mardi, 01 avril 2008

Au près de l'Histoire

Restreindre la notion d’« Historique », d’Histoire, à la seule existence de l’écriture est réducteur car l’écriture étant apparue avec l’organisation sociale assise sur le patriarcat, c’est se dispenser d’en remonter plus haut. Tout comme l’organisation patriarcale de la société, l’écriture est fille de l’agriculture. Et comme il y a eu un temps avant l’agriculture, il y a un temps autrement historique, autrement humain. Seule une civilisation agricole et patriarcale peut inventer, par exemple, la naissance du monde à partir d’un dieu, mâle ou supposément asexué, et cette description se retrouve chez les Mésopotamiens, les Égyptiens, les Grecs et les Hébreux. Ces civilisations étaient donc des civilisations patriarcales.

Il semblerait évident que, par manque d'écriture, on ne puisse pas connaître la teneur de la civilisation qui précéda l’agricole. Ce n’est pas juste. Il est possible de reconnaître les temps précédant l’agricole, avec un petit peu d’entraînement. Il s’agit seulement de se dispenser de penser selon le mode agricole et surtout patriarcal ; c’est-à-dire de bien comprendre ce qu’est le monde agricole-patriarcal.

La critique du monde patriarcal existe dès la naissance de ce dernier. Les femmes et les enfants, les soi-disant faibles d’esprit subissant cette pensée n’ont pas immédiatement (sinon jamais puisque cette critique se formule encore de la même façon !) approuvé ce mode d’organisation de la société. On va trouver donc, dans le lointain, ces formulations cachées par le patriarcat (tout comme il cache l’existence du monde ayant eu vie avant son avenue), c’est-à-dire selon des formulations patriarcales.

(((Un chemin plus rapide nous mènera au mode de penser d’aujourd’hui avec plus d’acuité. La psychanalyse a découvert, pour s’y être confronté dans sa démarche thérapeutique, très tôt dans sa carrière la « cuirasse caractérielle » : une structure vago-végétative irrépringible dans sa manifestation musculaire agissant au cours d’émotions insupportables pour l’organisme en question ; un système protecteur d’un pire perçu dans le plaisir. C’est ce que je nomme un « état d’esprit » : impossible de penser ou d’agir autrement que selon le mode de vie, son interprétation et ses désirs que votre propre système neurovégétatif vous permet.)))

Le propre de l’humain est la capacité à raconter l’histoire. Se souvenir d’une technique est commun à tous les mammifères. Ce qui nous distingue est cette capacité à raconter ces techniques, non pas à montrer ces techniques, mais à les raconter ; c’est-à-dire à en différer l’application soit dans le futur soit dans le passé. Ainsi, l’Histoire ne commence pas avec l’écriture, n’en déplaise à plusieurs, mais bien dès l’humanité.

Cette marque de l’humanité fonctionne dès la naissance de l’humanité : la capacité à raconter une histoire : l’Histoire débute là où on raconte. Elle n’est pas dans les os, les formes d’un crâne ou d’un bassin ou une démarche : elle se situe là et quand on commence à raconter… une histoire.

Dans ce sens, l’humanité qui se raconte le bonheur n’est pas quelque chose exempte de malheur provoqué.

Mais approfondissons cet aspect des choses : raconter une histoire c’est avoir recours à un intermédiaire entre ce qui est arrivé (que ce soit à soi ou à un autre) et une autre personne : on s'adresse à quelqu'un capable de reproduire l'histoire. Donc, corrélativement, l’histoire commence à la naissance de l’intermédiaire, de la personne tierce et cette tierce personne n’existe pas ailleurs dans le monde animal que chez nous, les êtres humains.

Et toutes les considérations qui tournent autour de notre définition ne tiennent qu’à ces deux-là, dont l’une découle de l’autre : raconter une histoire à quelqu’un. Quelle étrange qualité la nature ne nous a-t-elle pas donné là ! Et quelles conséquences ! La misère pour plus de la moitié d’entre-elle à qui on dispute l’existence même, par exemple : il suffit pour cela de lui raconter des bobards dès sa naissance sur la réalité de sa réalité.

Au turbin !

Au turbin tu te portes claudiquant de ferveur
Sans savoir ce quoi du résultat de tes fadeurs ;
Au matin, au soir, fabriquant tout de tes malheurs,
Indifférent à ces brisures ou au fou bonheur.

Tu batis tes générations qui se succèdent
Fantaisies imatures, corrompues et laides,
Reproduisant des mesures qui t’ôtent toute aide,
Désœuvrés d’œuvres, amères, rendant la vie raide.

Tu tords le temps, toi, pauvre ère, marchandise !
Disant te sauver par ta pose soumise
(Stratagème de rêveur dépourvu de guise) ;

S’asseyant, comme sur du roc, sur ta sotise,
Tu sillonnnes ta tombe l’échine soumise,
Le sourire sans joie sur ta vie indécise.

samedi, 29 mars 2008

Encore cette heure d'étai économique !

Quelle bêtise que ce décalage horaire : on a été porter, en été, quatorze heure à midi, expression de la « complication » de nos gouvernants (un autre remarquait qu'on vivait en été à l'heure de l'occupation nazie en France).

Ce punaise de décalage horaire a pour objectif de réduire le temps humain à celui de l'économique. Bah ! Cela fait trois dizaines d'années que ça dure et rien n'est venu, sinon que des désagréments. Le Sénat a fait une étude sur ses implications, qui a conclu à son inutilité, sinon même à sa nocivité pour nos enfants. Mais ces parents qui s'affolent pour des balivernes concernant leurs enfants, contre lesquelles on ne peut rien faire réellement, sont des plus obéissant pour ce décalage de l'heure biologique, physique, solaire, terrestre, qui concerne directement la vie en général et les lèvent, les yeux encore pleins de sommeil pour les soumettre eux aussi aux exigence du salariat, oups ! de l'heure d'été, un autre étai à l'Èconomique. L'étai princeps c'est la soumission à de telles dispositions de la vie.

Les gouvernements ont très bien compris l'affaire puisque tous ceux de l'Europe ont adopté cette disposition ! Ce n'est certainement pour le bien-être des gens, bien sûr ! Au contraire… La soumission n'est pas toujours évidente à faire adopter : l'ensommeillement, le décalage biologique et ses désagréments afférents sont une manière indirecte de l'imposer.

Et, le commerce, remarquant que les gens sortent « plus tard » dans la rue, puisqu'il fait jour encore à 8 h du soir, v'là t-y pas que ses magasins qui employaient leurs salariés jusqu'à 19 h, décident d'en profiter pour les faire travailler plus tard une ou deux heures de plus.

