mercredi, 25 avril 2007
Basse base
Le matin je me réveille et j’ai déjà l’envie de mourir.
Je suis devenu un végétal : mon désir n’a pas lieu d’être car il ne trouvera pas d’accomplissement ; et sa manifestation m’est plus douloureuse encore. Autant qu’il reste dans ses racines.
Je n’ai pas envie de bouger : c’est lourd, c’est dur, c’est pénible : pourquoi bouger ? Pour n’atteindre pas ce que l’on désire ?
Je n’ai pas envie de penser puisque tout me ramène à toi et principalement ton manque et que les plaisirs que me donnent le mouvement naturel des idées restent dans la cage de ma cervelle.
Ce n’est pas seulement la solitude qui pèse de ses tonnes sur mon corps, c’est aussi de ne pouvoir pas m’alléger de l’amour que j’éprouve pour toi, de le donner ― si cela a encore un sens vu que tu le refuses. Hier matin je vois une rose jeune éclose rouge de mon jardin : en en sentant le parfum, je l’embrasse de ces petits bisous qui me manquent tant lorsque je te les donne sur un endroit doux de ton visage. Et le pétale est lui aussi doux que l’endroit doux de ton visage, même odeur.
Végétal ayant rejoint le végétal faute d’animal.
08:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, solitude
mardi, 24 avril 2007
Le leurre touche le fond
Cependant, je ne veux tromper personne : je ne suis rien, sinon que ma prétention, c’est à dire pas grand’chose.
Je n’ai rien fait, je n’ai pris plaisir qu’à paresser, à penser parfois, sinon à réfléchir sur un ou deux sujets sans jamais écrire une ligne sur ces réflexions, ou d’une manière si confuse que rien ne peut en sortir de fructifiant.
Vains mots pour un vain homme. Car, même si j’étais un peu doté d’un talent, quelqu’il soit, je ne serais pas si seul : un talent, comme son nom l’indique, attire des gens. Et du fait de me dire en être doté d’un (lequel ?) si intransigeant, je ne sais pas venir à ceux qui en possèdent un autre de sorte, à au moins, m’en faire un disciple, puisque tant j’aime le talent.
Car mon caractère rétif à admettre qu’il puit y avoir un être plus talentueux que moi, ne tolère pas, non plus, de me laisser aller, sans critique superflue, à ce à quoi j’aspire à l’extérieur de moi.
Piètre individu qui, finalement, n’a que le sort qu’il s’est donné ! Foi de vitupérentes, de vilenies somptueuses et de cafardages délétères : je ne suis rien, n’ai rien fait qui soit tangible et ne vaux pas plus que mes œuvres.
Tant pis pour moi.
Mais que faire aussi lorsque tant de gens, et des femmes surtout, prennent tant de psychotropes pour supporter la vie sans amour. J’ai rencontré une femme très jolie, à mon goût, intéressante, qui éveille mon esprit d’homme. Mais, hélas, la femme est sous anti-dépresseur : que peut-elle ne pas avoir peur d’un homme qui possède encore toute sa vigueur du fait qu’elle n’est pas altérée par ces psychotropes ? Vous l’approchez, lui dites des mots doux, caressants, sans aucune intrusion ou obligation : que voulez-vous que cette femme ne prenne pas peur de ses émotions, des émotions qu’elle ressent en elle, car c’est justement ce manque d’amour qui la rend dépressive, qui lui fait dire qu’elle n’y arrive pas, c’est le manque d’émotion positive qui la rend dépressive. Et le courage de se prendre en main à travers des médicaments correspondra toujours à celui de prendre en main son destin avec des béquilles.
Mais c’est cela ou la mort, me dites-vous. Et ma mort, à moi, qui refuse ces béquilles parce que je sais de quoi cette dépression est faite, quelle est son origine, et que pour résoudre son problème il faut toute sa tête garder ?
Je discute de ce problème avec une amie qui me dit : « hé oui, ces gens ont souffert et ne sont pas près à souffrir encore d’une nouvelle relation ». Je lui réponds : « C’est justement cela qui est désolant : que les gens n’ont plus d’énergie pour dépasser la souffrance passée en entamant une nouvelle orientation. C’est ce manque d’énergie vers le nouveau qui est désolant ». La souffrance sera toujours là lorsqu’il n’y a pas la joie pour l’effacer et ces médicaments effacent la joie même de se donner.
