dimanche, 20 janvier 2008
Le grossier du parcimonieux
Page 9 du Monde du 19 janvier 2008, une demi-page consacrée à de la pub pour des tires : « Meilleurs vœux pour l’environnement », c’est le titre de la pub. Alors, alors…
Une bagnole que cette pub vante produit en gros, selon des critères autogérés bien évidemment, 125g de CO2 au km. Intéressant pour l’environnement ? Une telle bagnole qui va à 90 km/h a produit plus de 11 kg de CO2 en UNE heure ; plus de 16 kg si elle va à 130 km/h. Il s’agit, bien évidemment, de voitures modernes sur lesquelles le constructeur a porté une attention sourcillieuse sur ce point, au point qu’il vante et s’en vante.
Ces bagnoles se sont vues décerner le « bonus écologique gouvernemental ». Il y avait effectivement de quoi en faire une demi-page. 48 millions de bagnoles en France qui parcourent, à 95% pour le transport d’une seule personne qui tient les gouvernes de cette petite boîte à roues et à volant, qui pue, environ 150 000 km par an.
15:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, écologie
Les excès du parasite ou le parasite de l'excès
Je ne sais comment dire. Il s’agit des OGM dont il est affirmé qu’ils minimisent l’usage de certains poisons chimiquement élaborés par l’humain pour les prémunir des insectes, des champignons et le reste.
J’ai un tout petit bout de terre (1m x 6m) et je plante des bulbes, des herbes, des trucs qui m’amusent. J’aime voir la croissance des plantes, leur floraison, leur fructification et leur déclin. Bon : chacun ses goûts.
Mais je vais relater une expérience que je trouve éclairante. J’adore la fleur de la capucine : ça a goût à poivre et c’est sucré. Je plante de la capucine de graines qu’une amie m’a refilées. Ça pousse pépère. Mais, à mon goût, ça ne pousse pas assez vite. Alors j’arrose copieusement.
Et un matin, je vois que ma capucine, bien gonflée d’eau, est envahi par des pucerons communs. Zut ! Je commence à les enlever à la main. Mais, les jours passant, l’ouvrage devient impressionnant ; et puis on a l’impression d’être dépassé.
J’avais lu un truc d’un Danois qui disait que la plante a une relation organique avec son environnement ; c’est-à-dire que ce que l’on nomme « maladie » chez la plante est une manière d’échange entre deux « trop », deux éléments qui sont en excédent, dont l’un pourvoie et l’autre dilapide. Et je me suis demandé si je n’arrosais pas « trop » ma plante.
Aussi, j’ai cessé de l’arroser, émettant l’hypothèse que l’eau du ciel lui suffirait. Deux semaines plus tard, elle était bien plus « maigrichonne » mais bien plus robuste, aussi. Et les pucerons avaient diminué en nombre d’au moins 75%. J’ai donc pensé que ces petites insectes profitaient de l’excédent de sève de la plante, excédent dont j’étais responsable par un arrosage excessif.
Je n’ai pas eu moins de fleurs car la plante était diminuée par les pucerons qui étaient présent sur les tiges à fleurs. J’ai eu le nombre de fleurs que ma plante m’a donné. Aurais-je utilisé un produit destiné à me débarrasser des insectes que ces fleurs auraient eu un drôle de goût : impensable, donc d’en utiliser.
Et puis j’ai lu chez Bourguignon que les engrais, en fait, « gonflent » la plante comme une baudruche mais n’apportent rien de plus que cette transformation gonflante. C’est comme de la poudre de talc dans la farine : le poids et le volume augmentent, certes, mais le pouvoir nutritif (ce à quoi la plante est destinée, finalement) n’est en rien modifié, sinon même diminué. Si je suppose que ce gonflement correspond à mon excès d’eau, il est normal donc que des insectes et des champignons se mettent à « profiter » de ces excès. Les « mauvaises » herbes (qui sont chez elles là où elles poussent, finalement !) profitent de même des excès humains.
L’usage des insecticides et des pesticides et des fongicides et des herbicides demandent donc une réflexion, indispensable, avant d’être utilisés : ceux sont là des POISONS, non pas seulement pour les insectes, herbes et champignons, mais à un ensemble dont les insectes, herbes et champignons sont une partie dans la relation plante/environnement. En fait, ces insectes, etc., sont là pour indiquer à l’humain intelligent un déséquilibre (par rapport à la destination que cet humain attend de SON usage de la plante) d’avec l’environnement de la plante et, plutôt, qu’augmenter ce déséquilibre, il serait plus judicieux de le comprendre et de l’utiliser à nos fins : pas de DÉTRUIRE l’environnement de la plante, bien sûr.
Cette réflexion, nul ne pourra l’entreprendre s’il n’est déterminé à botter le commerce chimique du pays de la vitalité. On en est loin, ne nous en faisons pas ! On a le temps de crever, du simple fait que le parasite meurt de ses excès sur le parasité : on le sait, on l’a étudié, répertorié, classé ; mais cela s’adresse aux autres animaux, pas à nous… ainsi que le raconte cette petite histoire : Un scorpion désire traverser un cours d’eau. Il va voir la grenouille. La grenouille est méfiante, mais le scorpion la rassure : « Si je te pique, tu meurs, et si tu meurs, je me noie ». La grenouille, assurée de cette logique, prend le scorpion sur son dos et se met à traverser le ru. Au mitan du lit, le scorpion la pique. La grenouille : « Mais pourquoi ? ». Le scorpion : « Nul ne peut outrepasser sa nature ». Il a crevé donc de sa bêtise mais en emportant quelqu’un d’autre avec lui.
Bien qu’il ne l’ait jamais été jusqu’au environ de 18ème siècle, si on veut, l’humain est devenu depuis cette époque un parasite : il n’a fait, finalement, qu’augmenter son domaine d’exploitation à la nature ce qu’il s’octroyait gentiment à lui-même. Mais si auparavant son action sur la planète ne posait pas trop de problème, si son sang versé par le fer et le plomb, ne faisait qu’engraisser la terre, aujourd’hui il a porté son exploitation au ROUGE feu.
Peut-être une solution viendra-t-elle quand il aura compris ce qu’est un « parasite » lui-même… peut-être ! Est-il assez humble pour cela ? J’en doute fort. Il ne sait pas ce qu’est l’humilité, sinon que de bigot qui n’a rien à voir avec l’intelligence.
14:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, écologie
Maxima des minimums
Dans le Figaro du 19-20 janvier 2008, page 18, il y a un article d’un économiste amusant. Dans les extraits, toutes les italiques sont de moi.
Il nous dit que l’OCDE s’est donné « de limiter l’augmentation de la température à un maximum de 2°C (3,6°F) au dessus des températures pré-industrielles ». (…) « Empêcher les températures de s’élever de plus de 2°C nécessiterait des réductions d’émissions draconiennes et immédiates. Pour les pays de l’OCDE, les réductions devraient être inférieurs de 40 à 50% de celles prévues sur douze ans ».
Autrement dit : non seulement les moyens prévus pour atteindre un objectif maximum de 2°C sont insuffisants de 40% à 50%, mais en plus il faudrait 40% à 50% de plus de mesures « draconiennes et immédiates » par rapport à celles PRÉVUES d’être adoptées. C’est-à-dire que non seulement nous restons dans la simple prévision, mais ces prévisions, ces rêves de résolution du problèmes, sont insuffisantes de 40% à 50%.
Il continue plus loin : « Notre objectif de réduction rapide des émissions de CO2 est à la fois inutilement cher et sans grande chance de succès. Au sommet de Rio de 1992, nous avions promis de réduire les émissions avant 2000 et nous avons dépassé l’objectif de 12%. À Kyoto, en 1997, nous avions promis des réductions encore plus radicales d’ici l’an 2010 que nous manquerons de 25%. » Joli travail n’est-il pas ? Ha ! ces politiques quels rigolos ! quels supositoires du Capital, quels incapables ! Ils réalisent, finalement, que ce qu'on leur permet de réaliser, ni plus ni moins et selon la seule manière dont ils sont capables.
C’est que notre économiste nous en donne une raison un peu auparavant : « Même si le consensus politique pouvait être atteint [remarquons qu’il ne s’agit que du consensus POLITIQUE, pas de la résolution du problème planétaire], le coût serait phénoménal : une simulation avance que le coût mondial total tournerait autour de 84 trillions de dollars, alors que les bénéfices économiques ne se monteraient qu’à un septième tout juste de ce montant ». Sacrifions le monde pour 6/7ème de dépenses exemptes de retour sur investissement ! Qu’importe la perte du monde face à une perte économique ! On voit aussi sur quoi se porte l’intérêt d’un tel artiste de l’Économie.
Ce point de vue émanant d’un « groupe de huit économistes renommés dont trois Prix Nobel qui travaillent sur la meilleure manière d’améliorer le bien-être global » (sic !) montre la borne de l’Économie ayant à ce point imprégné les têtes qui refusent à la fois d’admettre qu’il s’agit là du système générateur des nuisances mais aussi son incapacité à résoudre le problème qu’elle génère car elle ne pense qu’en « retour sur investissement » quitte à crever d’une constipation de dollars en décomposition. La solution, donc, du problème de ne pas dépasser de 2°C de réchauffement climatique (ce qui est ÉNORME à notre échelle d’humain) ne réside PAS dans l’Économie ; et pour résoudre ce grave problème demandant en plus 40% à 50% des dispositions draconiennes et immédiates que celles PRÉVUES il faut adopter autre chose qu’un plan de l’OCDE.
Cessons de travailler pour l’Économie est une des meilleures dispositions qui soit. À nous d’en trouver l’organisation, de rendre organique cette disposition adéquate et indispensable !
13:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, écologie
vendredi, 18 janvier 2008
Le commerce ? : la merdification du monde
C’est pourtant simple, non d’une pipe, le commerce c’est la merdification du monde. Pourquoi ?
Le commerce DOIT vendre : c’est son objectif, sa raison d’être, son existence qui nécessite son auto-existence et son auto-reproduction (aller, je n’y manque pas : sa bagnole-existence et sa bagnole-production). Pour vendre, il doit faire fabriquer des choses À VENDRE. Pour être vendues, ces choses doivent être achetables, c’est-à-dire qu’elles doivent contenir une utilité, un peu comme on est obligé de manger parce qu’on a faim et on a faim parce que l’on vit.
Mais on ne mange que ce qu’on a dans son assiette, c’est-à-dire ce qu’on a trouvé sur le marché des choses à manger, ce que le commerce vous donne à acheter (et oui : donne à acheter) ; à moins d’avoir des circuits différents que ceux de la marchandise — qui produite dans le but d’être de la marchandise et seulement cela (LeDoux produits 43 milliards de poulets tous identiques les uns aux autres au cours d’une année), non pas pour nourrir, mais pour être achetée parce que vous avez tout bonnement faim du fait d’être en vie. Ainsi, le commerce vous fait acheter n’importe quoi du fait que vous avez besoin de vous nourrir, sinon vous avez encore plus faim et parfois vous en mourez. Exactement comme les animaux d’élevage qui ne peuvent manger que ce qu’ils trouvent dans l’auge : PAREIL.