La démarche est toujours et encore la même : créer un désagrément et en marchander la solution. Ce qui fait que pour continuer sur le même trajet de pensée : « Pourquoi ne pas ouvrir plus tard pour en profiter ? » Les gens s'ennuient, n'est-il pas : distrayons les par l'« achat », leur distraction préférée, après l'immobilisme devant la télévision !

Alors, il y a des gens qui, tout guillerets, disent qu'ils ont une heure de jour de plus pour jouer au tennis, aller se promener dans les bois, etc. Cela laisse aussi à nos gouvernants le loisir de n'avoir pas à être confrontés au fait d'octroyer une heure EN MOINS à tous ces salariés ! Ha ! ces salariés ! Quel calcul !

Cette heure de décalage, laissant une heure de répis au jour humain, au lieu d'en revendiquer la naissance précosse, pourquoi ne l'avoir pas soustraite de la journée de TRAVAIL, tout simplement ? Pourquoi toujours cette morale de délire selon laquelle il faut se lever tôt pour gagner sa vie quand on donne à gagner à un autre, finalement, de vous l'imposer ?

Les circonstances de la mort de Joe Sacco

L'incendie qui a provoqué la mort de Joe Sacco semble pour le moins suspect. Quelques indications relatent les faits ici.

C'est la même chose ici : http://www.macabane.info/spip.php?article86 . C'est manifestement crapuleux. Faire mettre le feu à un endroit que l'on veut acquérir et, tout étant prêt pour cela, ensuite faire disparaître toute trace pour que rien n'apparaisse. Ici, il y a eu mort d'homme.

Les intérêts en jeu font toujours et encore fi de la vie des humains. Mettre le feu à un espace de vie d'individus qui revendiquent une forme d'expression dont la liberté ne convient pas à ces intérêts vous vaut encore, que ce soit directement ou par mégarde (en disant que ces individus sauront bien se débrouiller, n'est-il pas ?) la mort.

Vous, êtres de vie, n'avez pas droit à vivre. Eux, êtres de mort (nageant dans le calcul glacial du profit : la prime du travail mort sur le vivant) vous imposent la leur : à ceci près qu'elle est irrémédiable.

"Que m'importe d'avoir un seul ami, disait Héraclite, s'il est le meilleur" : la mort n'a le mort qu'amie. Quels c..s ces types !

La mort d'un ami importe aux amis ; le mort, lui, est mort et la douleur est pour eux, pas pour lui, hélas ! Et puis… qui va parler comme lui ?

jeudi, 27 mars 2008

Manquant d'ingrédient

Sans l'amour qui est le sel de la vie, l'existence devient fade et je perd le goût de vivre.

Cela me fatigue, cette perte du bon goût de l'existence. Cela me tarode. Mais ce monde est ainsi que je me retrouve avec plein de trous dans le cœur.

On dit que les cellules cardiaques qui meurent ne sont pas remplacées, mais que ce sont celles qui les entourent qui grossissent pour occuper leur place. Je me demande quelle en est l'ultime élasticité.

Quand cette absence devient une préoccupation, plus rien ne va pour trouver les facilités de la vie qutidienne qui devient pesante, pénible, lourde à supporter. Il y a comme un gourd cérébral dont on a peine à se secouer, une brume tenace, gluante comme un fog.

Et la solution n'est que dans le temps dont on ne connaît rien de l'exactitude !

Attendre, certes, mais quoi ? D'autres déchirements ? La fraîcheur et l'allant de la connaissance dont le présent est absent ?

Bien sûr que tout cela est de ma faute ou de mes erreurs, mais quelle est la mesure de cette souffrance quand l'ensemble des gens se satisfait de si peu pour bonheur ? Aïe yaïe yaïe !

mardi, 25 mars 2008

Mort de Joe Sacco

Joe Sacco, animateur de Halèm, est mort des suites de brûlures causées par un incendie ayant eu lieu dans un squat de Rennes, au cours du week-end.

Dommage, c'était un type bien, avec des désirs intéressants. Les êtres humains se doivent les uns les autres de représenter les uns aux autres la "cristallisation" des idées des autres pour les uns et les autres. Il cristallisait la liberté du vivre, au moins pour ce qui est de ce que l'on veut faire de soi dans la stricte limite des aléas de la vie. Et ce n'était pas triste !

Moi, je le suis, tout de même, triste.

lundi, 24 mars 2008

Avant que les bêtes ne mangent du foin, il y avait aussi une histoire

Le passage du mode de subsistance de cueillette-chasse à celui issu de l’agriculture demeure assez sombre. Mais il commence à être possible de poser quelques pierres à l’édifice de cette compréhension.

L’humain n’avait aucun besoin de l’agriculture : son intégration dans son environnement correspondait en gros à celui de tout animal : il y trouvait ce qu’il y pouvait et selon certains chercheurs, il était très loin d’être un misérable, un dépourvu en état perpétuel d’inanition. Ce passage de la cueillette-chasse à l’agriculture n’a pu donc s’opérer que selon un état d’esprit initiateur à l’affaire.

Cela s’est passé dans le Levantin. Depuis longtemps l’humain connaissait l’usage des céréales (orge et blé sauvages), c’est-à-dire le cycle de leur croissance, leur valeur alimentaire et culinaire. Le mode de récolte en était la grapille ou cueillette ; ce qui laissait à la plante le soin de se resemer d’une année à l’autre car ce mode de récolte laisse beaucoup de grains sur le sol et provoque même la chute sur le sol de ce grain.

Il faut savoir que la différence entre une céréale sauvage et une autre cultivée est que la sauvage est destinée à s’éparpiller arrivée à maturité. C’est-à-dire que le grain se sépare par le vent de l’épillet ; ou encore c’est l’épillet qui se scinde en autant de grains sous l'effet du vent pour une plus grande possibilité de semis. Tandis que la tranformation humaine, la marque de la domestication sur la céréale fait, que par un choix judicieux que l’on va discuter plus loin, au contraire, pour une raison de commodité de transport et de meilleur gain, le grain et sa glume doivent rester soudés à l’épillet.

Un autre facteur important pour la tentative de compréhension du passage de la cueillette-chasse à l’agricole est que le grain d’une céréale reste fertile alors même qu’on le cueille avant sa maturité achevée. Et de le cueillir bien avant sa maturité, si cela lui enlève une bonne part de son pouvoir nutritif tout en étant fortement goulaillant, tendre, goûteux, laisse la possibilité, encore une fois, de transport plus aisé pour la manger plus loin, pas seulement à l’endroit où on le cueille.

Troisièmement, de cueillir, avant sa maturité complète, un « champ » de céréales sauvages, empêche notablement que le grain se resème de lui-même. Ainsi on s’apperçoit de la relation entre une récolte totale, « par le vide » et le fait que l’année d’après la récolte est moindre, beaucoup moindre ou inexistante ; c’est-à-dire qu’il faut laisser du grain sur le sol pour en récolter ultérieurement.

