins con, lui, l’intégrera dans le tout, car le débile est dans le tout.

Le con revendique la liberté selon la manière, et uniquement elle, dont il la conçoit. On sait au contraire, que la liberté n’est pas une conception unique, mais plurielle. Il ne compose pas avec la liberté des autres, car il ne la comprend pas ; il est aveugle à l’intelligence qui comprend que le débile n’influe sur le général que par absence, que de mettre le débile hors de son jeu c’est créer une prison, un élément qui restreint la liberté. Il donne libre cours à la sienne en resteingnant celle des autres et comme sa liberté est claudicante en raison inverse de la vitesse de sa connerie, à l’image de la vérité — qui est fluide comme le vent — elle arrive en retard, comme une perte de temps. Pour le con, le premier pas de la liberté s’arrête à celle des autres alors qu’elle commence à vivre lorsqu’on l’octroie à l’autre.

Dire de quelque chose ou de quelqu’un qu’elle « n’est pas con » suppose une sorte de petit génie détectable dans la chose ou dans la personne à qui on applique cet adjectif. J’ai dit, ailleurs que sur ce blog, que « la différence entre un fonctionnaire et un bureaucrate est que le second a perdu son âme » : c’est ce qui le rend fortement con et précisément con encore. Égarer son âme là où elle n’est plus accessible comme solution à une problématique dans laquelle on refuse de prendre une position telle que l’on ne la perde pas, précisément, est fondamentalement con, bureaucrate. On peut voir ici un jalon à la connerie, une quantification possible de l’aspect con de la vie sociale. Mais, ne nous déjectons pas de la réalité sociale : la bureaucratie est un symptôme de la connerie générale RÉGNANTE que cette forme connerie qu’est la bureaucratie se doit d’organiser selon des formes, certes le plus souvent fort cons, mais organisation qui donne un semblant de cohérence pacifique à la société humaine observée sous ce critère possible.

Un journaliste, par exemple, est assez con et souvent. La forme de sa bêtise n’est pas semblable à celle de la bureaucratie, mais proche. Mettre la confusion dans les esprits est particulièrement con car on rend les gens con. Ce qui fait la base de la vie sociale est la sincérité : « In God – dollar-yen-euro – We Trust » signifie que la confiance que l’on a de la vie inter-individuelle, sociale, est un contrat social où on accepte au minimum le concept de cette confiance. Cette confiance est une ouverture au monde et c’est pour cela qu’elle est acceptée, car elle ouvre à l’autre. Que des « conmerciaux » (avec des semblables — con — en correspondance marchande — mercial) s’y engouffrent pour en retirer des profits, montre bien leur connerie sociale, certes, mais cela ne suppose pas qu’ils sont insincères dans ce qu’ils désirent réaliser socialement. Tandis qu’un journaliste, lui, ne trouve la réalité de son pouvoir social (car le con ne trouve sa réalité que dans le pouvoir, entre autres) que dans sa position sociale : un « média » entre vous (moi) et un autre mode qui vous en impose. L’intérêt (le fruit de son capital) du journaliste est de maintenir l’indécision possible toujours indécise de sorte qu’une décision possible ne soit jamais possible : c’est rendre les gens cons. Mais les gens sont rendus de manière con simplement car la relation « toute con » entre les êtres est cette sincérité dont j’évoquais tout à l’heure la base de l’existence inter-individuelle.

On dit aussi d’un con (ou d’une conne) qu’il ou elle est ainsi car elle ou il refuse de saisir l’impact de son action sur son environnement, comme si la persistance avec laquelle est poursuit obstinément son action, pour elle ou lui et alors qu’on le lui dit, était dépourvue d’impact sur les autres ou sur l’environnement, était aisément détectable comme nuisance. On détecte au surplus que l’écran entre la bonne intelligence possible et cette nuisance est une pure facétie de stupidité relevant davantage de la méchanceté que de l’intelligence de la méchanceté. Con, en somme. Hé bé, un journaliste ne procède pas autrement que selon cette nuisance dont il ne veut percevoir l’existence qu’à travers cet écran d’une méchanceté qu’il se refuse d’admettre pour lui ou elle.