En dehors donc de la nourriture et de quelques autres trucs, on pourrait attendre de la production humaine des choses qui durent car leur renouvellement ne contient pas directement un caractère d’urgence, caractère que contient la marchandise. On pourrait attendre de la production humaine des choses une pérénité dans leur usage.
Or cette utilité qui perdure la vie avec le moindre heurt car « parcimonieuse » du temps, de la matière première et de l’énergie, est la contradiction même du commerce qui doit TOUJOURS et SANS FIN vendre en plus grand nombre. Pour cela il doit faire des choses qui ont l’APPARENCE de l’usage de l’utilité, sinon il ne vendra plus ! Dans ce but « VENDRE », le commerce concevra donc des choses, non pas d’utilité se rencontrant dans un usage, mais d’utilité se rencontrant dans le commerce pour lui-même, des marchandises. Et c’est ce qui se passe. Il s’agit de choses dont doit D’ABORD se débarrasser le commerce sous couvert d’une utilité d’usage et non pas de choses possédant une utilité, un usage utile destinés par leur judicieuse conception à une « économie » du temps, des efforts, des matières.
Nous n’achetons pas un interrupteur, par exemple, nous achetons un interrupteur à venir, car celui qu’on nous vend c’est de la daube : il ne VAUT rien en USAGE, sinon que notre argent pour l’acquérir. Lorsqu’on affirme que la panne est programmée dans l’usage d’une utilité, cela revient à dire que son utilité contient le « prochain » achat de la même chose. Vous saisissez ? Vous n’achetez pas seulement la choses que vous êtes en train d’acheter — et que vous acquerrez pour en avoir l’usage immédiat — mais vous achetez aussi la pérennité du commerce, la même chose à venir (ou une autre approchante) que vous êtes, présentement, OBLIGÉS d’acheter. Il est tout de même étonnant que, doué de la grande expérience de l’usage des choses, on ne crée JAMAIS de choses pérennes. Quand on démonte une chose tombée en panne, on s’aperçoit de la stupidité de la panne et on ne peut que constater que cette panne était, dès l’achat, prévue, qu’il est prévu que vous en achèteriez une autre incessamment !
L’ail rose de Lautrec est brûlé aux racines avant sa mise en vente pour qu’on ne puisse pas le replanter : qu’on ne me parle pas des produits issus de l’ingénierie biologique ici, où le grain récolté est rendu stérile afin de ne pouvoir pas s’en servir comme semence ! Les paysans français, ici en France, sans ingénierie biologique, font de même pour conserver leur prérogatives sur leur produit, tout comme ! pour conserver les prérogatives de leur commerce. Le commerce merdifie le monde.
« Ha mais… de toutes façons, le cœur de l’ail est indigeste », me dit-on. Tu parles, bouffi, dans de telles conditions, comment veux-tu qu’il soit mangeable. Car, c’est une manière de pensée qui envahit le monde : pour se prémunir de quelques pertes de prérogatives de commerce, on pourrit le reste du monde, qui est en proportion égal à ce que ne cache pas un écran de télévision, même grand format, par rapport au milieu où il déverse ses images ! Pour se protéger d’infimes (comparés à l’ensemble du monde) inconvénients, on va merdifier l’ensemble du monde.
Alors on va me dire qu’il faut bien CRÉER du TRAVAIL, une occupation de leur temps aux générations présentes et futures. Si tant est qu'on soit d'accord, d’accord, mais pas du travail destiné au commerce qui merdifie le monde : on en a le résultat devant les yeux dès lors qu’on les sort de l’espace ridiculement (tant dans l’étroitesse de surface que d’esprit que de ce qui y est montré qui corrobore sans fin le commerce) petit d’un écran de télévision que vous serez bientôt obligés de remplacer !
D’ailleurs, chers amis, le travail est toujours lié au commerce, et inversement : le commerce est toujours lié au travail d’un autre.
22:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
lundi, 14 janvier 2008
La policité publitique
Submergés par le nombre et la surface, tout le monde connaît la « publicité ». Il s’agit d’un procédé, arrivant selon l’ONU, troisième dans le monde selon le budget qu’on y consacre (après les ventes d’armes et celles des drogues illicites — dans lesquelles ont ne compte pas les « licites, je veux dire). C’est le troisième budget des dépenses de la planète.
La publicité c’est donner une image plus acceptable que d’autres à des produits mis en vente afin qu’ils soient davantage achetés que d’autres. On doit, bien sûr, faire ressortir ce produit, face à d’autres aussi mauvais, pour que l’intérêt de chaque particule composant le public, chacune en son âme et conscience propre, juge opportun d’en faire l’acquisition ; et pour les ceux-ce dont le sens critique est des plus cabossé, sans en avoir spécialement besoin.
D’autre part, ces produits doivent se vendre vite car d’autres suivent qui contiennent plus de « progrès » dedans c’est-à-dire dont l’aspect est plus attrayant idéellement ; et cette idée est que l’humain travaille moins, bien sûr. Mais, on le sait bien, en fait, il ne travaille pas moins quand il acquière de tels produits. La publicité est de rendre attrayant, par n’importe quel moyen (par omission, par pensée et par action) un truc, un chose, un bidule, une babiole, une baliverne. Souvent, dans ces pages que tu lis, cher lecteur, je parle de vin : c’est que pour manger la nourriture que nous propose le marché que la publicité nous fait accepter par la vénération qu’elle en donne, payée, il faut du mauvais vin ; et comme il n’y a plus sur ce marché que des choses (pas de la nourriture, de l’habit, du logement, non : des produits de l’agriculture, de l’industrie du vêtement, du parpaing, des choses) que du mauvais pollué, dé-goûté, aseptisé, etc., de boire du bon vin reviendrait à en faire la critique pratique : de prendre des dispositions pour pouvoir en boire du bon. C’est pour cela que celui que l’on trouve bon ici, est médiocre ailleurs, faute de gaité.
Le progrès consiste aujourd’hui à plus de police dans tout ce que l’on mange, boit, utilise pour se vêtir, pour se loger, pour se distraire : c’est ce qui lui donne sa consistance particulière. Le progrès est nécessaire à la publicité pour faire acquérir des produits du marché de la marchandise, des trucs, choses, bidules, fabriqués essentiellement dans le but précis d’être vendu : dont l’âme ne contient que cette destination qui est une série de transactions dont le dernier sujet est le « consommateur ». Le progrès, lui, est l’adjuvant permettant à la publicité de venter (mettre en vent ou faire du vent avec) tel ou tel aspect d’un truc, bidule, chose afin de justifier à la fois sa propre existence, à la fois l’existence du produit qui contient ce progrès et à la fois ce progrès lui-même, bien sûr. Et ce progrès (je me répète pour qu’on ne l’oublie pas) n’en est un que par rapport au produit lui-même, à sa relation avec d’autres produits similaires, analogues, identiques, c’est une technicité et rien d’autre ; une utilisation diversement ingénieuse appliquée à une chose, un truc, un bidule.
Pour vous montrer que vous êtes vraiment abrutis, la publicité suppose que vous faites de la purée avec des gants de boxe, par exemple, non pas pour tenir l’outil (un presse purée) à l’aide de ces gants (il peut y avoir des petites mains, n’est-ce pas) mais pour écraser les pommes de terre avant même qu’elles ne soient cuites. Il doit s’agir de rubymens, je pense pour savoir de la sorte faire de la purée. Et pourquoi cela, que vous êtes pris pour un abruti ? Pour vous montrer que vous seriez plus intelligent en employant un truc. Déjà je connaissais, au plus prompt, la simple fourchette, sans utiliser de gants de boxe, maintenant il y a un truc qui va me sortir de la connerie dans laquelle me noie la publicité pour me faire acheter son truc. Mais ce truc, est-il vraiment moins stupide ? Je vous laisse juge.
Un autre exemple : on voit un type, dans un rue brunâtre, seul, avec des cailloux assez gros derrière lui, comme s’il les semait.
On pense :
— Si c’est le Petit Pousset, il doit avoir une sacrée poche et il doit pas aller bien loin car une telle dose de cailloux aussi gros dans un tel but nécessite obligatoirement une brouette, or je ne vois pas de brouette. S’il ne s’agit pas ce personnage imaginaire, il doit s’agir d’un imbécile qui ne sait pas avoir la mémoire des lieux où il passe, parce que dans le forêt, je veux bien (encore que ????) et pour un enfant petit et maigrelet, mais dans la rue ? Et ce type ne semble pas petit et maigrelet. Il doit donc s’agir d’un paumé : le personnage que ce 3 X 4 me présente doit être un paumé. Il ne sait pas lire, demander sa direction aux gens, comparer un plan à une situation, et avoir peur de se perdre. Ce type, le pauvre, est mal barré.
D’autant qu’il s’agit d’un personnage isolé ; je veux dire : supposont que quelques autres personnes (parce qu’aussi stupides que la publicité voudraient qu’elles soient) se mettent à utiliser ce procédé pour revenir chez soi le nombre de cailloux qui jaloneraient le trottoir le rendrait dérisoire. Mais il s’agit précisément de cela : d’isoler les gens les uns des autres pour rendre (faire percevoir comme) indispensable et la politique et le produit de la publicité.
Alors je lis le laïus de l’image : on fait penser que le transport avec soi d’un appareil serait plus judicieux que la méthode que le sujet de cette image utilise. Ha bon ? Un type aussi abruti, savoir utiliser un truc moins stupide que lui ? Mais serait-il le trouver, déjà, qu’il risquerait fort de ne savoir pas à quoi cela sert ! Et, pour le trouver il faut savoir trouver un magasin (entrepôt distingué) où ce truc, bidule, machin-chose serait déposé et comme il est paumé, de toutes façons, cela ne va pas être facile pour lui. Alors, il va se mettre à demander aux gens sa direction, il va trouver un plan pour s’orienter, il va être obligé de se souvenir du nom de certaines rues. Ainsi, la démarche même d’acquérir le produit venté lui permettrait de s’en dispenser : il faut chercher à l'acquérir en toute conscience, en n'oubliant pas de trouver la méthode pour s’en dispenser. Cette pub est vraiment abruti ou alors il faut détenir une sacrée couche pour acquérir ce qu'elle vente.
Mais il y a des publicistes qui prennent encore les gens pour plus cons qu’ils ne sont eux-mêmes, et sans vergogne : je veux parler des politiques. Bon, je vois des réprobations dans la salle, aussi je vais employer la même méthode pour démontrer la réalité.