Le passage d’un état d’esprit de cueillette-chasse à celui d’agricole est une franche transformation de la compréhension du monde ; transformation qui est, semble-t-il, irréversible (mais évolutive, sans doute, améliorable ou qui peut servir de tremplin pour une stade de compréhension — de transformation, donc — du monde différent… si on en a encore le temps). Il faut penser radicalement différement pour inventer l’agriculture. Cela n’est pas si vieux (environ 9000 ans). On devrait pouvoir le comprendre.

La relation entre le coït et la reproduction n’était pas encore établie : elle le sera beaucoup plus longtemps après établie, plus de 4000 ans plus tard. La reproduction se faisait au gré des « dieux », c’est-à-dire des ancêtres féminins, car à cette époque, les dieux étaient en majorité féminins puisqu’ils étaient les pourvoyeurs de tout, que c’était par le féminin que se passait toute reproduction effective. Ceci est très important. La masculinisation des dieux est, elle aussi, tardive. On en connaît la manifestation à travers l’écriture, principalement, mais on peut supposer qu’elle s’est manifestée tardivement. Le vent engrossait les mamifères sauvages tandis que les femmes étaient engrossées par les esprits des ancêtres. Ces ancêtres se servaient de divers moyens pour parvenir à cette reproduction et les éléments fluides de la nature leur servaient de support : vent, eau, feu.

Ainsi, la graine que l’on voyait bien germer n’était pas la graine qui germait mais un autre phénomène à nous perceptible transformant en germination cette graine, en processus (et non pas en état). On avait deviné et observé ce devenir, mais on le comprennait suivant lui-même : un devenir, et non pas comme un état. L’ensemble du monde était un processus et de cette manière la mort n’existait pas encore.

La mort s’est manifestée dans les rêves humains, dans le souvenir : comment puit-il être que l’être disparu se manifestât à l’esprit alors qu’il avait perdu toute palpabilité, étant même putrissant, malodorant, pourri, désagrégé ? Cela n’est possible que par l’admission du souvenir comme matérialité (alors qu’il n’est qu’un effet de l’esprit : le souvenir est une interprétation de l’esprit).

Le rêve était la relation entre le monde du vivant et celui du mort. Mais le mort n’avait pas la contenance de celui que nous connaissons aujourd’hui : le monde DU mort n’est pas la même chose que le monde du vivant mais il existe bien, quand bien même les choses disparaissent et que ce que nous appelons « histoire » persiste et signe de ses signes le temps du vivant. Le monde DU mort est vivant dans le monde du vivant d’alors, puisqu’il demeurait dans la persistance de l’histoire (n’en déplaise aux théoriciens de l’écrit). La pensée qui enregistre, compare, pèse, suppose, etc. pouvait fort bien être la manifestation d’un dieu, son moyen de manifestation doté d'une amplification auquel on était mêlé, marié, fondu.

L’invention du feu n’a pas facilité l’affaire, si je puis dire, parce que les fumées sont parfois des moyens que les dieux utilisent pour entrer en contact avec le monde du vivant. Le monde du mort n’est pas du tout mort : il n’est pas palpable, certes, de la pulpe des doigts mais bien perceptible de celle des antennes de l’esprit qui detient, lui, précisément cette faculté de l'impalpable. Bien sûr, nous le savons, tout cela est une « vue » de l’esprit et n’a rien de concret en dehors de cette « vue ». Mais pour nos ancêtres, les fumées produites par le feu ne sont pas innocentes. Il est du plus intéressant de faire soi-même du feu « sans allumettes » pour s’appercevoir de l’influence du souffle et de la fumée dans sa confection devenue depuis longtemps indispensable. Les hallucinations (que notre monde abhore outrageusement alors qu’il s’y adonne avec autant de stupeur que nos ancêtres dans la publicité ou dans la guerre, à ceci près que le besoin manifeste d’idoles ne se prostituait pas : point de vente pour elles) n’étaient pas des hallicinations : elles étaient des manifestations des dieux vivants DU monde du mort vivant.

Ainsi est venue la conception de « la mort dans la vie » et de « la vie dans la mort ». Méditons mes sœurs et mes frères : il y a ici à matière ! Et quelle matière : celle de l’humain. Il était manifeste que la vie se renouvelle dans la mort, PAR la mort. Pour nous cela ne nous semble pas évident : il faut que la mort arrive, mais non pas pour annoncer la vie puisqu'elle n'est que la finitude d'une vie, mais le cours de sa continuité. Dans ces temps immémoriaux, la mort renouvelait la vie ; et cette manière de penser est restée longtemps après l’invention de l’agriculture pour se retrouver, par exemple, dans la pensée des Grecs archaïques, pensée que l’on retrouve un peu plus tard dans le « pharmacos », précisément.

Cette pensée, pour digression, se manifeste aussi par la transformation à travers la mort du « Roi » de la Reine. Celui-ci, servant de moteur(!) sollicitateur à la nature dans le cours de son mouvement (et par conséquent par son côté éphémère), provoquait par sa mort sa renaissance et la sienne propre à travers un autre vivant qui prenait sa place pour une destinée semblable. Bien sûr, la sexualité participait activement de la chose par les mouvements enivrants des pelvis énergétiquement mouvementées dans une pulsation soudée et corrélative.

Il est fondamental, pour le mode de penser dialectique de fortement distinguer toutes ces étapes éparses dans sa recherche pour comprendre cette transformation précédatrice à l’état d’esprit propre à l’adoption du mode de vie agricole : dépendre, et l’accepter en vers et contre le TOUT, du « produit de son travail ».

Dans ce cadre, pour nous faciliter l’affaire, nous pouvons comparer ces DEUX TOUTs l’un à l’autre comme étant exclusif l’un à l’autre (il n’y aurait pas, sinon, ici, l’occasion d’écrire cet article).

mardi, 18 mars 2008

Sur la mort volontaire

Seuls ceux qui n'ont pas vécu ont peur de la mort. La plupart des bureaucrates n'ont jamais rien vécu de leur vie de fesses-plates. La mort est la fin d'une vie, d'un vécu, d'une histoire personnelle. Et cette mort fait partie de ce vécu. Que ce soit pour cause de douleur ou quoi d'autre, le vécu personnel doit pouvoir correspôndre à ce qu'on en attend, soi, et non pas un autre qui n'a rien vécu de sa vie de salarié.

Cette crainte idiote de l'irrémédiable, pourtant appliqué partout d'une manière stupide (on le voit à l'irrémédiable de l'action humaine sur l'environnement et des ses conséquences), la distinction de l'irrémédiable du réversible, du vivant correspond à la crainte de perdre, de se perdre. Et zut !