Les femmes ne sont que ce qu’elles sont, c’est-à-dire ce qu’on en fait et qu’elles acceptent, depuis la nuit des temps, depuis environ 750 000 ans, à peu près. Et les hommes, qui ne savent pas ce qu’ils sont du fait de ne se savoir pas se situer dans l’élément du couple humain qui n’est qu’un couple issu de la nature, animal, n’est qu’un présomptueux, et encore, quand il bande, car alors la femme s’attire cette disposition lorsqu’elle apparaît et qu’elle la retrouve opportune. Et quand il se manifeste par trop de cette manière, tout à coup, car c’est sa forme d’amour, elle se met à le fuir pour en prendre un autre moins présomptueux et plus docile.
Les gens iront toujours au travail, même après des événements terribles, ils se laisseront bernés par les syndicats, les beaux-dires politiques pleins d’espoir, et le reste. La femme aime la comédie, l’homme le drame, quoi faire, quoi dire : ils se supportent joyeusement l’une(e) l’autre !
Si tu ne me sens pas dans ce monde, mon ami, disparaît ! Que diable ! Que crains-tu ? Le vide ? Cesse de nous casser la tête ! Tu pestes comme un potiron que ne se voit pas transformé en carrosse ! Ou comme un Donald qui pleure de n’être pas plus réel qu’un papier dessin ; ou qu’une cuillère à pot sur la cheminée d’une centrale nucléaire pour l’éteindre.
De tout temps j’ai été hypnotisé par la beauté de la femme. C’est moi le con. Qu’on en parle plus ! Car ce que j’ai dû confronter pour admettre que le monde est fou et qu’il ne peut en être autrement, c’est bien ma propre folie.
08:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, solitude
lundi, 23 avril 2007
Le micro-onde cuit aussi le cru
L'usage du micro-onde est un serpent qui se mange la queue : les premières fois, il vous brûle la langue, le palais et les dents et ensuite vous ne sentez plus la brûlure sur la langue, les dents et le palais car vous êtes tout bonnement brûlés et qu'ainsi vous ne pouvez plus rien sentir de cette brûlure. Cessez durant trois semaines d'en faire l'usage et reprenez un aliment cuit dans son four : vous vous appercevrez de ce qu'il vient d'être dit parce que la brûlure réapparaîtra.
Le micro-onde agite à une vitesse frénétique les molécules d'eau contenues dans l'élément qui y est déposé. Cette vitesse est de l'ordre de 6 gigaHerz soit 6 milliards de fois par seconde : c'est dire la petitesse de la moléclue d'eau ! C'est cette vitesse de vibration qui chauffe son environnement immédiat, c'est à dire l'élément qu’on veut « cuire ».
Mais croyez-vous que lorsque vous sortez l'élément du four, ces molécules se sont arrêtées, tout net, de vibrer, c'est à dire de poursuivre le processus auquel on a destiné cette vibration : « cuire » ? Non, bien sûr ! Et le moyen de savoir quand cette vibration a cessé est quand il n'y a plus de chaleur dans l'élément à « cuire », c'est-à-dire quand cet élément est froid. Vous comprenez ?
C'est quand il est froid que l'élément mis à « cuire » ne présente plus de molécules d'eau en état de vibration, état de vibration destiné précisément à « cuire » cet élément. Dès lors, quand vous mettez dans votre bouche ― qui ne doit pas être cuite, elle ― un tel élément chaud issu d'un micro-onde, c'est que vous proposez aux molécules d'eau toujours en vibration de « cuire » vos dents, votre langue, votre palais aussi bien, puisque ce sont ces vibrations qui sont précisément l'élément moteur de cette cuisson, que c’est ce chaud qui indique que la cuisson par ces vibrations est encore opérant.
Mettons aux poubelles de l'enfer le micro-onde, sinon c'est lui qui vous y mènera. Pour réchauffer l'utilisation de la vraie vapeur ne demande, chronomètre en main, guère plus que deux fois plus de temps ! Et c’est bien meilleur.
Si on y a cru, dans le micro-onde, ça le cuit aussi.
07:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, santé
samedi, 21 avril 2007
Élections : pièges à snoc !
J’ai reçu, comme tout citoyen, les propectus programmatiques avec les photos des candidats.
Le baille-routine, avec toutes nos forces, qui vous regarde dans les yeux qu’on se demande ce qu’il vous veut vendre : c’est bien louche et bien rose, bien propre sur soi, l’alliance bien en évidence, chemise rayée sur costard noir ;
La royale en noir et blanc : alors là ??? Connait pas la couleur, la dame ? Se croit en guerre, clandestine ?