Il y a deux jours, on apprend que l’Angleterre a opté pour le retour au nucléaire, à travers des moyens privés. Il va être consacré environ (aujourd’hui ! on sait ce qu’il va en être demain : 4 ou 10 fois plus !) 100 milliards d’euros à l’affaire. Bien. Mais cette décision vient d’où, émane de quoi ? Des politiques. Et à qui profite ce genre de décision
Mais ce ne sont pas là les mêmes intérêts. Un politique, donc, est bien une publicité en chair et en os destinée à faire accepter l’invasion de la vie par des procédés pourrissant la vie, le vivant : j’en veux pour preuve le résultat dans lequel nous sommes aujourd’hui (ceux qui ne sont pas d’accord ne sont pas obligés de rester dans la salle : la porte leur est ouverte pour qu’ils puissent respirer l’air pur de nos villes, boire l’eau pure de nos robinets — quand il est encore autorisé de s’en servir pour s’en désaltérer —, de faire naître nos enfants dans des conditions humaines, pas selon des critères marchands pour le moins, de voir s’égayer nos bambins, librement, dans des espaces un peu plus larges qu’une maternelle, de faciliter l’attraction qu’éprouvent entre eux nos adolescents, et le reste : et en sortant de cette salle, ils peuvent le constater, c’est cela qui est de bien, dans notre monde : on l’a devant nos yeux ou derrière un écran publicitaire ou politique).
Un politique est une publicité sur deux pattes, qui vous parle personnellement en sollicitant personnellement votre approbation, votre vote, avec une intelligence autoformée pour faire admettre son indispensable présence (comme un syndicaliste, finalement, ou un avocat) émergeant du commun par une adaptation mièvre aux dispositions du commun déresponsabilisé de son action sur le monde, personnellement, dont l’objet est cette émergence et qui doit, pour cela, bien comprendre que son intérêt est celui de quelques autres, ou bien réellement, (industries pour faire travailler, oups « pour donner du travail ») ou idéellement en vous bourrant à la gueule des produits de progrès, comme des produits du progrès que nous ne cessons d’être d’ailleurs (le lait maternel contient plus de pesticides que des légumes frais).
Un politique est un maquignon : quelque chose qui vous achète à moindre prix à l’aide de toutes les ruses qu’il dispose et qu’il a apprise dans ce but et que vous êtes prêts à gober ; et c’est un margoulin : quelqu’un d’intermédiaire qui vous fait acheter n’importe quoi à n’importe quel prix. Vu que ni l’un ni l’autre n’ont d’âme que le vent qu’ils possèdent et professent pour des intérêts qu’ils sont obligés de dissimiler (comme la publicité « normale » ne parlera jamais de l’impact du produit qu’elle vente sur le monde), ils ne risquent pas d’aller en enfer puisqu’ils y sont déjà (sinon ils ne feraient pas ce drôle de métier, ils seraient honnêtes), ni de percevoir celui qu’ils génèrent dans notre monde par leur maquignonerie et leur margoulinerie. Et la publicité comme le politique sont on ne peut plus « sincères » ! Vive la policité publitique.
Bien sûr, je ne renie pas que la douche, la machine à laver, la maternité assistée, les contraceptifs, etc., sont là des progrès humains. Ce dont je suis sûr, est de tenter de comprendre pourquoi cela a mis tant de temps à venir, car il ne s’agit pas de progrès, de technicité, mais bien d’une compréhension du monde, de ce que l’on y est, de ce que l’on est et de ce que l’on veut y être. La publicité et le politique masquent ce progrès-là pour des intérêts beaucoup plus avariés, bien que divers.
En conséquence, il y a donc un dispositif destiné à faire acheter au fretin du fifrelin, c'est la « publicité » ; et il y a un dispositif destiné à faire accepter, à faire admettre la nécessité au fretin du gros tirefond : c'est la « politique ». Qu'on se le dise. Quand l’ONU a calculé l’importance du budget de la politique, elle l’a certainement compris dans celui de la publicité !
11:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique
jeudi, 10 janvier 2008
C’était quoi le Moyen-Âge d’avant la Renaissance de notre président
Est-ce la perte, depuis 1978, de tous nos avantages sociaux ?
C’est la retraite beaucoup plus tard, c’est les heures sup’ à 110% au lieu de 125 les deux premières et 150 les suivantes ?
C’est le grignotage de la protection sociale ? C’est être traité de délinquant lorsqu’on se met en repos de travail ?
Au cours de ce Moyen-Âge, le temps de bouffe à midi était compris dans les heures de travail, et compté dans le temps de travail : on courrait pas après un sandwich mangé sur le pouce le cul sur un banc public ; il y avait une prime de transport bien plus intéressante que la moitié de la Carte orange.
Au cours de ce Moyen-Âge, si on était pas content d’un patron, on changeait de turne : dans la semaine qui suivait, on en trouvait un autre, sans faire de courbettes ou même de sourire : travailler, à cette époque lointaine (30 ans !) était considéré comme une tâche à accomplir, pas un devoir vous demandant votre âme et votre conscience même s’il est stupide.
Les bureaucrates, à cette époque n’étaient aussi dégradant qu’aujourd’hui et aussi indispensables, surtout, avec leurs exigences personnelles et leurs interprétations personnelles des textes qui sont pléthores. On ne demandait pas un certificat de religion pour avoir une carte d’Identité nationale.
Au cours de ce Moyen-Âge, il y a environ 60-80 ans, les Immigrés venaient, étaient exploités selon les critères français (et non pas de leur pays), se taisaient plus ou moins et mettaient au moins trois générations pour se dire intégrés et affirmer avoir réussi dans la société française. Je ne dis pas que c’est le mieux, je décris. Mais notre président de la République, lui, est un immigré de première génération, issu d’un famille riche dans son pays d’origine et élevé en France dans cette famille possédant encore les caractères et les critères de vie de son pays d’origine. Notre président ne se comporte pas comme se comporte un politique français : il est insultant, il a de la gouaille, il pérore (Moi, j’y suis arrivé ! Et regardez le bien ! Devant les 600 journalistes que j’ai invités !), il n’a pas cette prestance de l’homme politique français qui vous baise la gueule, certes, mais avec le sens de notre culture. Il ne comprend pas le Français. Il est passé par angoisse, ne l’oublions pas, face à une femme qui ne proposait rien de mieux et comme il est un homme, qui plus est pas très grand, il a eu, par négatif, la faveur du nombre, et de peu, de ceux qui n’avaient rien à craindre du futur, sinon l’angoissante perte de la pérennité de leurs propres acquis.
Quand on observe comment il répond aux questions (pourtant mièvres) des journalistes, il ne répond pas, il renvoie la question posée bien chargée d’une amertume qui ne vous convie en rien à en poser une autre, de question… sans avoir eu de réponse. Il a pourtant bien, lui, orchestré cette entrevue pour qu’on lui pose des questions, non ? Ha oui ! mais selon SES réponses possibles : il ne répond qu’aux questions qui ne le dérange pas (sinon, comme je l’ai dit, avec de l’amertume dans la non-réponse à la question) et ces questions auxquelles il acquiesce de répondre ne valent RIEN, sinon qu’à corroborer ce qu’il n’a rien à dire sans arrogance.
Les politiques qui l’ont précédé n’ont pas oublié ce fait de passer de peu, ils modéraient, en somme (y’a qu’à voir le Mitmit et son revirement bourgeois) l’élan de leur bêtise car les gens allaient rapidement dans la rue. Notre président, lui, vous pourfend d’une théorie de la Renaissance, de la politique de l’Homme (le goujat en mal d’érection : et la femme ?), d’une civilisation en décrépitude justifiée comme nécessaire.
J’en arrive à penser qu’il va devoir utiliser tous les moyens policiers disponibles légalement pour faire taire toute critique désobligeante ; et sur ce point on ne pourra pas compter sur les journalistes pour protéger ces critiques désobligeantes ! La fameuse protection des sources des journalistes, c’est comme le reste : une transaction où le perdant légal sera celui qu’on donnera pour gagnant : mais de quoi ? Le flicage d’Internet, le système d’empreinte génétique qui s’étale sur les délinquants de droit commun, le déploiement d’une police « scientifique » disposant de fichiers divers et variés proprement rangés sur des disques durs aux localisations incertaines, en sont des prémices grises mais réelles.
Il se comporte comme un roi qui n’a de compte à rendre qu’à son idéologie et son idéologie venteuse justifie n’importe quoi qu’il fasse, APRÈS coup. « Non, je ne toucherai pas aux 35 heures parce que… », « Je souhaite la fin des 35 heures parce que… ».
Il se fait inviter par des rois, et il invite des rois, à la « démocratie » douteuse, sexiste, parfois violeurs consentants, souvent despotes pour affirmer qu’on les fréquente pour le bien du peuple qui y trouvera plus de travail. Voilà une belle gageure : en quoi cela va-t-il profiter à ces pauvres travailleurs, dont le travail est de moins en moins payé certes mais bien plus que dans les pays où ce travail est exporté ? Qui va aller travailler au tarif des pays en question ? Avec quelle prime de déplacement ? Et qu’est-il d’exportable au prix où il est fabriqué en France dans des pays où le « pouvoir d’achat » est risiblement bas ? C’est ridicule ! Ce n’est qu’aux firmes que ces transactions vont profiter, et à personne d’autre.
Tous les politiques s’identifient à cette personne, à son comportement, sa prétention maladive ; ils voient dans cette personne ce qu’ils ne sont pas arrivé à faire : bousculer tout un chacun avec la force d’un tirailleur, d’une charge de cavalerie à laquelle il donne consistance par leur nombre d’abasourdis. Il ne tient que par le paravent des autres politiques désirant, rêvant une ascension aussi fulgurante. Mais même Pasqua s’est fait baiser la gueule. Il mange à tous les râteliers non seulement parce qu’il est sûr d’y trouver toujours le même goût, mais aussi pour s’approprier le râtelier des autres, se les faire soi. Les critiques douçâtres qu’on lui oppose n’ont que la consistance de ceux qui les portent et qui ne voient rien parce qu’ils lui ressemblent en un endroit, quelque part.
Il est le parangon de l’individu politique moderne français de première génération en ce sens particulier qu’il ne forme pas à proprement dit lui-même une unité, mais est la somme de parcelles d’unité : un peu de LePen, de Chirac, de Mitmit, de Derichebourg, un peu étranger, etc. avec la force du dispositif relatif à l’argent du capital, c’est-à-dire la PUBLICITÉ et son empire qu’elle cache par des images autodigestes.
Rien ne peut renaître du mort : seul le vivant apporte la vie qui se reproduit, le mort est mort : c’est définitif !
10:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique
mercredi, 09 janvier 2008
Misère de la sarkozition, sarkozition de la misère
Notre président a été élu par les 55-65 ans qui ont été les seuls à le soutenir avec plus de 65% de leur suffrage ; le reste étant resté kifkif. Cette bande de la population à la retraite ou très proche de la retraite, n’ayant plus rien à demander au monde duquel elle a acquis ce qu’elle considère comme un minimum, a craint pour ses sous et ses capitalisations. Mais si Farcozi a été élu, c’est du fait de cette bande de molassons.