De fait on meurt davantage pour ceux qui restent que pour soi. La mort fait davantage souffrir ceux qui restent que celui qui meurt. Mais ceux qui restent doivent respecter la décision de la personne qui meurt. Généralement, au cours de ces p… de guerres, on fait peu cas de la vie des autres. Pourquoi en temps de paix faut-il être encore plus barbares ? Parce qu'on culpabilise de n'être pas plus humain ? Où se trouve cette humanité : chez les autres ou chez soi lors d'une telle décision ? Faire souffir est-il plus humain que de répondre à un désir adulte ?

vendredi, 07 mars 2008

Les larmes des espoirs

Tant que le bonheur, la riance humaine dans le monde, restera liée à l'Économique, il n'atteindra pas son objectif : la riance humaine dans le monde.

Et comme ces satanés politiques sont liés plus que grossièrement à l'Économique, on ne peut attendre de ces gugus la possibilité, la mise en condition de l'obtention de ce bonheur (si tant est qu'il puisse être atteint : mais… comme simple opposé au malheur, ce sera déjà pas mal !).

Les politiques sont les larmes des espoirs. C'est à nous de nous prendre en main pour résoudre ce problème du malheur (comme opposé au bonheur, puisqu'on en parle) car ils n'en connaissent rien, ni du malheur, ni du bonheur qu'ils ne s'imaginent pas ailleurs que dans leur sphère du possible restreint par le commerce, le travail et l'Économique.

Dans un système social patriarcal, le sauveur est toujours le père : c'est lui qui est sensé procurer la nourriture, le confort, l'attribution des emplois du temps et la hiérarchie de ces attributions. Le "bonheur du père" n'a rien à voir avec celui de la femme, des enfants et de l'environnement. La collaboration, la coparticipation, le respect de l'autre (qui peut-être aussi le respect de soi : mensonge, calomnie, perversité des moyens) sont des ignorance de la politique comme du commerce : tous deux ont la même source : l'insatisfaction sans reconnaissance du possible et des dispositions à prendre de manière à la rendre peu admissible.

Pour maintenir son pouvoir sur les autres, le patriarcat corrompt tout : et principalement le bonheur (seulement considéré comme opposé au malheur). L'amour, le plaisir de l'ouvrage, l'immense ouverture de la connaissance sont pourris par l'Économique que la politique certifie de son baratin comme l'emballage la marchandise.

La politique c'est la publicité de l'Économique, qu'on se le dise !

mercredi, 05 mars 2008

Logement librement élu : communiqué de presse

""La liberté de choisir son mode de vie, d’habitat et d’accès à la terre, tant pour y habiter que pour en retirer sa subsistance sont les revendications principales de Halém (association des Habitants de Logements Éphémères ou Mobiles) et des réseaux qui ont organisé les Journées de l’Habitat Choisi ce week-end place de la Bourse à Paris. Les militant(e)s sont venu(e)s des zones rurales des Pyrénées Orientales, d'Ariège, de Bretagne, d'Aveyron… pour porter leurs propositions et faire connaître les avantages de l'habitat choisi à la capitale.

Dans un contexte législatif laissant de moins en moins de place aux initiatives autonomisantes, face à des pouvoirs publics qui ne répondent au besoin de chacun d’un lieu à partir duquel construire sa vie que par des solutions à court terme, nous demandons la reconnaissance légale d'une diversité de logements alternatifs, dont l’installation réversible et respectueuse de l’environnement sur des terrains non-constructibles.

Il est tout à fait contradictoire que les mêmes pouvoirs qui s’avèrent incapables d’assurer un logement et un revenu fiable à tou(te)s, empêchent les personnes qui le souhaitent d’y apporter leurs propres solutions.

Suite à ces journées, nous demandons à rencontrer les pouvoirs publics aussi bien au niveau national que régional et local pour préparer cette évolution de la législation, en passant par une période d’expérimentation et la mise en place d’un moratoire des poursuites sur les installations existantes.

La manifestation s'est terminée sur la décision d'organiser des “Journées d'été de l'habitat choisi” dans le centre de la France pour renforcer le mouvement et élargir le débat public.

Pour plus d'information :

Halém, 06 18 94 75 16, halemfrance@halemfrance.org, www.halemfrance.org

Ma Cabane, 04 68 05 69 40, contact@macabane.info, www.macabane.info

Inconduite nomade, 06 30 94 85 71, nomadinconduite@free.fr, http://katipik.free.fr/


Pour participer à l'organisation de ces "Journées d'été",
inscrivez-vous sur le groupe de discussion suivant :
http://groups.google.com/group/habitatchoisi/about?hl=fr""

mardi, 04 mars 2008

Habitat choisi

Journées de l'habitat choisi

Samedi 1er et dimanche 2 mars, place Bourse Paris

" Quel que soit le type de logement, beaucoup subissent leur habitat. Aujourd'hui, des centaines de milliers de
personnes ont décidé de le choisir en sortant des sentiers battus. Vie proche de la nature, éco-construction,
financement léger, autonomie et mobilité sont des critères de plus en plus retenus pour faire son lieu de vie.
Alors que certains maires souhaiteraient accompagner cette réalité, la répression étatique s'organise en refusant de
prendre en compte ses dimensions écologique, sociale et économique.

Dans un contexte de crise de société où la pression à l’uniformisation n'a jamais été aussi forte nous prenons la
liberté de choisir notre mode de vie, d’habitat et de subsistance sans accepter d’être victimes de discriminations.
Nous tenons notre légitimité du fait que nous sommes co-héritiers de la Terre sur laquelle nous exerçons notre droit
d'usage.

Nous savons tous que l'arrivée de nouvelles populations ces dernières années a permis de maintenir des services
publics (école, Poste, etc.), de faire vivre les commerces de proximité et de développer de nouvelles niches
d'activités (constructions en matériaux naturels, productions alimentaires saines, services à la personne, etc.). De
même, avec la pratique du spectacle vivant, la vie culturelle s'est enrichie aussi bien dans les foyers ruraux que dans
les lieux alternatifs.