Vous voyez (je me mets dans la confidence), l’intelligence est pour moi une chose étrange (tout autant que la connerie) qui me donne comme de l’air frais dans la tête, tandis que la connerie obscurcit ma vision du monde, la bloque, l’interdit, tel le brouillard noirâtre qui surnage au-dessus de la combustion des fils électriques que l’on veut débarrasser de son plastique pour le vendre au prix du poids du cuivre. La connerie est ici située dans cette bureaucratie qui ne peut admettre qu’un autre monde qu’elle existe et qu’elle pollue la vie du fait de cette dénégation, car cette positivité qu’est la vie doit vivre (et pas selon les critères de la bureaucratie) et que l’échange ou la vente profiteuse impose que le cuivre est vendu plus cher après avoir pollué, que avant. Ne pas comprendre, par exemple, que la recherche de la liberté face au salariat est une forme de vie aussi valable que celle passée à la consécration à ce salariat, par exemple, alors que l’on est soi-même à la disposition des gens par sa « fonction » de « fonctionnaire » précisément à travers la touche d’un appointement issu de la contribution générale de tous (TVA comprise), fait, pour moi, partie de la connerie ambiante, de cette recherche du pouvoir sur l’autre qui n’est pas vous, n’agit pas comme vous, ne pense pas comme vous, n’aime pas comme vous la vie qui lui est donnée de vivre.

Le journaliste qui dit simplement « des rejets de césium se sont échappés de la filière d’une centrale nucléaire » est con car il ne dit rien des implications de ce qu’il dit : il l’énonce et refuse de dire quoi que ce soit de ce qui l’implique lui. Ha oui mais… un journaliste a ses propres convictions… donc… ne doivent pas transparaître dans ce qu’il dit ses propres convictions (par souci d’honnêteté : mais est-il honnête avec lui-même ? j’en doute, sinon qu’honnête avec sa connerie. Et être honnête avec sa connerie est-ce vraiment être honnête. Non, sinon on ne serait pas si con), cela fausserait l’information, n’est-il pas ? Il ne s’agit pas ici de convictions, précisément ce qui fait pour la plupart du temps la connerie, mais d’une prise de position par rapport à une conviction que l’on sait pertinemment stupide, réellement. Un journaliste sait que des effusions de césium sont mortelles pour les êtres non-minéraux, et pour lui-même. Mais il refuse que cela s’applique à lui-même, refus qu’il cache sous le prétexte de l’objectivité ; mais cette radio-activité s’applique aussi à lui et comme il pense qu’il est journaliste, le con, il pense aussi qu’il se doit d’être objectif, sinon il ne ferait pas son métier. Il en est du même du prêtre, de quelque obédience il soit.

Pour ce qui est du politique, sa nudité de sens poétique est telle qu’on peut tout lui pardonner sinon que de dévier du sens poétique : ce qui est très grave, humainement parlant.

Lorsqu’on dit que quelqu’un est con, c’est qu’on aperçoit (l'objectivité est relative à la connerie, je le sais) qu’il/elle va à l’encontre son propre intérêt, du plaisir qu’il serait susceptible de jouir de la vie et que cette manière de faire est sensiblement compliqué pour percevoir que sera aussi compliquée son atteinte.Mais ce n’est pas seulement cela, car la socialité humaine fait que c’est l’autre et avec lui que le plaisir est le plus prononçable.Je veux dire que c’est dès le moment où la personne sait que cette manière de requérir de la vie du plaisir est compliquée et qu’elle persiste dans cette manière dont on peut dire qu’elle est assez conne de faire ainsi.