Durant la campagne présidentielle, il n’a jamais été question que « la France soit l’âme de la nouvelle Renaissance dont le monde a besoin » (Le Monde du 10 janvier 2008, page 20 et 21).Pour aussi molassons qu’ils puissent être, la bande en question n’aurait pas voté pour ce type car ils auraient tout de suite compris que l’usage d’une telle expression sonne creux dans le creux de leurs oreilles : intéressée d’accord, mais con pas tant ! Pourtant notre ami des Farc l’utilise aujourd’hui en la présentant comme un projet de civilisation… humaine, comme résolution du problème de l’amour entre la femme et l’homme et réciproquement, le respect de l’enfant, la bientraitance de son environnement, la modestie de se savoir un moment dans le temps de l’Histoire, de notre histoire, une solution approchant la résolution de la misère HUMAINE ? c’est-à-dire sa compréhension ? Hummm.
C’est quoi cette Renaissance dont le monde aurait besoin ?
Ce terme se réfère à la Renaissance du XIVème siècle : l’invention de la marchandise, c’est-à-dire la perte du travail autonome par l’instauration du travail salarié, autrement dit la création d’une nouvelle méthode de baiser le petit en le spoliant de sa capacité de vivre d’une manière autonome par l'établissement des crédits rendus possibles au moyen de la création du système bancaire. On ne tisse plus pour soi ou pour le seigneur du coin, on tisse pour des personnes dont on ne sait rien, qu’on a jamais vu et dont on entendra jamais parler. Les marchants ambulants s’occupent de liquider (transformer en argent trébuchant le solide de la marchandise produite) ce qu’ils ont rendu indispensable ici et ailleurs, toujours en différé. Le monde est clos par une philosophie adéquate, une science du nombre et de la précision, du rapport des transformations et du calculs des intérêts (le calcul logarithmique y trouve sa raison d’être). Bref, il s’agit d’un temps humain qui n’a pas moins apporté de misère, qui n’a pas solutionné la misère humaine mais l’a circonscrite dans de nouvelles murailles dont la solidité, bien qu’ébranlées par un bon nombre de révoltes, trouvent toujours à se réparer, à s’adapter, à perdurer jusqu’à aujourd’hui avec la forme particulière qu’on lui connaît : le spectacle autodigeste.
Que pourrait-il y avoir d’une nouvelle Renaissance en ce bas monde d’aujourd’hui ? Celle de notre président ? C’est qu’il s’agit d’une politique de civilisation ! Ce projet a une base, essentielle à son accomplissement : la complicité qu’on y mettra à le voir se réaliser : le TRAVAIL. D’ailleurs, on doit travailler plus pour gagner plus de travail et rien d’autre que du TRAVAIL. Supprimer le temps de travail, qui est un minimum de civilisation (de progrès, d’un pas vers plus d’humain dans la réalisation mécanique des tâches — à ceci près que cette réalisation mécanique des tâches doit comporter une critique sévère des tâches à réaliser : ne pas faire faire n’importe quoi à une machine revient à ne pas la faire TRAVAILLER), supprimer le temps maximum de temps de travail consacré au salariat (l’Économie s’effondrait sans le « travail » des associations bénévoles de notre pays) est de la plus grosse bêtise qui a pour obstiné objectif l’accumulation du travail « mort » : l’argent… enfin, ce qu’il en reste dans des comptes nébuleux de la richesse du monde : la « richesse » cumulée des 225 personnes les plus possédantes du point de vue de l’argent correspond à celle cumulée des 2,5 milliards des plus dépossédés de la planète, notre monde.
Cette vieille civilisation est beaucoup plus vieille que le temps du seul notre président (zut, je ne sais pourquoi j’ai le cure dent coincé dans mon dentier), basée sur l’utilisation faite du travail de l’autre par un autre que celui qui le réalise, le dépossédant par cela de ce qu’il est : un être humain RESPONSABLE de son action sur le monde, son monde, démuni même de son existence de prolétaire puisque le mot n’existe plus dans l’effectivité de ce qu’il permet de décrire, démuni des moyens de production de son monde comme de sa mainmise sur sa propre existence (« De plus en plus, les prix semblent être fixés à partir de ce que l’on [sic] pense que le consommateur [sic] est prêt [le con] à payer et non plus à partir d’une marge rajoutée à un prix de revient » Reine-Claude Mader, présidente de la CLCV in Métro du 8 janvier 2008 page 13). Une Renaissance du monde serait donc, en conséquence, par déduction et conclusion analytique, la LIBÉRATION du débile de son travail. Or c’est quoi que propose notre Farcozi en remettant « l’Homme au cœur de la politique » ?
Et d’ailleurs, ces producteurs du monde, s’y intéressent-ils ? À l’exacte mesure de la compréhension qu’ils ont de leur action sur le monde : un SALAIRE pour payer un loyer, la bouffe, des fringues, des amuse-gueules et des boissons frelatées ; parfois une capote quand il/elle est apprenti/e.
« La politique de la civilisation c’est la politique de la vie (…) qui est nécessaire quand il faut reconstruire des repères, des normes, des règles, des critères, (…) réconcilier l’ordre et le mouvement [han, déi, han déi, …], l’identité et la modernité, aider le monde nouveau à naître [poussez ! poussez !] et à s’organiser quand l’ancien n’a pas encore fini de se désagréger, réhumaniser la société, permettre à l’Homme [sans la femme] de reprendre le dessus [gloup-gloup], de mettre le changement à son service, de s’approprier les nouveaux savoirs. » C’est la méthode Farcozi de toujours finir par une banalité creuse ce qu’il vient de dire susceptible de profondeur. On voit que notre président perçoit bien ce qu’il a à combattre : ce monde en décrépitude.
En fait notre président, c’est la péridurale qui nous manque pour la naissance de son nouveau monde. Il y a que TOUS les bébés nés par péridurale naissent drogués : l’injection de corticoïdes normalement sécrétés par la glande corticosurrénale (administrée sous forme de bétaméthasone ou de dexaméthasone ) passe au travers de la barrière placentaire puisque cette barrière est encore, jusqu’après la naissaisance accomplie, nourrie par le sang artériel de la mère (qu’on s’empresse — allez-vous-en savoir pourquoi — de couper avant son achèvement en sectionnant prématurément le cordon ombilical). Les corticoïdes, selon ce qu’on attend d’eux dans ce cas précis, sont des substances s’opposant à la conscience de la souffrance… qui peut être détournée par d’autres moyens, bien sûr, que chimiques, mais qui donneront un point d’appui précoce au nouveau-né pour se sortir d’une situation stressante majeure, moyen qu’il utilisera, adulte, en vue de se soustraire pareillement d’une situation handicapante par la collision des représentations du monde du moment (la collision des idées) soustrayant de la certitude de la satisfaction son aspect reposant ; ceci a lieu alors que cette collision des idées n’a plus la stabilité du réel vécu comme certitude : ce que l’on vit alors est excessivement sujet à l’indécision qui ne se retrouve même plus dans l‘aléatoire, le chaos qui passe comme substance vitale dont on peut, encore jouir (par le vin, par exemple).
Et c’est quoi ce monde à naître ?
Voilà une excellente question que pas un journaliste n’a osé poser à notre président. C’est un monde où davantage les personnes qui le produisent n’auront plus d’emprise sur leur production, c’est-à-dire que la production de tels individus (225/2 500 000 000) se verra encore moins dotée d’une RESPONSABILITÉ se rapportant sur leur effectivité sur le monde.
Ce projet prévoit, cependant, selon les mots d’un Egdard Morin revus selon l’auteur de ces affirmations dérivées, « une politique de société [où] le resourcement identitaire [imaginez !], la moralisation [idem !], la solidarité [225/2 500 000 000], la convivialité [opposée] aux maux de notre temps que sont l’isolement, le cloisonnement, l’anonymat, la dégradation de la qualité [sic] de la vie [comme si la vie avait une autre qualité que sa qualité], de l’irresponsabilité ». Vu le nombre de bouteilles de vins qu’on me présente ici où là et la quantité relative de médiocres (proche des 99%) que je trouve aisément, ce monde n’est pas prêt de changer. Et tout cela pour être de la marchandise, des TRUCS dont le destin est de faire de l’argent et RIEN d’autre : pas de partage, d’honnêteté, de goût, de saveur, de plaisir (oups !), de divisibilité reconnue, de durabilité.
« C’est avec la même volonté de mettre en œuvre une politique [c’est quoi la « politique »] de civilisation [la politique ça n’est responsable de RIEN] que je souhaite engager une réflexion sur les moyens d’échapper à une approche trop quantitative [SIC !], trop comptable de la mesure [sic] de nos [sic] performances collectives. » La nouvelle bande « sarko » (qui vous sortira des plus mauvais passages) c’est la reconsidération de la MESURE du PNB. Nous avions du vin, nous avons quelque chose d’étrange (j’en suis arrivé à m’ébahir lorsque j’en trouve encore du bon !), nous avions un reste de mesure, ce n’est plus valable : la MESURE du capital va trouver de nouvelles assises qui vont le satisfaire. OK et certes. Mais à quoi, et où cela va-t-il nous mener ? À cette « nouvelle civilisation » ? Hé bé oui ! Le capital va trouver une autre, nouvelle, sarkosienne, MESURE pour se JUSTIFIER ! Quand on veut pisser dans un pot, le mieux est de trouver un pot à sa contenance, sinon ça déborde ou on est obligé, dans le cours de sa pissitude, de se retenir, ce qui n’est pas toujours très bienvenu.
Ainsi donc, dans ce fouillis des évènements dont ne distingue pas grand chose notre analyste en chef puisqu’il a besoin de deux experts internationaux afin de prendre « mieux en compte les conditions réelles et la qualité de la vie des Français qui n’en peuvent plus [les pauvres !] de l’écart grandissant entre les statistiques qui affichent un progrès continu et des [sic] difficultés croissantes [tient, une relation de cause à effet ?] qu’ils éprouvent dans leur vie quotidienne » il pose ses fesses.
Tout cela, en bref, somme quelque mésentente entre le pouvoir en place et ses administrés. Mon but, mon astreinte, est de montrer les limites de la cohérence des possibles : ici celle que propose ce gouvernant et sa clique, ceux pour qui nous allons parfois voter, et NOS possibles d’organisation sociale réalisés que nous montrons en maints endroits, autonomement, par notre propre base des réalisations variables et efficaces.
L’humain est ainsi composé, ce gouvernant l’admet implicitement et explicitement, que sa relation sociale trouve PAR elle-même sa complémentarité du seul fait d’exister en bonne intelligence. Il s’agit de s’adonner à cette « bonne intelligence » de ce que nous sommes, et peu en plus, sinon que des variations de cette intelligence selon son mode propre : variable.
Ce gouvernant admet aussi implicitement que le monde change par la tentative de gouverne qu’il tente d’impliquer à ce changement qu’il désire maîtriser. Il montre par la négation de ce qui est sans la synthèse qui en découle, que ce mode social de vivre est sur sa fin, à la fois écologiquement et à la fois socialement (ce qu’il nomme pudiquement « politique », le con) : pour lui « l’urgence est partout » car il est perdu dans ces contingences.