Ce mode de vie est viable, décent, salubre, étant entendu qu’est viable pour une personne ce qu’elle est non
seulement prête à accepter faute de mieux mais qu’elle retient en présence d’autres alternatives disponibles et
financièrement accessibles pour elle. "

COORDINATION DES RÉSEAUX :
organisation, associations, participants :
nomadinconduite@free.fr

presse, communication :
HALEM : halemfrance@halemfrance.org, http://www.halemfrance.org/
MA CABANE : contact@macabane.info, http://www.macabane.info/

jeudi, 28 février 2008

La hauteur de la petitesse

On voit la largeur de l’esprit, et la hauteur de ses préoccupations, aux personnes auxquelles il se penche, que notre Nicozy Sarko-là centralise, pour les rendre nôtres, ses principales revendications : une loi spéciale qui outrepasse les Règles de notre Constitution pour à peine et au mieux, une trentaine de personnes (et à qui, plus tard ? On connaît les « dérives » de ce genre de loi : aujourd’hui le moindre quidam est identifié policièrement par son ADN) affectivement malades jusqu’à ne plus pouvoir se maîtriser (le viol-meurtre certes est grandement inférieur à l’insulte), et un déplacement personnel à la frontière d’un pays lointain pour UNE personne « otage » d’un autre système policier. C’est proprement minable : 41 individus tiennent le haut du pavé alors qu’on lit ici et là que nous sommes (nous, les Français) 7 millions d’indigents, 2,5 millions de SMIGards, que les prisons sont occupées à 120%, et le reste. En fait, cela revient à ces étranges proportions : la richesse cumulée de 1% des personnes les plus riches de la planète correspond à celle cumulée des 55% des plus pauvres. Il affectionne les très petites parties de notre population, d’un amour profond, eux, les « martyres du bas peuple ».

lundi, 25 février 2008

La gueule de bois dans l'eau bénite

Les pieds dans le tapis, il plonge la tête dans le bénitier pour passer sa gueule de bois. Président à l'eau bénite qui nous montre là ses amours à l'eau bénite en bénissant des diacres déjà bénis à l'eau bénite. Qu'attendre d'un tel président : de l'eau bénite ? Un bénitier à l'entrée du palais présidentiel ? Un châle sur la tête des femmes pour couvrir la sensualité de leur chevelure ? La circoncision dans la Constitution ? Une police spéciale pour faire accepter ces conneries par la persuasion de la prison psychologique ou physique ?

Sur le simple fait républicain : en quoi est-on obligé de serré la pince d'un type qui ne vous plait pas ? Et doit-on pour cela se faire insulter par le prétentieux parce qu'on vous dit pourquoi, même si c'est fantaisiste… et d'autant plus que c'est fantaisiste ? Est-ce là un acte sensé pour un être sensé que de répondre par l'insulte à une fantaisie ? Seul l'insensé peut répondre par une telle réaction à un acte fantaisiste, un acte aussi insignifiant pour une personne de la politique ; ou montrer son incapacité à dissimuler son ridicule.

Au hasard de l'Internet, j'ai trouvé un drôle de film qui relate le genre de relations entre l'eau bénite et le pouvoir : entre sabres et goupillons, sur ZaleaTV. C'est un peu dense, mais intéressant.

dimanche, 24 février 2008

"Casse-toi, casse-toi alors pauvre con va..."

Que ce soit envers un quidam ou une loi sanctionnée par le Conseil constitutionnel, c’est précisément la manière de se comporter de ce Nic-zy Sarko-là. « Vous n’en voulez pas ? Je vous la mettrai quand même, avec ou sans vaseline, avec ou sans journaliste, avec ou sans légitimité, pour des raisons, outrepasseraient-elles le droit des gens, dont je suis seul à percevoir l’importance, car l’importance c’est moi ».

C’est de cette manière qu’il est arrivé à cette place qui, selon lui, en a fait quelqu’un de plus grand ; mais le si peu d’aménité qu’il y met, quel que soit le sujet sur lequel il doit prendre des décisions, nous montre qu’il ne s’agit, finalement, que d’une solution personnelle (comme résolution à un problème personnel) et qu’il n’est que capable de ramener cette position à sa propre hauteur.

La hauteur de son âme est à la mesure de ses compensations, de son « complexe » de savate qui le pousse à se rehausser. Les présidents que nous avons eus jusqu’à présent, s’ils voulaient chacun avoir l’ego satisfait de la plus haute place sociale, ils tentaient plus ou moins d’y correspondre, de répondre POLIMENT à ce qu’ils s’étaient engagés d’occuper. Notre présent Nic-zy Sarko-là ne s’en satisfait pas seulement, lui, pour la faire correspondre à sa hauteur : son but est bien de vous marcher dessus pour oublier quelque humiliation relative à sa bassesse.

Oui, effectivement, c’est un bon moyen, dans une telle disposition d’esprit, que d’atteindre la hauteur conférée par notre organisation sociale à la position qu’il a atteinte ; mais il apparaît à travers une telle manière de faire, la raison d’une telle démarche.

La situation d’un président de la République française est de maintenir la paix sociale, c’est-à-dire de faire en sorte que l’ensemble des gens, comme ensemble, aille au travail sereinement au moindre prix. En choisissant Nic-zy Sarko-la, les gens se sont identifiés à sa vergogne comme moyen de s’en sortir. Pour le moins, ils constatent que le résultat auquel amène une telle disposition d’esprit, lorsqu’il se reflète dans la réalité sociale dans une telle ampleur, relève de la simple disposition caractérielle, une compensation à une impuissance.

Sous prétexte d’y construire un monument de modernité, Pompidou avait supprimé de Paris les quartiers de l’Horloge et de Beaubourg où résidaient la Cour des Miracles, le règne de la vergogne. La Cour des miracles présentait la particularité de voir les estropiés de toutes sortes se redresser, leurs souffrances évanouies, une fois les frontières de ces quartiers traversées. Au contraire, Nic-zy Sarko-là a évité le recours à une disposition sanitaire aussi simplette : il l’a portée directement avec lui à l’Élysée. C’est qu’il y croit, le vergogneux, aux miracles ! Sa Cour aussi.

En tout cas, je ne sais si l'immunité présidentielle le protège de l'insulte publique (le site du Parisien et seulement lui — on parle aussi de YouTube ! — a été visité plus de 700 000 fois) ; dans ce cas, de porter plainte ferait du bien à ce petit malappris : pas de problème de témoins ! Pour une fois…

vendredi, 22 février 2008

À baizouille, baizouille 1/12ème

Dans DirectSoir du 4/02/08, p. 18, 75% des Français se disent insatisfaits de leur rapprochement amoureux. Quel enfer !

C’est qu’il y a 25% de mecs qui bandent pas — ce qui correspond en gros à 25% de femmes génitalement insensibles — , 25% d’autres qui craignent la perte de conscience — ce qui correspond à 25% de femmes qui craignent de s’adonner à l’acte d’amour — et s’en vont avant, et 25% qui se trouvent ridicules… enfin… la taille de leur pénis (pour les femmes, cela revient à considérer celles qui ont peur pour leur intimité) ce qui coïncide à une autre crainte qui est la confiance en sa relation à l’autre qu’on trouve toujours trop grande. À cela s'ajoutent les peurs sociales : la grossesse, les "MST", la violence, la domination, le profit, et le reste.