Résumons.
Être con c’est utiliser un moyen que l’on sait ne pas pouvoir ne faire atteindre le but qu’on se donne, sinon que dans le déplaisir ou l’échec anticipé. Est con, ou le vagin ou le pénis, qui refuse (qui ne sent pas n’est pas con mais peut l’être) de ressentir ce qu’il lui est possible de ressentir : le contact avec l’autre et l’émotion qui l’accompagne sans lui apporter plus d'un cinquième de complication innaccessible pour reconnaitre ce contact. Et la connerie c’est refuser d’admetre la liberté de l’autre par l’obstination d’en admettre la véracité d'existence.

Je me souviens d’un livre de Sade « Aline et Valcour » qui décrivait un pays où le nombre des lois de devait pas dépasser celui des doigts de la main. Lisez le, il n’est pas con ! Sade n'a pas toujours été con, surtout hors de prison… qui rend assez con, faut l'admettre.


dimanche, 09 novembre 2008

Trahison du boulet

J'étais âgé de peut-être 5 ou 6 ans et je me servais dans le porte-monnaie de ma mère. Cet argent nous servait, à mes sœurs et moi, pour acheter des bonbons, bien sûr, douceurs complémentaires, s'il en est, à celles parcimonieuses de nos parents.

Ma mère s'en est aperçu. Elle me gronda fort. Mais, non contente de cette réprimande qu'elle sentait flageollante, du fait que je trouvais une certaine légitimité à cet accaparement de cet argent, un matin, elle m'accompagna à l'école et demanda à la maîtresse de pouvoir faire une déclaration devant toute la classe. Devant toute ma classe, elle dit que je lui volais dans le porte-monnaie et qu'elle le disait devant toute la classe pour me faire honte.

Effectivement, j'ai eu honte.

Mais, surtout, et je m'en aperçois maintenant, c'est que, depuis, j'ai vécu avec plusieurs sentiments distincts et intriqués : une sensation de trahison et de gêne à la fois qui a imbibé mon âme comme "l'eau le sucre" (Les chants de Maldoror, chant 1, strophe 1).

Comment, après un tel comportement, pouvoir faire confiance à son parent qui vous met dans une telle gêne et comment trouver sa place dans une communauté légitime librement, sans cette arrière pensée du jugement de la faute qui vous poursuit dans le regard incertain des autres, ou plutôt, dans l'incertitude que trahit votre propre regard lorsque vous regardez les autres ?

Et, finalement, on trouve une multitude de preuves qui corroborent le fait que cette société n'est pas franche, tortille du cul on ne sait pourquoi, vous trahit malgré ses lois que tout être humain penserait comme intangibles, égales pour tous et à la moralité irréprochable. Et comment ne pas voir dans les yeux des autres cette culpabilité sexuelle, celle qu'on éprouve car on s'est procuré du plaisir, à soi et soi ou qu'on a pensé avec ardeur à l'autre sexuellement, et que cela est interdit — ou recouverte de pornographie, ce qui équivaut au même — , de sorte que des relations saines ne peuvent s'établir entre les composants de LA société humaine. Non, l'amour est trahi par sa sexualisation débilitante, et la sexualité séparée de lui-même par l'amour des anges. On a un parent qui vous aime, soit, mais qui vous humilie du fait qu'on a pallié à son propre manque de générosité ou d'amour !

J'en ai toujours voulu à cette maîtresse qui ne m'a pas protégé de la méchanceté de ma mère : je l'ai trouvée passive devant une morale qui ne valait pas plus que l'humiliation qu'elle provoquait. Mais cette maîtresse, elle-même, n'avait-elle pas eu à subir une humiliation, elle aussi, dans sa tendre jeunesse, qui lui fasse paraître comme légitime et éducatrice, celle dans laquelle me mettait cette situation ? Ho ! si bien sûr ! Et il en est de tous de cette manière. Bien rares sont ceux qui n'ont pas eu à affronter de telles malveillances ! Ô combien rares !

L'humiliation du salaire, du patron, de l'avilissement du travail qu'on vous demande de faire lorsque vous détruisez l'environnement sous couvert du "travail", etc., tout cela ne tient qu'à cette sorte de résignation devant l'affectivement plus fort : l'humiliation reçue du parent ou de l'être aimé devant laquelle on ne peut rien faire, ou devant laquelle on n'a pu rien faire.