Ce que doit être sure l’organisation sociale à venir est l’absolu humain de l’abolition de l’obligation au travail. À s’astreindre [Ô joie !] à cette seule tâche, il se réalisera tel qu’il est : Humain, un magnifique Être de la vie… et non pas un misérable ! (225/2 500 000 000).
21:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
mardi, 25 décembre 2007
Jouissances endiablées
Mettons sur cette estrade la vérité et sur celle-là n’importe quoi qui est faux : l’humain va se tourner vers ce qui est faux. L’humain préfère la vérité, bien sûr, mais il trouvera toujours une bêtise pour s’en détourner. C’est que la vérité c’est fatigant, beaucoup plus fatiguant que la bêtise qui est, elle, pourtant bien fatigante.
Hé oui, pour aussi fatigante que peut être la bêtise, elle ne rebute en rien l’humain. L’humain est une bête de fatigue, et elle adore ça. L’humain déteste en idée le labeur, le travail bête, mais en pratique il l’adore et s’y adonne sans autre commune mesure qu’elle-même, et ce n’est pas de la tarte, cette mesure : un seul être peut la rivaliser et à lui tout seul il la rivalise, la surpasse même. Il semble qu’il lui manque tant de bêtise que ce travail, justement, lui en apporte d’autres ; en somme il a le sentiment de se dépêtrer des bêtises du moment en en pourvoyant son avenir immédiat de moins défraîchies.
Par exemple, l’humain déteste qu’on lui dise qu’il est borné : et pourtant sa nature le borne du fait de sa nature. Lui qui se croie au-dessus du monde parce qu’il pense, rejette avec vigueur, sinon colère, mépris et dépit, le fait d’admettre qu’il est borné par sa propre nature. C’est qu’il n’a aucune, ou si peu, connaissance de sa propre nature, il ne sait pas qui il est, sinon il ne prendrait pas à mal qu’on affirme être borné par ce qu’on est car, bien plus que des seules apparences comportementales, on jouirait de ce que l’on est : la vérité est jouissive. C’est parce qu’il ne connaît pas les limites de ce bornage qu’il s’inquiète de ne pas paraître intelligent et qu’il se met en pétard alors qu’on le lui dit.
Bien sûr il est toujours loisible de jouir des apparences comportementales pour ce qu’elles sont, en vérité, pour ce qu’elles voudraient être, mais pas si souvent pour ce qu’elles ignorent être et ce qu’elles veulent être. Un imbécile ne sait pas jusqu’où ou bien quand il est imbécile, le moment où il le devient, l’est devenu. On sait qu’il passe cette borne quand il ignore qu’il la dépasse. Son environnement détecte alors comme « un déplacement de l’attention du point central vers une périphérie incertaine », comme un évitement obstaculaire de ce qu’il n’est pas capable de comprendre et qui lui échappe, qu’il n’a pas vu et qu’il a pourtant contourné. On rit, chez lui, de son manque de prouesse intellectuelle et il en rit aussi car elle est risible, en toute bonne foi, comme système : de l’ignorance de sa mécanique et de la sincérité de son déroulement.
À ceci près que la bêtise, à l’encontre de l’imbécillité, se pose en sincère alors qu’elle a une idée dans la tête : « Comment vais-je réussir à lui faire acheter cette bêtise ». Ici, il n’est pas obligatoirement question de prix : il s’agit juste et seulement de faire accepter au meilleur coût et le plus rapidement possible telle ou telle idée de la relation qu’on entretient avec la personne et dont on veut qu’elle pâtisse sans que, finalement, on s’en rende, soi, responsable. Il suffirait d’écouter, mais on se fait avoir. Et on se fait avoir toujours à cause d’une autre idée que l’on a de la bienséance, de la décence, de l’honnêteté… que l’autre, l’inducteur de la bêtise, utilise car il ne la possède pas d’une manière aussi vivante. Et on se fait avoir.
L’humain n’est pas aveuglé par la bêtise, mais bien par autre chose qui lui fait admettre la bêtise pour plus valable que la vérité. L’humain voit, sent, perçoit, palpe même la vérité, lui trouve un bon goût (quoi qu’un peu fade), etc. mais il lui préfère la bêtise de loin plus riche, selon lui, en variétés, en formes, en fonds ; ce qui est faux, bien sûr. La bêtise est banale, morne, plate, uniforme, blanche ou noire, de droite ou de gauche, vieillotte ou jeune, défraîchie ou ravivée : elle se reproduit toujours avec les mêmes moyens, de la même manière et dans des formes similaires. On riait déjà dans le livre aussi vieux que la prostitution, des mêmes gags éculés sur la sexualité bête, insatisfaisante de l’amour, de celle de la femme comme celle de l’homme (à qui il ne manque aucune côte) que l’on rit de nos jours sans qu’ils soient plus crus car la chair est aussi fade, froide et flasque ; on est peut-être moins sanguinaire.
En fait l’humain n’accepte pas le mouvement à moins qu’il ne soit différé et exécuté par un autre, sinon il le tuera dans l’œuf, très tôt, intra-utero parfois. Si la vérité et la bêtise provoquent ou procurent une émotion, la différence entre l’émotion provoquée par la première est différente que celle provoquée par la seconde. La première est profonde, la seconde est superficielle. Vous allez me dire que c’est là un jugement moral, personnel qui n’est étayé par aucune étude sérieuse inférée pour écarter l’élément erroné qui formule mon hypothèse. Et si un des deux éléments est erroné, puisqu’il n’en reste qu’un, l’hypothèse est fausse et non avenue. Pour admettre donc que cette hypothèse est juste, je suis obligé d’admettre que la vérité est profondément émouvante et la bêtise supercielle, d’emblée. Ach’, me voilà bien coincé ! Je ne peux prouver la vérité qu’en posant pour certaine mon hypothèse. Zut. C’est plus une hypothèse, mais une vérité, alors… et je n’ai rien prouvé. Vous êtes donc obligés de me croire.
La vérité doit être prouvé, au même titre que la bêtise. Mais le problème avec la preuve de la bêtise c’est qu’elle est vraie et avec celle de la vérité aussi. Comment m’en sortir. Hé bé, y’a qu’à sortir de la bêtise pour voir si c’est vrai, n’est-ce pas ?
En conséquence, ce qui est vrai est vrai et ce qui est bête est vrai dans la mesure où je constate sa bêtise, sinon c’est bête. Savoir s’il est plus intéressant d’être dans le vrai que dans la bêtise est une question de goût personnel, je vous le concède. D’ailleurs, du fait de l’incertitude des bornes humaines, on ne peut être si affirmatif tant de la bêtise que de la vérité. Ces bornes sont flottantes, comme son angoisse et la bêtise étant le fruit de l’angoisse humaine face à la vérité, perdre l’une, perdre l’autre, tout cela est fortement incertain, c’est certain.
L’angoisse de l’humain face à la vérité, l’évitement, « le déplacement de l’attention du point central vers une périphérie incertaine » en corroborant l’incertitude de la vérité de l’être est le nœud de cette affaire.
Cette angoisse se répertorie en deux catégories où chacune d’elles ne voit pas son effectivité identique. Il y a l’angoisse flottante, inhérente au vivant et qui lui permet de se mouvoir, d’être différent et celle qui est en surplus de l’angoisse flottante qui est la conséquence de l’absence du mouvement accumulée, de l’angoisse flottante accumulée faute de mouvement. On voit que cette haine du mouvement, de l’émotion sinon que de loin et par un autre, trouve là son origine, sa « raison d’être ».
La « raison d’être » de l’angoisse flottante est la sauvegarde. Elle est un élément de la joie de vivre en immersion dans son environnement, le contact indispensable pour ne le perdre pas. Plus on va dans l’animal prédateur et moins cette angoisse a d’occasion de se manifester, car moins on craint pour sa propre existence (je n’emploie pas le mot « vie » : on ne sait plus à quoi cela correspond !). Ce sont les animaux prédateurs qui ont le sommeil paradoxal le plus profond et le plus long, et en ce domaine, le seul qui surpasse l’humain est l’ours. La nature n’a pas prévu l’arc et la flèche qui sont une invention humaine ; mais ça ne l’empêche pas pour autant de dormir, l’ours.
Dans la panoplie des meilleurs sommeils chez l’humain, on trouve aux moins bons le patron et le commerçant (qui ont peur l’un pour sa place, l’autre pour ses sous) et dans les plus profonds, l’ouvrier qui n’a aucune responsabilité. L’absence ou la profondeur du sommeil paradoxal rend plus nerveux les patrons et les commerçants et non plus intelligents ceux qui en profitent le plus. Quand je vous disais que nous sommes bornés ! L’intérêt des uns et des autres va à l’encontre de la résolution du problème du bonheur de vivre ! L’absence de sommeil paradoxal induit par accumulation une forte angoisse qui se nourrit elle-même par accumulation et trouve les ingéniosités pour l’induire chez les autres par accumulation.
On savait qu’une des jouissances diaboliques du riche est l’accumulation, en fait c’est un tic, il ne peut faire autrement pour satisfaire son impuissance face à l’accumulation de son angoisse provoquée par l’accumulation de l’absence de mouvements émotionnels profonds fruit de la vérité évitée qui donne ainsi à sa vie cette superficialité, « ce déplacement de l’attention du point central vers une périphérie incertaine ». Ce tic est contracté très tôt, dès la petite enfance, hélas, avant même l’apprentissage du langage. Faute de mots, il se manifeste par la production effrénée d’objets sur lesquels on reporte la stabilité de cette angoisse sans jamais trouver pourtant sa fixation, sinon que dans une autre dépression de cette affectivité devenue maniaque, par exemple, le retour sans fin d’une pseudo satisfaction insatisfaisante. Ou autre chose.
La jeunesse se trémousse et elle a raison. Vieille, elle fera un peu moins que ses aînés car elle se sera trémoussée un peu plus.
10:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, poésie, amour
mardi, 18 décembre 2007
Le malheur du pharmakos et sa valeur
Il fut un temps où les anicroches, les déboires de la vie quotidienne étaient pris pour des aléas. Arriva ensuite le temps où ces aléas devinrent, plus précisément au moment de l’invention de l’élevage, des coups du sort ; et pour finir ces derniers se transformèrent, après l’invention de l’agriculture, de l'araire, au néolithique, en avanies. En fait, la transition des « coups du sort » en « avanies » en très rapide.
Dans le lot de ces coups du sort, pour l’agriculture il y a la sécheresse. Je peux donner un exemple sensiblement parallèle : imaginons un instant une panne d’électricité qui dure environ deux semaines, au mois de février, à l’échelle de l’Europe. Le gaz aura lui aussi des difficultés à être acheminé vers les lieux où il serait très utile pour chauffer et les aliments et la maison. Les plus chanceux, ou prévoyants, ou ceux qui sont plus enclins à joindre l’utile à l’agréable, avec leur cheminée auront accès à la chaleur devenue indispensable aux animaux que nous sommes, animaux dotés d’une jolie peau rose et douce mais complètement inadaptée à de telles agressions climatiques.