Tu m’étonnes qu’il y ait tant de bureaucrates, de politiques, de sportifs en gros, de spectateurs (on est plus sûr de ne pas manquer son coup puisque c’est d’autres que soi qui en prennent l’audace, la concentration nécessaire et la finitude qui satisfait par son simulacre).

C’est que c’est peut-être la seule chose, avec la guerre, où on ne peut pas prendre de police d’assurance, c’est-à-dire qu’on doit payer sur le tas et dans l’action pour avoir le retour d’amour qu’on donne selon la mesure avec laquelle on s’y est adonné.

Et on a oublié, précisément dans cet article, les vigoureux violents ou vigoureuses violentes (environ 15%) qui ne se préoccupent en rien de leurs partenaires et qui prennent comme ils ont dévoré quand on les a laissés sur leur faim : les détenteurs du pouvoir sur les autres, autres qui y trouvent une raison d’être (par l’autre et non pas avec l’autre) et situent là la petite satisfaction qu’ils requièrent de la vie.

Bien sûr, personne ne s’occupe de cette maladie épidémique, transmissible de génération en génération, plus fréquente encore que la carie dentaire ! Que nenni ! Juste à peine une émission de télévision par an, pas plus: c'est tellement brûlant, cette affaire, ce désir de bonheur avorté dans son intime même !

jeudi, 21 février 2008

Faut du cœur pour comprendre l'incompréhensible

Si un enfant ne réussit pas à l’école, s’il ne parvient pas à comprendre et assimiler ce qu’on lui demande, c’est qu’il a une toute autre préoccupation dans la tête que ce qu’on lui demande : ses parents qui, soit se disputent, soit ne s’occupe pas ou pas convenablement de cet enfant en question. C’est son milieu de vie affectif qui est déficient, pas lui.

Personnellement, qui ne suis pas bête, de l’école, j’en avais rien à faire : à la maison c’était un véritable désordre affectif et de fait, j’avais affaire au conseil de discipline au moins une fois par semaine. Non pas que l’école ne m’intéressait pas, mais que le comportement impliqué par ma situation familiale, était complétement à l’opposé de ce qu’on pouvait me demander.

Donc, si on veut avoir des enfants qui s’intéressent, selon ce que j’en connais (et la vie et plusieurs lectures me l’ont confirmé) à l’école, intéressons-nous aux PARENTS. Il en est de même des incivilités, et du reste.

Mais ce que je voudrais ajouter, c’est que j’avais FOI en ce que m’apprenait l’école jusqu’assez tard, finalement, jusqu’en 6ème, en gros. Lorsqu’on m’apprenait l’éducation civique, l’organisation de la société dans laquelle je vivais, j’en avais FOI, ce qui m’était dit était VRAI. Or, rapidement, j’ai été obligé de constater qu’on s’est moqué de moi. La lutte contre la pauvreté ? L’égalité dans le travail ? La société comme organisation humaine contre la faim, le froid, la solitude? Les syndicats défenseurs du salarié ? Les lois qui protègent tout le monde (et non pas les nantis) ? Et le reste : tout cela c’est de la nourriture sprituelle avariée, du mensonge, de la caricature de vie. Mais c’est cette caricature, et non pas la justice, l’équité, la répartion du fruit du travail de l’autre et du sien, qui prévaut.

Ce qui fait dire donc, qu’en sus des difficultés que nous éprouvions dans notre famille, loin de pouvoir asseoir notre affection sur le solide de la société et ce qu’elle dit d’elle-même, ce qu’elle enseigne, j’ai dû me rendre, hélas, compte que je devais me débrouiller seul. Hélas ! Ô combien hélas ! Hélas !

Qu’en est-il de nos gamins, aujourd’hui ? Quels exemples sont-ils proposés à leurs yeux et jugement (c’est pas con, un gamin, c’est rendu con par l’incohérence, c’est pas pareil ! Et il y a une relation immédiate entre la compréhension du monde et l’affectif, la MANIÈRE de le comprendre). Heureux celui qui peut trouver, dans ces turpitudes de malades, une voie qui lui apporte du bonheur ! Heureux lui !

dimanche, 17 février 2008

Georges W. Sarkozi

Le nouveau Mal de la République, que notre mâle présidentiel se met en devoir de pourfendre, est l’athéisme. C’est que notre Nonos (NS) a une terrible peur du vide : le monde sans dieux, comme sa jugeotte à la hauteur de ses talons. Il vaut mieux parler du vide que du plein qui manque !

jeudi, 14 février 2008

L'angoisse sur écran

La première des choses que j'ai pensée du monde est que le monde est à l’image de la perception que j'en avais, perception essentiellement gouvernée par le bon, l’avenant, le commensal, le consensuel. Niet ! Là, c’est un véritable plantage. D’abord les gens ne sont pas plus intelligents que moi (sinon quelques-uns qui utilisent la leur en image) et ensuite ils font de cette intelligence un tout autre emploi que le mien. Tout faux ! J’ai au plus profond de moi pensé que les problèmes vitaux que nous (comme ensemble « humain ») pouvions rencontrer ne demandaient dans leur résolution qu’un tantinet de jugeotte, un semblant de forme et un rien de poétique. Pète à ton cul, bonhomme : il ne s’agit, pour ce que je suis bien obligé d’admettre ce que l’on nomme l’être humain, à part quelques artistes infinitésimaux quant à la quantité relative, qu’une sorte de démerde fantaisiste dont on peut légitimement se poser la question du fondement, de la finitude (le but) et des moyens (le comment).

Aussi, las de cette manière de voir ou, peut-être, dissolu à cette manière de faire, je me suis penché sur les modalités. Ici, comment l’avouer ?, je n’ai pas plus davantage reçu d’encouragement à perdurer ma vie : la sexualité est une merdouille, la nourriture un consommé commercial et l’activité inhérente à tout être vivant un « travail ».

Parce qu’il ne SENT pas qu’il pense, l’être humain CROIT qu’il est autre chose qu’un simple être parmi d’autre. C’est précisément ici sa tare. La tare humaine est de penser qu’il est autre chose qu’un animal du fait qu’il pense qu’il pense sans s’en rendre compte. Enfin… il s’en est rendu compte sous la forme de l’Économie, ce qui est équivalent, finalement, je veux dire qu’il achète.

L’être humain consiste en l’image. Il lui arrive parfois de réaliser une de ces images, mais cela ne correspond que rarement à ce à quoi il s’attendait en réalisant cette image. Et il ne s’est JAMAIS penché sur ce fait de la correspondance entre l’image qu’il a d’une chose et sa réalisation ; je parle précisément de cette différence dont il fait une image, une inconsistance qu’il ne cherche pas même à réaliser et surtout pour ce qui regarde des conséquences de la réalisation de cette image..