Certain passe leur vie à se venger d'une aussi affreuse affaire, d'autres, comme moi, à errer seul, l'âme peinée et l'amour dans un sac dont le collet est d'une ouverture si malfacile et que l'on traîne comme son boulet le forçat.

vendredi, 31 octobre 2008

La poésie : le centre humain d’une manifestation du monde

Diverses circonstances ont fait que nous nous sommes rencontrés, avec Patrick Viveret (deux fois dans le cadre des SEL — système d’échange local — et une autre fois dans le cadre de son SOL). Bon… pour, comment dirais-je… poser le tapis de sorte à s’y assoir, je sais que c’est lui qui a initié (ou c’est ce qu’on m’en a dit, mais du fait qu’il est employé par le Conseil économique, je suppose que cela n’est pas injuste) le RMI qui, à l’époque confinait plus de la recherche de paix sociale en achetant les fouteurs de m… qu’aujourd’hui en permettant à des pauvres de sortir la tête de l’eau (on se souvient de De Gaule : « …vu que je suis plus grand que vous, elle ne m’arrive qu’au nez »).

Cette dernière fois, donc, Patick Viveret énonce que c’est la mort, enfin… c’est « la conscience de la mort qui a été le début de l’humanité ». Et j’ai rencontré un autre homme qui faisait référence à cette phrase dans un contexte différent. Je ne suis pas tout à fait d’accord. C’est l’objet de ce message.

C’est donc en partie vrai, mais en seconde instance, que l’humanité s’est bâtie sur la conscience qu’elle a éprouvée de la mort. Selon moi, c’est la conscience de la perte d’amour, le mésamour, qui est le commencement de l’humanité et de sa conscience de la mort.

En d’autres mots. L’amour est le contact avec le cosmos. Sa déficience revient à une déficience du contact indispensable d’avec le cosmos, la vie. Il ressort du mésamour une nostalgie du contact avec lui, le cosmos. La « POÉSIE », l’indiscible explication de la vérité et de la réalité de ce contact (quelqu’en soit la forme, cela n’a aucune importance — c’est la poésie qui prévaut à tout, peu importe la forme qu’elle a adopté au moment où elle s’énonce) est le mot que je donne à ce contact. Car, finalement, l’humain en est arrivé à la perte de la conscience de la poésie.

Le phénomène poétique m’a de toujours étonné : comment un vers peut-il m’envoler aussi haut dans le ciel de mon contact avec la vie ? « Tes beaux yeux sont las, pauvre amante : reste longtemps sans les rouvrir… » « Beau… comme un jour sans enfant battu… », « Toutes les révolutions vont à l’histoire et l’histoire n’en regorge point », « L’injustice est un poison qui, sous des doses excessives, s’avère létal (et il n’en a pas été encore trouvé de dose homéopathique car il n’a pas encore été trouvé de solvant à la réduction à l’impuissance) », « La vie qui passe, passe, passe, passe, la vie qui passe temps / Le temps qui trace, trace, trace, trace, le temps qui trace vie… ».

En d’autres mots. Le mésamour génère une angoisse. Cette angoisse est la perte du contact avec la vie, le cosmos. La perte du contact avec la vie, le cosmos est la source d’une angoisse de la vie, et comme on est en vie, une forme de la vie, la vie angoisse de se perdre. C’est la conscience, c’est la prise de conscience de cette angoisse qui crée l’humanité par la prise secondaire de la conscience de la mort, conscience qui est fille de l’angoisse générée par le mésamour.

Mais la poésie est corrolaire à la vie humaine puisque la vie humaine est de mettre des mots, de la musique verbale, sur la vie. La poésie, sans le mésamour, est différente que la poésie du mésamour. Vous commencez à me comprendre ? Ainsi, la poésie du mésamour deviendra mystique : elle tentera de donner un ordre au monde (ordre directement tributaire de la technologie du moment), compréhension de cet ordre qu’elle considèrera comme UN, LE, contact avec le monde, la vie, le cosmos.