Les plus malins iront rapidement chercher du bois, en voiture, et les pompes pour amener les liquides carburants des tanks au réservoir étant en panne, il y aura des maîtres-syphon qui auront inventé des dispositifs adéquats. Bien. Mais arrive rapidement le moment où les pompes des raffineries, elles aussi en panne depuis le début, hé bé, il n’y a plus rien dans les tanks. L’armée sera assaillie, ce qui n’est pas un mal et détroussée sera la grande muette, de ses réserves stratégique de carburant.
On retrouverait, tout à coup, un regain d’intérêt pour l’énergie solaire qui a toujours été là, à disposition, mais pas suffisamment monnayable pour avoir une valeur, un espoir de gain de cambiste. Je ne sais pas si la jugeotte de l’être humain sera assez prompte pour percevoir que l’énergie concentrée contenue dans le gaz et les hydrocarbures devra être immédiatement utilisée à des fins de transformations de l’énergie vitale, solaire, dans l’élaboration de dispositifs permettant de concentrer directement cette énergie à des fins humaines primaires (chauffage essentiellement)… je n’en suis pas sûr, parce qu’il va se mettre à espérer que son cas va s’améliorer, lui qui s’est tant endurci à la tâche et aux déboires, aux coups du sort, qu’espérer est devenu pour lui comme la quatrième roue de son carrosse, le bougre, une sorte de seconde nature, comme l’usage de l’électricité, par exemple.
Alors la grande majorité de nos êtres humains, désespérant de voir leur espoir s’étirer comme un élastique de plus en plus tendu et imaginant que cet espoir va les lâcher (alors que l’espoir est une interprétation de la passivité de leur attitude face à un déboire et non pas l’attitude positive adoptée face à ce déboire) et se rompre. La peur va saisir leurs entrailles et ils vont se mettre à prier le dieu du sort, celui qui assène des coups, qui gouverne si mal leur existence. « Ô dieu du sort, désortilège-nous, nous qui ne savons pourquoi tu nous affubles de ce sort qui pèse sur nous ! Nous sommes innocents, ou nous avons pêchés sans que nous en sachions exactement la manière, le mode, l’intention. Pardonne-nous ! Nous, pauvres pêcheurs ! ». Etc. Mais cela ne sera pas suffisant.
Dans de telles dispositions, l’être humain est borné (autrement aussi, d’ailleurs, mais sa légèreté naturelle, commune à tous les animaux à sang chaud ou froid, lui donne une sensation d’allégresse qui le met plus vigoureux quand à son action sur le monde, plus gai) et il reproduit, borné, ce qu’il est… ne pouvant faire autrement, sinon il ne serait pas, de cette manière borné, bien sûr. Donc, l’organisation qui lui a induit l’usage délirant d’une forme d’énergie dont la rentabilité — de l’élément encore en gangue à l’utilisation terminale — est de l’ordre de 13 à 15%, alors qu’avec l’usage d’un chauffage héliothermique l’utilisation de la chaleur solaire est quasi-immédiate (c’est pour cette raison précise qu’elle est dépourvue d’espoir de gain, de valeur), l’organisation, donc, de cette société autour de l’usage d’une énergie implique une organisation connexe : hiérarchie, marchandise, salariat et le reste.Donc (ter), notre animal humain, placé face à son grave déboire, priant, obéira d’autant mieux, irresponsable qu’il est, à ses chefs qui, mis dans l’obligation de trouver une solution, c’est-à-dire réagissant à ce qu’on leur demande de la même manière qu’ils le font aujourd’hui-même, trouveront des boucs émissaires pour calmer l’angoisse devenant dangereuse avec les propensions sanguinaires qu’on lui connaît lorsqu’elle arrive à un tel paroxysme (les stades de foot peuvent donner un aperçu de l’affaire, en microscopique). Ils trouveront des pharmakos, en grec ancien, de ces individus que l’on lançait du haut d’une falaise pour calmer les ardeurs du dieu des tempêtes, ces personnes qu’on dépeçait pour que le liquide lymphatique donne à la pluie le désir de mouiller, à des pendaisons pour que l’éjaculation fertilise la terre sèche, comme l’eau de la pluie (les deux tombent, n’est-il pas ?) et d’autres rites semblables ou différents.
Avec l'invention de l'élevage qui consiste essentiellement à infantiliser l'animal de sorte qu'il perde son indépendance naturelle (qui est pour lui une sauvegarde), l'humain a comme pris sur lui une disposition semblable en se rendant dépendant des dieux, en s'infantilisant. Le travail de Freud, avec son complexe d'Œudipe, finalement, n'est qu'une critique de cette dépendance enfantine et naturelle reportée et maintenue à l'âge adulte : c'est que les parents ne font rien pour que la conclusion de leur « éducation » soit précisément cette indépendance adulte vis-à-vis de l'enfantillage, d'une manière enfantine de résoudre un problème par ce que l'enfant suppose toute puissance : son imagination.
Mais, bien sûr, l’invention du pharmakos trouvera un moyen d’être utilisée parce que les gens sont ce qu’ils sont et tels qu’ils le sont. Je veux dire qu’avant la grande panne d’électricité évoquée tout à l’heure, son usage présageait de son utilisation. On a pris l’habitude de se défaire des insectes comme on a compris ce qu’est un microbe, un champignon ou un virus : par l’insecticide qu’on appelle antibiotique ou antiviral ailleurs, par un fongicide qu’on nomme fongicide ici-même. L’être humain est borné par la compréhension qu’il a de lui-même (et je ne saurais dire si c’est inhérent à sa constitution ou si c’est plus simplement culturel — culture où il y a à faire, tout de même) qu’il imagine toujours à l’extérieur de lui-même : il pense que ce qui lui arrive provient toujours de l’extérieur de lui, qu’il n’est jamais responsable (et c’est vrai qu’à un tel stade d’irresponsabilité il est irresponsable) de ce qui lui arrive, que c’est la faute, lui qui pêche par extraversion, du monde dont il se détache, se sépare, se dissocie.
Aujourd’hui, l’industrie pharmaceutique est un des aspects de la science du pharmakos et de son usage. On croit tant, on désire tant forte l’efficacité du pharmakos — cette résolution imaginaire à un problème réel différé et qui répond au désir de se défaire d’une souffrance en la différant, en la reportant sur un élément extérieur — qu’on pense solvable l’ensemble des problèmes réels que se pose à lui-même l’être humain, par un ensemble divers de dispositions pharmaceutiques : calmants, antidépresseurs, pesticides, antibiotiques, antiviraux, fongicides, engrais NPK, insecticides, transformation du pétillement concentré de certaines roches en énergie électrique, combustion de la transformation végétale dans le temps au moyen de l’oxygène du moment, et le reste, une concoction chimique détenant l’espoir tenace de s’en sortir par un bidouillage moléculaire. Certes, l’usage de plantes pour soulager la douleur d’un problème est utile, c’est sans conteste, mais de là à en faire un mode de vie, il y a un grand pas de franchi, trop grand pas. Dans les trois sources les plus importantes de revenus, l’industrie de la pharmacie (drogues licites) et celle des drogues (illicites) sont les deux dernières : la première provient de l’industrie des armes.
C’est en cessant de se dissocier du monde que l’humain trouvera une solution à son être et son mal-être, à ces catastrophes qu’il crée, génère, entretient, dans lesquelles il patauge avec tant de délice lorsqu’il regarde un programme télé élaboré par d’autres êtres humains qui s’y pataugent autant mais mieux payé : c’est qu’il y a plus de valeur à faire le clown que d'être face à lui. Mais le clown, lui, ne résoud rien, sinon qu'en imagination ! pour de rire ; et moins encore celui qui en rit.
Et, justement, puisqu’on parle de « valeur » (quel hasard !) : ne serait-ce pas précisément ici que se situerait l’extraversion de son intériorité perdue ? Hach’ ! Une grande panne générale, en somme.
11:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
mardi, 27 novembre 2007
Sens des proportions
J'ai entendu, à une conférence de Patrick Viverai, que la richesse cumulée des 225 (deux cents vingt cinq) personnes les plus riches de "notre" planète correspond à la richesse cumulée des 2 500 000 000 (deux milliard cinq cent millions) personnes les plus pauvres de la même planète (en fait je me demande si c'est la leur).
Et en plus on veux nous faire travailler plus pour vivre moins ?
Mais pourquoi ces pauvres acceptent-ils une telle déchéance de la vie ? la leur.
La richesse est une maladie des riches et des pauvres qui ne s'applique pas identiquement aux uns et aux autres et ne se manifeste pas par les mêmes symptômes chez les uns que chez les autres. Ici probèmes de cœurs, là problèmes de digestion.
Mais le tronc commun c'est l'appauvrissement de l'affectivité chez les uns comme chez les autres. Chez les uns, on n'y pense pas, en conséquence on ne perçoit rien et la scélorose affective ne fait rien percevoir ; chez les autres on est trop amoché affectivement pour penser à une autre plainte autre que ces douleurs d'estomac et de traîner la pattes derrière les uns.
Cette organisation sociale de l'affectivité est branque, totalement branque ; et ne trouvera JAMAIS sa solution car, justement, c'est la solution à cette folie qui en est la solution et cette maladie de l'affectivité ne peut elle-même se guérir. La SEULE solution est de ne l'acquérir point, de ne pas tomber malade, mais ces branques affectionnent particulièrement de faire que leurs enfants, la SEULE solution à ce problème de tordus, tombent eux aussi malades.
La perte du sens de la proportion est une manifestation de la perte de la vivacité affective, qui est elle-même la garante d'une autonomie sociale par l'adéquation de l'équité.
Travaillons moins pour vivre mieux et n'instillons pas cette vilaine maladie à nos enfants : le labeur, la soumission, la résignation, l'odeur du pourri (ou des gaz d'échappement, d'usine,etc.), la chéfitude et le reste. Laissons aux bœufs ce qui est aux bœufs, octroyons-nous la faculté d'être ce que nous sommes. Zut !
10:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, poésie, europe, amour
mardi, 20 novembre 2007
Réflexion lumineuse
C'est une expérience simple à faire :
Vous êtes dans une chambre noire, très grande. A un bout, vous disposez un long tube au fond duquel vous mettez une faible source de lumière. Dans cette chambre noire il y a une source de lumière au fond d'un long tube. En se mettant à l'autre extrémité de la chambre obscure, l'œil pointé vers la source de lumière, vous la voyez. Mais dès que vous vous placez perpendiculairement au trajet de la lumière, vous ne voyez plus rien : le long tube empêche de voir la source lumineuse. Vous ne voyez pas de lumière ; il n'y a pas de lumière pour vous. Pour voir la présence de la lumière, il faut interposer de la poussière ou un obstacle.