S’il pouvait y avoir un sujet au plus haut précieux qui puit l’intéresser, l'engrosser, c’est bien celui-ci : quel est le processus de l’image ? Mais non, il préfère en rester à la seule image pour le plaisir de ne se réaliser pas ou sans conséquence.

Ainsi l’essentiel de son énergie est-elle consacrée au travail, la majeure partie de ses transports le sont au travail, sa reproduction même ne dévie pas de la notion de travail de la femme ou de son enfant en bas-âge, sa respiration, son sommeil, ses rêves cauchemardeux ou de fins de mois, ses bains rapides, sa bouffe rancie ou insipide, ses logements clapiéresques, etc., tout cela est consacré au travail au même titre que cette étrange satisfaction qu’il se permet d’octroyer à la sexualité qu’il confère à son existence. Et ce p… de travail d’avarier la planète, la vie sociale, l'amour, la connaissance du monde.

Alors qu’il est le seul animal sur cette planète (le présomptueux s’imagine pouvoir aller ailleurs ! quelle bourre !) à RÉFLÉCHIR sa pensée sur elle-même, il est le plus crétin des animaux qui peuplent cette même planète, la réduisant à ce mode de penser délétère, l’asphixiant, la polluant pour des millénaires, l’engrossant de ses pesticides, insecticides, herbicides et engrais indigérables, par la réalisation d’une PENSÉE mise HORS d’elle-même, du monde « réel », dans lequel pourtant elle est, se manifeste et se réalise.

Lorsque je regarde les débuts historiques humains, la pensée grecque ou romaine par exemple, je suis interrogé par son pur fonctionnement analogique comme mode simplifié de résorption de son angoisse devant laquelle cet être humain fuit sans cesse. Les formes du ciel devaient trouver une réalité humaine : il a inventé les constellations … et les légendes qui lui confèrent cette étrange réalité. Ce mode de pensée ne comprenait pas les aléas de la vie qu’il les transforme encore en « avanies » ou en « malheur » ou en « dieux » inventant par là-même le pharmacos propre à conspuer ce gênant du temps qui passe à travers une image du tangible : son angoisse !

De fait, il n’a jamais rien voulu d'un savoir relatif à son angoisse de vivre, jamais. Oui, certes, il y a eu des Freud, des Reich, des Ferenzi, mais cela lui échappe pour la plus grande part, car pour comprendre la solution qu’ont apporté à l’angoisse ces personnes, il faut s’être d’abord posé la question du questionnement sur lequel ces êtres se sont penchés. Ce n’est certes pas la télévision qui va permettre ce genre de (pré)disposition. Et il regarde pourtant avec une attention soutenue cette télévison précisément pour ne pas RÉFLÉCHIR cette angoisse en lui, même avec du vin.
C’est que le vin qu’il produit pour de ci vastes pensées est peu à même de lui procurer ce genre de vastitudes.

Peu à même de s’arrêter pour se regarder, le nez dans le guidon du paiement de son loyer, et du reste, bref… je me demande bien ce que peut être l’avenir d’un tel animal sinon qu’une mort à laquelle il est pourtant destinée. Mais lui qui se devait de soulager le mortifère de la sienne est en train de la plomber pour l’assombrir dans les vapeurs délétères qui soient, qui ont déjà eu lieu sous d’autres formes et qu’il est incapable de RÉALISER autrement, le bougre ! Boudu… ! combien ce public est d’un contentement facile ! Une guerre, un pseudo scandale, une demi-fesse épilée, un beau-parleur, un micro et un haut-parleur et l’affaire est dans l'sac !

mercredi, 13 février 2008

Retournement de la déviation

Une affiche de cinoch, en ce moment, dans les rues, montre un petit garçon face à un grand monstre. Décriptage psychologique : Papa, maman interdisent à leur petit garçon de se toucher ses parties génitales. Le « désir » (en fait : la force irrépringible de la vie encore non-domptée présente dans l’organisme, en mouvement dans le corps de cet enfant) grossit de plus en plus à tel point qu’il ne sait plus quoi en faire et qu’il s’en dissocie, qu’elle devient autre que lui par un rejet vers l’extérieur : elle se présente alors devant lui dans toute sa puissance plus ou moins monstrueuse. L’affiche fait percevoir et espérer qu’il réussit à maîtriser l’affluence de sa génitalité.

Et les gens, eux, qui vont voir ce film, vont voir quelle est la solution adoptée par ce petit garçon pour réussir à dompter cette énergie que leurs parents leur avaient interdite de résoudre par la manière naturelle : de simplement se toucher les organes génitaux et d’en satisfaire le besoin de satisfaction, qui sont une affaire intime, personnelle.

On montre principalement la résolution de ce problème dans la personne d’un petit garçon : c’est que le sexe masculin est, lui (et si on veut !) visible lorsqu’il est en érection : c’est plus facile. Mais il arrive aussi qu’on montre cette solution (en image) du problème de la génitalité chez l’enfant par des grottes, des images sombres et gluantes, etc. Le problème n’en est pour autant jamais résolu, car la solution proposée est extérieure, extériorisée sans plus de relation physique qu’une relation psychique, en image, avec la personnalité.

C’est qu’il est difficile d’admettre, pour de telles personnes, que le seul fait de montrer de telles images montre à la fois A — le problème ; B — la manière de le résoudre qui est à l’image de cette image (c’est-à-dire impossible de cette manière !) ; C — le désir que l’on a à la fois de le résoudre et de ne pas le résoudre (et comment donc, puisqu’on a séparé la racine devenue problème de ses feuilles ?) et D — la satisfaction que l’on a de le voir perdurer, puisque c’est ce mode de vie qui vous permet, maintenant, de retirer de cette manière encore de la satisfaction de la vie (en tenant éloignés le problème et sa solution pratique, radicale). On est pas sorti de l’auberge, les garcs, pas sortis du tout.

J’ai nommé l’ensemble de ces quatre éléments indissossiables une « préoccupation », je veux dire que, dès qu’un et un seul des éléments précités, précisément, de ce problème (la satisfaction génitale interdite au cours de la prime enfance et plus tard) est effleuré, c’est l’ensemble qui se manifeste et obnubile l’ensemble de la personnalité.

L’être qui a réussi le plus à se civiliser est celui qui a réussi à mieux montrer que ce problème ne le préoccupe en aucune manière (y’a qu’à regarder sa cravatte ou la manière qu’il a adopter d'emberlificoter les gens). Et celui qui aura le plus de succès sera celui qui, non seulement, réussira à démontrer que c’est là le moindre de ses soucis, mais encore qu’il peut vous apprendre à en faire le moindre des soucis pour vous, c’est-à-dire à vous faire miroiter que sa méthode (et il en existe un grand nombre, plus ou moins populistes) est la meilleure pour vous : vous n’avez, finalement, que l’embarras du choix, mais élisez bien !