Et le monde humain lui-même sera distancifié par cette forme donnée au monde : tout chez lui devra trouver une explication… qui ne correspondra qu’à SA séparation d’avec le monde, la vie, le cosmos : le mésamour.

Et pour autant, la poésie restera ce contact indiscible qui outrepassera la mésamour. À la question de savoir pourquoi les gens s’agglutinent dans des messes (foots, concerts, meetings, etc.) il sera répondu que les gens courent après la poésie qu’ils veulent apprécier selon leur multitude. La poésie restera toujours l’espace indiscible entre les dires, les images, les formes, les inventions ; même dans les cas de l’horreur, de l’abject et du pourri. Car elle est le fondement de l’humanité : donner des mots aux choses, aux événements, aux êtres pour s’y retrouvent — et non pas l’angoisse de la mort ou de l’abscence qui ne trouvera qu’une forme particulière poétique à chaque étape du temps humain.

Je dois beaucoup à la lecture de Robert Graves (La déesse blanche, les mythes grecs et le Roi Jésus), car c’est lui qui m’a fait contourner son problème ; et aussi à Jennifer. Je veux montrer le même courage que lui pour qu’un autre contourne la perception du mien : lorsque l’humain aura compris que le fait d’aller le matin à son turbin est une forme de poésie qu’il ne peut que manifester, il se posera (peut-être !) la question de la forme qu’il veut lui donner.

Cependant, doutant qu’il fasse la relation entre le mésamour qu’il entretient contre lui dans son âme et le vide de sa vie, la petitesse de l’amour cosmique qu’il réalise, je ne me pose pas du tout comme solution à NOTRE problème vital : l’entretien de la vie pour vivre.

Comment voulez-vous que quelqu’un qui ignore tout
a) qu’il est en perpétuel recherche de ce que j’appelle « état poétique » ;
b) qu’il ignore totalement ce qu’est un « état poétique » sinon que devant sa télé, un but marqué par son équipe de foot préférée ou un coup de pine de son acteur pornographique adoré dans le con de la plus belle nana qu’il ait trouvé à voir sur un écran tactitilographique ;
c) qui, du fait du mésamour, n’entretiendra un « état poétique » que comme handicapé ou déficient amoureux ;
d) qui ne soit pas ce qu’il réalise alors qu’il le fait : qu’il ne sait pas ce qu’il réalise POÉTIQUEMENT de sa vie (a, b, c) ; ce qui rend sa poésie poussive, toussive, rébarbative, indécente, nocive même au monde dans lequel il vit et ne peut QUE vivre,
résolve le problème de la poésie ?

Il TRAVAILLE à la poésie : ce qui dénude sa poésie de vibration trans-miscible ; ce qui extrait sa poésie de correspondance alternative ; ce qui réduit sa poésie à une branche hivernale au cours de l’été et rend étrange la chatoyance d’un vert de granie-smith sur les étals d’hivers. Le sens du poétique, de l’amour, été perdu, la vie a été égarée et le cosmos oublié ; l’intégration de l’humain par son humanité au monde a été inventorié dans les relents des comptes en banques constipés, des obligations étatiques calculiques, dans les culs de basses-fosses des rigueurs policières qui répondent finalement à cette sorte — et toujours temporelle — peur de la mort : le mésamour.

Qu’importe la forme ! Vous comprenez ? Comment voulez-vous qu’un tel être s’en sorte ? sans, justement, ce qui lui est nécessaire pour s’en sortir ? sans ce qui ferait qu’il s’en sorte ? LUI ?

Car, le plus étrange dans cette étrange histoire est qu’on a, à aucun moment, conscience du mésamour : on ne sait absolument pas qu’il existe, ce mésamour et, donc, comment y remédier ? Ô dieux de la poésie, ô dieux de l'amour, quel perte !

mardi, 14 octobre 2008

L'essence du travail c'est l'absence de sa critique

L'Europe investit 1700 milliards d'euros dans les banques. Seulement pour l'Europe.

Nous sommes environs 260 millions.