Lorsqu'on pointe un rayon laser sur un endroit, on ne voit pas le "rayon", la lumière le long du trajet : on ne voit que le point lumineux qui manifeste l'interception du trajet lumineux par une surface tangible.
Conclusion : la lumière n'est visible que lorsqu'on interpose un obstacle sur son trajet (œil, plaque photographique, etc.) sinon elle est invisible.
Autrement dit, nous vivons dans un monde où n'est visible que ce que l'on voit interceptant un rayon lumineux, tandis que l'espace entier est traversé de part en part d'un nombre sans fin de trajets lumineux, de lumière. Nous vivons dans un monde de lumière dont nous ne voyons que la réflexion. Nous baignons dans la lumière, comme nous baignons dans l'air.
Dans ce cas, l'ombre est l'espace de lumière qui n'a plus de point de réflexion, ou qui en a eu un. Ce qui revient à dire que, or les conditions particulières de la transparence et malgré le pouvoir reflectif d'une matière, un rayon lumineux (qui provient d'une source d'émission) ne peut aller au delà d'une matière située sur son trajet. On ne peut, tout autant, recomposer l'ombre du rayon lumineux.
Tandis que la lumière est invisible malgré sa présence, l'ombre est un endroit, un espace où la lumière est certes invisible mais précisément par abscence. L'ombre totale (par exemple la chambre obscure) est l'abscence de lumière.
Je peux, cependant, spéculer sur le fait de savoir si la lumière est gazeuse, minérale ou organique. La lumière ne se faisant pas d'ombre à elle-même, elle n'a pas d'existence minérale ou organique… à moins que l'on ait pas saisi quelque chose d'elle, comme on a pensé longtemps que l'air était sans existence pour cause d'impalbilité. L'eau fait obstacle à la lumière, ainsi que l'air. L'espace intersidéral fait très peu obstacle à la lumière : à travers des télescopes très puissant, on peut voir l'émission très très vieille de sources de lumières (les étoiles). Ce qui est amusant, car si on réfléchit, pour autant qu’on s’en donne les moyens, on voit toujours plus de lumière dans l’espace de la lumière : là où auparavant on ne voyait pas de lumière hé bien, en fait, il y en a. Et il n’y a que celle que je vois, non altérée par celle que je ne vois pas.
C’est le magique de l’affaire : tout est visible, dès lors qu’il y a une réflexion, sans que cette visibilité interfère avec elle-même ; c’est à dire que malgré l’incommensurabilité du nombre des rayons lumineux qui noient la réalité de l’espace, ce que je regarde est net, beau, sans altération due aux autres rayons lumineux. C’est que la lumière est invisible ! On ne la voit que par les objets (gazeux, minéraux, organiques) qui la manifeste !
10:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique
lundi, 12 novembre 2007
Mutilations génitales féminines
Voici une lien pour une pétition sur le sujet des mutilations génitales féminines.
Il y a une vidéo, je n'ai pas voulu la voir.
Voir aussi : la Commission pour l'abolition des mutilations sexuelles-France http://www.cams-fgm.org/
N'oublions pas, cependant, mes chers frères, mes cheres sœurs, une autre mutilation génitale sur le mâle de notre pauvre espèce : la circoncision, dont voici qelques liens :
Contre la circoncision, entre autres :
La Ligue pour l'abolition de la circoncision : l.a.c.free.fr/liens.html
les Juifs contre la circoncision : www.jewsagainstcircumcision.org/
et aussi www.enfant.org
15:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, europe, amour
mardi, 30 octobre 2007
Généraliser ce qui n’est pas généralisable
Voici un petit article sur l’agriculture moderne, son action, ses motifs, sa détermination et la mort.
12:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, écologie
mercredi, 24 octobre 2007
Présent de l'avenir
Plus cela va et plus on se moque de nous, les gens. Poser des alertes ne sert pas à grand chose, puisque les "gens" en sont submergés et qu'il ne leur reste que l'indécision, le doute, l'incertitude, la précarité : restons humains en sommes =
Pour l'Europe, un mot est dit ici de ce qu'il advient, à mesure que passe le temps, de ce qui a été voté "démocratiquement" lors du référendum sur la Constitution européenne ; et, substanciellement, la "subjugation" ou la subordination des journaleux de tous poils à l'établissement de la disparition de la liberté et de la responsabilité qui lui est corollaire.
On est pas très bien barré les mecs, sinon que sur notre route !
11:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe, politique
lundi, 22 octobre 2007
Cyprine et mouillure sont les mamelles de la vie vivante
Si je devais établir une bibliographie de ce que j’ai lu pour assertir mes thèses, le nombre des livres que j’ai lus ou étudiés est suffisamment important pour correspondre à moins des bouteilles de vin que j’ai bues. Ce qui est assez normal du fait que de lire un livre prend généralement plus de temps que de boire une bouteille ; et que si relire un livre qui vous a plu est encore possible, il faut en ouvrir une autre pour tenter d’en retrouver le goût qui se modifie au fur et à mesure qu’on la termine.
On peut aussi dire que le nombre de bons livres que l’on peut lire au cours d’une vie n’est pas très éloigné de celui des bons amis ou des amantes chatoyantes que l’on rencontre. Ce n’est pas seulement ici une question de chance (ou plus sporadiquement une affaire d’opportunité) à laquelle on ne peut pas grand-chose sinon que d’en suivre le cours qui va comme celui d’un torrent : parfois impétueux et souvent à sec. C’est que les rencontres sont pour une grande part sujettes à des idées du moment qui courent votre tête en ce qu’elles sont en correspondance avec votre cœur dont les dispositions ne sont pas toujours celles qu’on désirerait. Les rencontres se résument à des concordances éphémères où les amours que l’on voudrait propres se frottent à celles qui vous bouleversent pour vous émouvoir : on choisit ce qui vous mène au pire de ce que vous pouvez être sans jamais l’oser seul, car le partage est une jouissance communiquée (et alors communicable à plaisir) du fait que dans ce monde toujours emprunt d’angoisse, elle répond encore à une limite de permissivité, un encadrement duquel l’espoir de vivre se permet épisodiquement d’envisager un autre mode de plaisir plus simple et plus envahissant.
Oui, l’idée m’est venue d’une bibliographie vraie, mais l’écrire me fatigue déjà à l‘idée de l’établir : on ne boit pas impunément ! Le lecteur doit ainsi admettre, par sa propre expérience hydrique, que des fatigues ne sont pas toujours fertiles… pour son prochain. Je ne trouve donc confronté à cette sorte de résumé qui dit petitement plus que la quantité de mot qu’il emploie, mais qui n’en détient pas moins le poids de ce qu’il tend à affirmer : toute la littérature de mon temps, à de rares exceptions près, et ce depuis environ huit mille cinq cents ans, ne décrit qu’une seule et similaire angoisse de l’amour : celle de ne s’atteindre jamais dotée parfois de la profonde constatation de ne le pouvoir jamais profondément atteindre.
Point n’est besoin d’être grand clerc pour le dire ou pour l’écrire : cette persistance de cet impossible à atteindre a fleuré bon dans toutes les religions, tous les dieux, toutes les femmes violées et tous les hommes émasculés en symbole ou en tranchant. Et je ne suis pas le premier à mettre le bout de mon doigt sur cette affaire connue. Cyprine et mouillure sont les mamelles de la vie vivante.
L’occasion est de dire alors, sans aucune référence épistémologique par le singulier défaut de se montrer pléthorique, que le but, la recherche, la poursuite du plein amour, de l’orgasme extrait d’une prospection sempiternelle, de l’orgasme pulsionnel, battant du cœur et de l’esprit unis sans contradiction rédhibitoire, qui va et qui vient sans objet troqueur, ne se rétablit que par la reconnaissance de son impossibilité et la recherche effective, pratique et pratiquée de sa réalité… qui inclut ses défauts.
Ce que j’ai lu même ne me permet que de parler en quelque sorte que par énigme : respect de l’autre, incertitude personnelle, relativité des actes et des êtres qui les commettent. Moi même, ne suis-je pas qu’un simple poivreau… heu… poivrot ? Je vais vous raconter une histoire vraie.
À Paris, du côté des Halles rénovées, un contorsionniste fait sa planche (il s’exhibe pour gagner des sous). Des gens pourvoient à sa sébile, épatés par les formes qu’il donne à son corps. Passe un groupe de « jeunes » qui s’accapare en passant de l’argent entassé par le public. Le contorsionniste est stupéfait (mais on voit bien à son regard que ce n’est pas sa première expérience de l’affaire) et moi je suis outré de l’acte. Je proteste et m’interpose sur le chemin des ravisseurs. Je me trouve rapidement entouré et acculé à un grillage : on me demande des comptes ! Je négocie ma vie en jeu et reçois, comme un fauchage, un coup de pied au plexus d’un quidam de cette bande de pseudo-révoltés (en fait : des provocateurs d’émotions brutales et brutaux). Je fais triste mine : on m’oublie.Mais qu’en est-il des gens qui ont pourvu à la sébile et qui ont vu leur argent s’orienter vers une destination à laquelle ils ne l’avaient pas attribué ? RIEN, pas un geste, pas une moufte, comme on dit dans ce monde du réel.Pas un soutien, ni au frustré de l’objet de son travail, ni à une personne qui s’est offusquée de cette frustration. Des ploucs, comme depuis huit mille ans, la tête baissée sur leur incapacité de réagir opportunément aux actes de leur propre vie.Il en est de même de ces autres ploucs, aussi actuels, devant une télévision : le regard perdu, inactifs, devant le miroir de l’impossibilité qu’ils attendent de se voir refléter.
L’angoisse, à tout dire, ne se situe nulle part ailleurs que dans cet endroit du cœur qui craint de rejoindre son âme : l’orgasme. Si je suis qui je suis, c’est que je n’ai jamais, ô combien jamais, considéré comme une aventure le fait d’acheter quelque chose à prix d’argent et de toujours payer de ma personne pour obtenir ce que je désire.
En somme, un de mes résumés bibliographiques possible est de refuser le salariat comme alternative à l’angoisse, à celle qui, précisément, vous empêche de s’atteindre soi-même, à travers l’autre, la perte de l’angoisse. Le salariat est l’exacte mesure de la séparation des êtres comme proposition achevée à l’établissement de leur séparation.
21:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, humour, amour, poésie
jeudi, 20 septembre 2007
Taxidermie des émotions
Le mystère le plus interrogeant est celui de la vie sous la forme d’être animés et inanimés. Chacun naît, vit et meurt... selon un processus. Reste une énigme de taille : qu’y a-t-il entre la mort et la vie en tant que sens, mouvement continu de la vie. S’il est connu, dans l’orientation du temps, l’aspect que prend la vie dans sa manifestation particulière qui va de la naissance (ou peut avant : la conception) à la mort (et à la décomposition du corps qui a vécu), rien n’est vraiment su de ce qui se passe entre la mort et... ce que l’on imagine qui est, car il n’y a rien après la mort particulière, bien sûr.