Le sourire carnassier BCBG du CPNT ;
La photo de guingoit du parti de travailleurs, qui ne parle pas de supprimer le travail : un noc, quoi ;
Le sourire le plus moche de la collection : celui de l’écolo qui affirme que l’entretien de la planète est une affaire de parti polique, dont elle fait parti : il faut passer sur elle ;
Le pâté romantique du paysan qui sent le pain chaud, mais qui donne son aval à des pratiques religieuses rétrogrades ;
Le nez fier d’être français : on ne voit que ce nez, bien mis en évidence par une grimace qui retrousse les babines vers le haut, les yeux mis-clos du chasseur français, protecteur des abeilles ;
La gaminerie de la révolution selon la LC révolue ;
La docte des cocos, lèvres de la minceur de leur générosité ;
L’affiche du plouc, la main levée en pré-victoire manquée à cause de ce complot coco-droito-gocho-hips ! Hach, c’est qu’on l’a bien eu chaude, la dernièr’ fois !
Sa sarkozicature, les lèvres tirées chacune de chaque côté de la bouche, bien au carré, avec son regard de chien battu : tout un programme ;
La guigne du prolétariat : « Travailleurs ! Travailleuses ! Travaillez ! ».
Ainsi, si je ne vais pas voter, c’est le plouc qu’a la peine à jouir qui passe : c’est toujours le même nombre de gens qui vote pour cet individu, qui voyent en leur champion la liberté de la serrure pour tous, et pour les autres en particulier.
Si je vote la ségozi, je laisse des espoirs d’intellots se manifester pour résoudre les problèmes sociaux présents (j’ai acheté hier 5 oignons et un morceau de fromage : 5,50 euros, soit 36 francs ; le pain se vend 7 francs la baguette de 250 gr – en 1969, le pain d’un kilo valait 50 ct de franc : 4 fois plus cher aujourd’hui, par rapport au « salaire minimal interprofessionnel », chacun pour son époque). Lorsque la mite errante était passée, il nous restait quand même pas mal d’avantages sociaux qu’il a fait passer à la trappe, en douce, sans rien dire, comme son cancer ;
Si je vote le sazkolène, le roquet va vraiment plus s’y croire avec son « projet de société » ;
Si je vote le baille-routine, pour ne pas voter les autres, ce serait le moins pire effectivement mais la barre de ce pire étant déjà si hautement placée...
Et dans le paquet, tous les buletins des noms de candidats. C’est ainsi qu’on vote pour quelqu’un et non pour quelque chose. Dans la forme même du vote en France : quand on me demande de voter, on me demande de voter pour quelqu’un, ce qui fait que les bulletins blancs ou nuls ne sont pas pris en compte dans le résultat du vote. Hors je vote bien pour un programme, représenté par un nom, mais bien en faveur d’un programme. Et si le programme des programmes ne me plait pas, le seul moyen de le dire, c’est-à-dire de voter, c’est de voter blanc ou nul.
Le bordelais revenu de son exil au Canada pour cause de condamnation judiciaire, a été réélu dans sa ville avec moins de 15% des incrits. Le pen de la serrure a toujours le même nombre de votants, toujours, mais la proportion qu’il prend est supérieure quand l’abstention est forte. J’en avais déjà fait le calcul quand il avait fait une percée journalistique en 1985 ou 6 à des élections européennes : c’est ces putaciers de journaleux qui montent une crème sordide autour d’une proportion, et non pas sur la réalité d’un nombre.
Tous les calculs sont établis sur des buletins qualifiés d’exprimés, c’est à dire hors des nuls et des blancs : la personne qui a voté blanc ou nul n’entre pas en ligne de compte. Elle n’a donc plus besoin de se déplacer, puisque son vote n’est pas pris en compte. Il faut voter pour un programme, on est obliger d’élire, de faire un choix dans ce qui vous est présenté, c’est comme à l’étalage. Pas moyen d’utiliser les légumes de votre jardin, l’air qui vous environne, le soleil qui vous éclaire : tout doit passer par le filtre des programmes et doit vous convenir, sinon c’est nul, ou blanc, pas pris en compte.
Bien sûr, ça fait désordre quand le nombre réel des votants pour ceci ou cela apparaît dans sa médiocrité. Il n’y a que les journalistes pour ne pas s’en offusquer.
13:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
vendredi, 20 avril 2007
La scène du monde
Sur la scène du théâtre, l’humain se joue ses propres sentiments, haines, affections, avec bassesse ou fierté, dans le meilleur des appareils, sous les meilleures hospices et sans aucune réelle souffrance ; peut-être de la joie : celle de jouer son rôle devant d’autres.
Mais toutes ces bonnes choses, ces morales, ces certitudes, ces explications, ces dévotions, ces conclusions ne sont que du vent et on peut se demander s’il ne les joue pas pour ne pas les vivre, ou parce qu’il n’est pas capable de les vivre autrement que comme représentation de lui-même.
On applaudit souvent pour la sincérité de la reproduction des sentiments, car cela a attendri un cœur qui se cache derrière la crainte de paraître ce qu’il est vraiment et que l’on voit reproduit devant soi.
On y voit parfois de la méchanceté guérie ou villipendée, mais c’est une vue de l’esprit car ce ne peut être réalisé ainsi, selon un schéma qui n’a rien d’autre qu’idéal, de l’ordre de l’idée.
On y voit des tords redressés, des enquêtes savantes pour rechercher la vérité, mais rien de toutes ces bonnes « œuvres » ne se retrouvent dans la réalité ; à croire même que plus elles sont représentées et davantage elles sont bafouées, comme à plaisir : celui de se voir dans sa pure réalité, le reflet de ce qu’on désire vraiment vivre, et le reflet seulement sur une mare d’eau croupie.
Ceux sont les vicères des mauvaises gens qui doivent être guéries, pas l’image de leur malfaisance, car cette malfaisance est vicérale (je n’ai pas dit « volontaire », j’ai dit « vicérale »). Il faut lier indissociablement les idées aux vicères, à la peau, au système nerveux (autonome et central), aux muscles (aux os, je ne sais pas, mais il y a des maladies des os, aussi bien).
Comme si le mal pouvait être commué en bien ; comme si le mauvais pouvait un jour sentir bon, comme par magie, la magie du théâtre ; comme si le bien pouvait être sauvé du mal en restant assis à le regarder souffrir, être meurtri, battu, écrasé ; comme si le monde pouvait être sauvé par un seul et unique individu et se maintenir sain lorsqu’il est malade, c’est-à-dire incapable de se prendre en main et qu’il lui faut un seul et unique sauveur pour le dispenser d’agir par lui-même sur sa propre destinée ? Hein ? Comment peut-on imaginer supprimer des souffrances comme d’un coup de gomme sur un dessin qu’on aurait mal fait ?
Tout cela c’est du pipeau, de la poudre aux yeux. Tout cela ne correspond qu’à un souhait, un profond désir, certes, d’en finir avec la douleur, les avanies du quotidien, la malfaisance des voisins, la vilénie de la police, l’irrespect de son patron, l’humiliation de la bureaucratie, le délétère des relations familiales, qu’un souhait, qu’un désir que l’on tente de réaliser dans une image. D’ailleurs, généralement, la beauté des personnages qui incarnent cette image n’est pas plus belle, sinon qu’en image, que la réalité qu’ils tentent de dissimuler par leur jeu, leur rôle, la directive de la comédie ou du drame, par ailleurs écrites par un autre, aussi bien. Et ils sont tout autant psychotopiques.
Et on sort satisfait de l’affaire pour retourner dans un monde puant, bruyant, misérable, qui se déglingue comme une déstructuration vitale, dans lequel règne sans partage tous ce que ce cinéma de théâtre vous met sous les yeux, minoré d'une solution valable.
08:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, amour, solitude
jeudi, 19 avril 2007
Perdu à la sortie du dédale
Au début, l’idée que le monde puit être fou ne m’avait jamais effleuré.
Puis, au fur et à mesure que je vivais, quelque chose me grattait l’esprit : « Mais qu’est-ce donc tout ceci ? » me disais-je.
Alors je suis parti en expédition, pour voir et essayer de comprendre de quoi tout ceci ressortissait. Vous le voyez bien : déjà à l’emploi que je fais des mots et à ceux que j'opte pour exprimer mon idée, tout cela ne vous est pas commun : il y a comme quelque chose d’étrange dans mes propos, quelque chose qu’on ne saisit pas très bien, comme un verre de vin de plus vous engourdit l’entendement alors que vous n’y êtes absolument pas disposé ; comme une musique que vous comprenez et que vous suivez allègrement et qui, tout à coup, vous propose des notes et des consonances qui vous échappent. Je suis de cette eau là, c’est ainsi que ce que j’écris apparaît à votre esprit, celui qui me lit.