Cela fait 6500 euros chacun. Pas mal, non ? Bébés, enfants, adolescents, vieillards et les autres, les "actifs" compris, chacun 6583 euros environ.

Pensons bien : cela fait 6500 euros de travail pour EUX, travail que vous allez exécuter pour les banques et non pour vous, car cet argent investit dans la paresse permettrait, à chacun de nous de ne rien faire d'obligatoire pendant six mois de smic.

Allez ! Au boulot ! TRAVAILLEZ pour les banques, les riches et l'État, pas pour vous ! Pourquoi vous travaillez, non d'une pipe ? Pourquoi ? On voit ici l'exacte proportion du travail UTILE à celui qui sert à la spéculation, FICTIF : il suffit d'y croire pour lui donner une réalité, même à l'aide de lois, de décrets, de dispositions dont seul NOTRE travail donne la consistance de base.

Tout l'argent investit dans les banques actuellement résoudrait le problème de la faim au CENTIÈME ! 100 fois au surplus ! Qu'est-ce que cet argent qui affame les gens et engraisse les banques. Qu'est-ce que cette obligation au travail pour payer un loyer qui vous en bouffe la moitié, sinon les 2/3 et vous laisse dans la misère le reste du temps, je veux dire que vous passez votre temps à l'acquérir.

La misère, ce n'est pas l'absence des choses, c'est l'absence de l'argent pour les acquérir, c'est pas pareil ! Et on crée des petites misères de rien du tout (MP3, portables, et que ne sais-je encore) pour vous étrangler par manque d'argent, pas par manque de choses qui sont derrière la barrière de l'argent et devant votre porte-monnaie et la langue pendante de vos envies à la salive amère et inutile.

Les ACTIONS de la bourse, les résultats d'effets moteur, c'est NOUS le moteur, eux ne sont que l'essence, que le fouet de notre misère. La vie bouge, de toutes façons, ils ont les rails de ce mouvement et récoltent je ne sais quelle essence qui NOUS fait marcher selon leur rythme, conditions, manière d'aimer et de considérer l'autre. Elles sont contentes, aujourd'hui : il y a des l'essence ! Cette essence est une anticipation que NOUS devrons PAYER le temps qu'il faut pour la brûler. Vous comprenez ? L'argent investit dans les banques aujourd'hui, qui résoudrait la misère, va l'amplifier à la mesure de sa suppression, de sa dillution dans le temps passé au travail. Et c'est NOUS qui travaillons et qui travaillons à NOTRE misère selon un système dont nous ne comprenons rien car cette misère nous en exclut, par essence !

Pensons bien que toutes les ruses sont bonnes pour NOUS faire travailler. Tous les prétextes, raisons, philosophies, doctrines, religions etc. qui ont pour fondement de faire travailler l'autre sont à mettre aux poubelles de l'Histoire : critiquons le travail pour le supprimer, sinon il nous supprimera et aujourd'hui il nous supprime à passer notre temps à y consacrer notre temps.

===> Mais qu'est-ce que cela signifie : "L'État se porte garant des sommes versées pour la sauvegarde des banques" ? Cela signifie qu'il se porte garant de son remboursement, c'est-à-dire de SES rentrées d'argent, c'est-à-dire que VOUS allez travailler pour SES rentrées d'argent. Et qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie que, pris à la gorge par une grève ou une autre, par un refus du travail quelconque, il aura la gâchette beaucoup plus sensible, tant légalement que policièrement… car c'est toujours et encore lui qui fait les règlements qui lui permettrons d'avoir cette sensibilité très susceptible.

On voit que cela a beaucoup de conséquences que les journalistes, analystes de tous poils sont loin de pouvoir découvrir, car ils aiment que les autres travaillent pour eux ! Lorsqu'on parle de "plan d'urgence", l'urgence sera pour NOUS, bien évidemment, nous aurons chaud aux fesses, très chaud !

Et si vous avez eu la patience de me lire jusqu'à cette ligne, lisez aussi le message précédent pour comprendre l'ensemble des dispositions.