Ainsi, l’être humain, doté de son imagination qu’il s’imagine être à même de résoudre les problèmes qu’elle pose, c’est-à-dire qu’il se pose à lui-même, a-t-il véritablement inventé pour combler cet espace de vide, d’inconnu, d’angoisse qu’il a perçue, au moyen de sa pensée, dans la mort, des systèmes imaginaires. Il faut admettre que le problème a été évoqué par cette angoisse qui a obligatoirement un répondant, une correspondance dans le vécu même de cet être imaginatif. Je veux dire que le questionnement de reconnaître véritablement ce qu’est la mort et ses amadouements, les caresses qu’on lui prodigue en imagination (même s’il s’agit de rites, ceux-ci ne sont que les gestes de ces caresses) proviennent d’une angoisse qui est, elle, bien vivante et que l’on a bien du mal à maîtriser.
Mais pour l’heure, je vais revenir sur les procédés que cette imagination a créés, sans résoudre à proprement dit l’angoisse qui l’a générée, pour s’adoucir ce néant qu’est la mort.
Généralement, chacun de ces procédés sont des copies de dispositions adoptées alors qu’on est vivant. On renaît à la vie-dans-la-mort lorsqu’on est mort. On ne peut admettre que l’on disparaisse totalement ou partiellement à moins de compensations, alors que l’on meurt, et cela pour plusieurs raisons. La première est la mémoire que l’on a des morts auxquels on a soi-même assisté. Les parents, amis, etc. restent dans la mémoire, réapparaissent dans les rêves, ses manifestent dans les ombres. Mais cela n’est que pure imagination ! Le mort est mort et ne peut réapparaître, se manifester, trouver une réalité à son image. Et dans un monde qui prend l’imagination pour une réalité, le rêve pour de la pierre ou de la nourriture, on ne peut penser autrement que selon la réalité que l’on concède aux images.
C’est bien là le hic. La prise de conscience de la lignée à travers la naissance de grands-mères à mères à filles à petites-filles, la notion d’ancestralité, de naissance de la tribu proprement dite et de son originalité ne peut admettre, puisqu’on existe soi, la mort, la disparition de ce qui fait votre substance même, l’élément vivant de la chaîne des corporalités qui vous a donné naissance et à qui vous donnerez naissance.
Le souvenir, la mémoire des faits, la prise de conscience de l’antériorité (expérience commune à l’ensemble du monde vivant, de l’amibe à l’humain), sensation du temps qui passe dans et à travers sa propre existence en tant qu’élément intégré à un ensemble qui vous dépasse mais dont à conscience de la grandeur, de l’incommensurable, de l’innombrable, pose le problème de la reviviscence. Et l’être humain trouve dans le monde qui l’entoure, des éléments qui lui permettent, avec un peu d’imagination, de corroborer ses sensations : la mue des serpents et de certains arbres, le retour du jour et de la nuit, celui des saisons, la naissance proprement dite, et la mort à laquelle on ne croit pas, le retour annuel d’une crue, le printemps, l’été et l’hivers, et le reste.
Passons en revue le passage de la mort à la vie-dans-la-mort. A toujours lieu une nouvelle naissance qui est assez semblable à celle de la vie. À ceci près que le mort passe par une sorte d’initiation à cette re-vie. N’oublions pas que cela est purement imaginaire ! La mort est une étape de la vie dans un ensemble qui va parfois (mais non obligatoirement) d’une réincarnation d’ancêtre, (et obligatoirement) une naissance vraie, une vie vraie, une mort vraie, un chemin vers la revie et la seconde naissance de vie-dans-la-mort qui est, finalement, la naissance de la « vraie » (en imagination) vie, un moyen de ne mourir jamais.
Pour naturaliser tout cela, l’humain (le seul animal sur cette planète qui cherche à retrouver à dehors de soi la réalité de sa pensée) imaginera des précédés, donnera à voir l’image de ces procédés dans des rites mortuaires qui baveront jusque dans son existence même, lui donnant l’orientation adéquate afin de réaliser la vérité de cette imagination... imaginaire. Une sorte de taxidermie des émotions, en somme.
Les dieux sont des concrétions d’émotions, des concentrations d’émotions, des concrétisations d’émotions. Et ces émotions, quel que soit le peuple auquel on se réfère, relèvent toujours de la mort et de l’angoisse qu’elle manifeste, c’est-à-dire l’angoisse qui se stabilise dans les dieux, dans la vie d’angoisse de la vie. Le problème premier de l’être humain réside dans la perception de son angoisse en tant qu’élément séparé de la vie, en tant qu’élément distinct de la vie comme intégrité, entendue comme un tout. Ce qui revient à dire que l’angoisse que soulève la mort, et qui trouve une stabilisation plus ou moins sûre dans les diverses modalités qui entourent la mort, a pour genèse l’angoisse vivante et présente, actuelle, que traverse l’individu vivant, angoisse qui est devenue pour lui incoercible dans une, quelle qu’elle soit, solution tangible, qui la dissolve en réalité et non plus en imagination.
11:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, amour, poésie
dimanche, 09 septembre 2007
L'attention tierce
L'invention de Freud Sigmund, la psychanalyse, fut cette fois encore le triomphe de l'intelligence sur la chair*, la résolution des problèmes affectifs humains à l'aide uniquement de l'intelligence.(* L'apôtre Paul disait "le triomphe de l'esprit sur la chair".)
Lorsqu'ils travaillaient ensemble avec Breuer, diverses utilisations de contacts physiques pour résoudre la somatisation du psychisme, la racine somatique de la compréhension du monde, de l'intégration du sujet dans le monde dans lequel il vit et de son influence sur cette compréhension, passaient par le toucher, le massage, la suggestion, l’hypnose, etc. Il y a que ce contact est justement un contact physique et dans une époque qui abhorre le contact physique, cela est véritablement un scandale que de guérir la maladie affective à l'aide de ce qui la provoque, de guérir l'affectivité sans contact par le contact.
C'est ainsi que Freud, après un ou deux scandales issus de cette première méthode, s'est orienté vers une tentative de résolution du problème des contacts affectifs, (dans lesquels on peut inclure la grossesse, l'allaitement, la gentillesse, la douceur, etc.) par l’usage unique de l’intelligence et a bâti sa théorie sur l’absence de contact physique comme allant de soi, comme possible ; alors que la « guérison » passe et mène à l’admission par le sujet de l’indispensable de ce contact et sa résolution pratique : trouver, par exemple, un(e) amoureu(se)x avec l(a)elquel(le) on sombre dans l’amour par profond contact.
Le scandale de Wilhelm Reich et de ses successeurs (dont la plupart ont récupéré son point de vue en en soustrayant l’aspect génital, l’implication de la sexualité dans le contact) est d’avoir remis devant le nez du sujet le centre de son aliénation, son obstination, sa disposition musculaire involontaire, à éviter le profond contact avec soi, avec le monde, le cosmos, ses congénères ; et ses implications pratiques sur la société humaine et le monde.
Et nous en somme toujours et encore au même stade, peut-être avec une évolution, peut-être : on tente toujours de résoudre les problèmes de l’affectivité sociale, personnelle, familliaux par la seule intelligence, par le psychisme dépourvu de soma, séparé de son soma.
Le phénomène grandement important chez l’animal humain de la transmission des idées par des images (en tant que telles et principalement verbales) n’y est pas pour peu : comme au néolithique, nous en sommes toujours à résoudre nos problèmes en image, en pensée et à affirmer qu’ainsi ils sont résolus. Parce que nous pensons solvables les problèmes de contact, en y apposant l’image d’une solution, nous pensons qu’ils sont résolus.
Ces problèmes sont toujours et encore relatifs à notre position dans le monde, c’est-à-dire relatifs à la disposition que nous adoptons vis-à-vis de nous-mêmes. De nos jours, le résultat, pour aussi confortable qu’il soit avec les frigos, les voitures, les micro-ondes, la douche et le reste, n’a pas trouvé de solution satisfaisante car cette misère, que l’intelligence tente encore et toujours de résoudre sans la chair, est toujours prégnante, générale, totalitaire.
C’est que l’absence de contact est aussi l’absence de sa constatation. Déjà. Et ensuite, ce manque de contact n’est le plus souvent solvable que par l’amour, l’attention tierce, l’autre. Encore faut-il l’admettre !
10:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, amour, solitude
vendredi, 07 septembre 2007
Un boycot policier sur le sens des mots
Les syndicats de police appelle au boycot d'un vocabulaire mit en exemple dans un dictionnaire.
L'appel au boycot, en France, est strictement interdit par la loi : que fait la police ? le procureur de la République ? le ministre de la Justice, de l'Intérieur ?
Quelle est l'éthique de ces syndicats de police, de ces policiers ?
Que veulent-ils conserver de la LIBERTÉ de ce qui ne LEUR convient pas ?
Quel est le sens de ce mot "liberté" pour de tels syndicats, dans NOTRE République ? Peut-être est-ce la leur, après tout ?
Bouuuu !
16:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
mardi, 04 septembre 2007
Sarko à la Berlu
Pour Eva Joly, qu'a pas les yeux dans la poche malgré qu'elle nous regarde de loin, Sarko fait de la politique à la Berlu... je me demande bien pour berner qui quand il agite ses petits drapeaux de couleurs ? Peut -être que la prochaine fois elle enlèvera un bas, qui sait ? pour faire plus impression.
10:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
vendredi, 24 août 2007
Le sens de l'histoire suit celui des maux
Ce matin chez la crémière, une vielle dame parle du temps présent et dit :
- Finalement, je préfère lorsqu’il y avait la guerre...
La crémière, guère plus jeune : - Ha ! tient : moi aussi !
Moi, un peu plus jeune : - Ha oui ? Et pourquoi donc ?
La dame : - Mais on parlait dans la rue, on s’asseyait pour bavarder ensemble, n’importe où ! Il y avait une entraide, une solidarité !
Moi : - Et il y avait des bals chaque semaine, et parfois même deux fois la semaine, j’en ai vécu la fin.
La dame : - Hé oui, c’est la télévision : les gens croyent vivre en regardant la télévision... ou l’Internet !
Étonnant non ? Nous sommes, nous vivons, selon des vieilles gens, dans une ambiance pire qu’à la dernière guerre, non pas à cause du confort que nous apporte notre époque, mais bien à cause de la solitude qu’elle génère, de l’isolation dans laquelle elle cantonne les personnes ; cette époque pourrie de communication !
Il n’y a que les vieux pour s’en appercevoir : les jeunes sont nés dedans, comme des serins dans une cage, et ne connaissent rien d’autre. Ils y ont baigné dès le giron, leur mère assise devant la télé, dans l’auto-mobile, dans la résignation. Qu’attendre du sens du mot « solitude » dans une telle ambiance ; de celui d’ « isolement » ?
14:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, solitude, amour