Car réussir avec grand succès, vous-même, à faire une moindre de vos préoccupations de ce problème, vous devenez par là-même un meneur, une vedette, célèbre ! Il y aurait d’ailleurs de quoi en faire un film avec des images montrant des gros trucs sortant de l’eau, plus ou moins succeptible d’être votre « ami », par exemple, ou une balade bien angoissante dans une caverne humide, au plus proche de vous faire bouffer par un « alien ».

jeudi, 07 février 2008

Logique de l'affaibli

Les temps changent, c’est long, mais ça change : au Congrès sur le suicide qui se passe je ne sais où en ce moment en France, un psychiatre de renom a affirmé que l’alcoolisme pouvait fort bien être considéré, non pas comme une méthode lente de suicide, mais au contraire : comme une manière de NE PAS se suicider. Ça évolue tout ça, ça évolue !

En fait, c’est déjà commencer à admettre que pour supporter le contexte social dans lequel ils vivent, des individus éprouvent le besoin de boire, de s’en séparer par les effets de l’alcool. Bon… on va dire qu’ils sont faibles ! C’est pas si sûr. Sans vouloir dire que toutes les personnes qui boivent sont fortes, l’expérience que j’ai de cette société est que justement elle déteste les individus « forts », je ne veux pas dire « qui font usage de la force physique » je veux dire « qui supporte fortement de fortes émotions pour en jouir ». Dans ce contexte, je ne parle pas non plus de la souffrance, mais du plaisir et, dans ce contexte, par exemple, la relation sado-maso est faible.

J’ai émis il y a un temps l’adage : « L’humanité sera heureuse le jour où le plaisir aura cessé de faire souffrir ». Car c’est précisément l’incapacité à « supporter » le plaisir qui donne aux gens le désir de le faire souffrir, ce plaisir de vivre. Cette société admet les individus qui soulèvent de fortes émotions quand elle peut trouver un moyen de s’en séparer, trouver moyen de poser un écran « social » entre le soulèvement de l’émotion et l’émotion soulevée. L’émotion étant indispensable à la vie, au vivant, cette société soulève des émotions mais comme « mortes », comme exsangues de vitalité, des émotions dont la vitalité a été purifiée de sorte à pouvoir être admises par elle. « Tout ce qui était directement vécu s’est changé en représentation ».

Cette société considèrera donc comme vertu l’usage de la force physique, l’irrespect de l’autre, forces qui soulèvent des émotions sado-maso ou de victimes face à une perversité, des plaisir-angoisse. L’orgasme, qui est la FORCE de la nature se manifestant, est réduit à une éjaculation et un cri resté coincé dans une gorge ; et nous voyons ici la réalité de la liberté donnée à cette émotion, ce mouvement du vivant, liberté et mouvement qui se retrouvent partout ailleurs dans le monde humain, les relations sociales qu’il entretient avec lui-même, ces enfants en bas-âge, par exemple, SANGLÉS dans des poussettes et qui se tortillent comme des fadas pour se sortir de cette contrainte à la vie. Le pouvoir d’identification de leurs éducateurs (mère, père, etc.) est dans un tel abîme qu’il ne perçoit pas la souffrance de cet enfant, ne la comprend pas afin d’y trouver le remède adéquat à la vie en lui donnant libre cours et de trouver les moyens pratiques pour que ce « libre-cours » (je n’ai pas dit « licence », j’ai dit « libre-cours ») puisse se réaliser.

On a admis que la maltraitance à l’enfance se répercute sur sa vie adulte et que si la majeure partie des maltraités reste soumise à l’état des choses, pour lui laisser toute licence, elle va s’identifier à ces individus qui, eux, ont refusé la soumission et se sont « révoltés », qui ont refusé de se soumettre ; soumission dont ils sont incapables de se défaire par eux-mêmes. Bien sûr ce système est nécessaire pour que la maltraitance disparaisse par un jeu de balance entre deux extrêmes. Mais aujourd’hui on a perçu cette relation entre la maltraitance à l’enfance (ce genre de sanglage qui ressemble fort à l’emmaillotement des temps plus ancien, les meurtrissures d’ordre directement sexuel, etc.) et le comportement de cette personne arrivée à l’âge adulte. Mais non, on continue… On a fait la relation entre l’esprit « guerrier » d’un peuple et la maltraitance que subissent les enfants de ce peuple et notamment l’emmaillotement et le désir de se battre : une fois acquis la FORCE PHYSIQUE pour le faire, pour pouvoir affirmer son désaccord à la restriction qu’on apporte à sa vie (ne serait-ce que comme souvenir somatisé), on se met en « droit » de pouvoir manifester cette force ; et l’organisation sociale d’un tel complexe permet ce genre de chose, bien sûr.

La société va SE trouver des héros militaro-policiers, athlétiques, politiques, chacun dans son genre donnant à ce peuple la possibilité de rêver à un solutionnement de son problème : la vie vivante sans la maltraitance qu’elle a dû subir en bas-âge. Mais le moyen utilisé, la représentation du problème sans solution pratique et immédiate, n’est pas le bon.

Et pour celui, donc, qui n’a pas subi profondément ce genre de maltraitance, il est amené à vivre dans un contexte social dans lequel il est d’abord assez libre (puisqu’il ne conçoit pas l’entendement nécessaire à la compréhension de ce qu’il trouve évident et naturel) ; il en vient ensuite à trouver des sources de plaisir (musique, écriture, peinture, ouvrage) qui commencent à dénoter dans ce contexte par l’expression d’une liberté (pas une « licence ») ; on continura par trouver une manière de l’enfermer quelque part ; il commencera à être abasourdi ; il va mettre dix, trente ans pour tenter de comprendre ce qu’il se passe ; pour cela, pour se séparer du contexte social, il boira parce qu’il aura constaté que l’usage d’autres drogues ne permet pas de ne pas s’embrouiller dans cette affaire ; et finalement, quand il aura compris que cette société est véritablement effrayée par la vie vivante, il se demandera bien ce qu’il lui reste à y faire.

Pour aussi beau que soit le monde, il ne peut donner que ce qu’il a et on ne peut lui reprocher la misère humaine. C’est l’humain qui est responsable de sa propre misère, de la misère humaine, et nul autre que lui, partout sur cette planète. Il serait temps qu’il s’en rende compte. L’être doté par excellence du pouvoir planétaire d’adaptation est démuni face à lui-même tout simplement parce que le contexte social qu’il a créé, et donc il est l’émanation par la succession des temps, refuse d’admettre que, entre autres, ce « pouvoir d’adaptation », c’est la vie, une manifestation du vivant vivant.