Dans cette expédition, j’ai bien failli perdre mon âme : sûr que je n’en étais pas loin. Mais pour comprendre, il faut donner, et on ne donne qu’à « prix d’âme » (Héraclite) dans ce cas là, sinon c’est du pipeau, du travail universitaire ou bureaucrate ; de la paperasserie de toilette. À vrai dire, je ne sais, pas même aujourd’hui, ce qui a fait que je ne l’ai pas perdue. Qu’elle soit abîmée, certes, aucun doute là-dessus, mais que je ne l’ai pas perdue, cela même me paraît étrange... le vin, l’amour, l’étude, l’aventure elle-même, je ne sais. Et bien que j’en sois ressorti par bien des côtés meurtri, je puis affirmer que je ne me suis pas perdu dans cette quête que je m’étais donné d’atteindre : la bizarerie que je trouvais au monde. Il fallait seulement s’y adonner. Et parfois les pieds dans le caniveau... pour se les rafraîchir au petit matin quand le cantonnier à ouvert ses vannes !
J’ai perdu beaucoup, beaucoup, beaucoup. J’aurais pu être un bon mari, un bon papa, un bon père, un bon ouvrier ou chef d’équipe, une personne sur laquelle on aurait pu compter, professionnellement, affectivement, sexuellement. J’ai perdu car je ne suis rien de tout cela, rien. Pour cela, en soi, je suis déjà un cas : n’est-il pas ?
J’ai perdu une vie tranquille, à payer mes impôts, réguler les crédits ; j’aurais même pu m’attacher à consommer modérément, à choisir la voiture (cette automobile) la moins consommatrice d’énergie possible, même si elle n’aurait pas correspondu à mon standing (et là encore je me serais quand même fait remarqué !), etc., etc., etc.
Mais rien de tout cela : je n’aime tout simplement pas le travail : c’est une bonnne cutie pour toutes ces joyeuses activités. C’est d’ailleurs peut-être le travail qui a fait que je n’ai pas perdu mon âme. Non pas que je n’aime pas œuvrer, exécuter une tâche, loin de là : non, je n’aime pas travailler, je hais le travail, la besogne, le gnangnan insignifiant du quotidien et son cortège de soumissions. Oui, finalement, non pas mes amours ou mes escapades, non, mais ma haine du travail : c’est cela qui a préservé mon âme de la perdition.
À vrai dire, je suis assez content de cette longue expédition (environ 31 années) : j’ai atteint beaucoup plus que je ne présageais ou présentais. Et, si cela a été souvent très dur à vivre, je suis content de ce que j’ai acquis : je suis arrivé à une berge, une rive soyeuse, lumineuse, sereine où, hélas, je suis bien seul. J’ai été loin, loin, loin sans considération aucune des conséquences « autres » que celles que je voulais que je voulais atteindre : cela a peu d’importance face à l’importance de « ne pas se marcher sur les pieds », comme je dis, c’est à dire de se respecter, profondément.
Le hic de la folie de ce monde se situe précisément ici : le respect de soi et de l’autre. Payer quelqu’un un SMIC est un manque profond de respect vis-à-vis de soi, car le smicard n’a pas plus que soi de temps à vivre et encore moins d’une moindre manière. Et cette manière, bien sûr, est le travail obligatoire, sinon tu meurs, avec toutes les facéties qui entourent cette croyance en ce soi-disant indispensable, alors que la chose ne réside pas ailleurs que dans l’indolence des gens à se laisser maltraiter, malmener.
Et la folie du monde c’est l’utilisation de l’indolence, qui est purement animale comme l’animal provient du végétal, exploitée contre elle-même par des êtres qui s’imaginent que le travail est essentiellement manuel et que l’humain résiderait dans le fait d’être l'intellectuel qui valorise ce travail manuel, les pauvres branleurs insatisfaits ! Marx a écrit un chapitre du Capital qui s’intitule « Le caractère fétichiste de la marchandise », j’en propose une relecture : « le caractère fétichiste de la valeur », car c’est là que se situe la folie du monde, dans la valeur, cette image qui semble résoudre une relation humaine en la dégradant.
L’illusion c’est ne pas voir ce qui est, l’hallucination c’est voir ce qui n’est pas.
Mais cela aussi m’a beaucoup séparé du monde dans lequel je vis : les mots n’ont plus le même sens, les images les mêmes significations, la valeur la même valeur. Et je paye rudement ce lot par la solitude. En somme, à chercher la raison de la folie du monde (car il a bien fallu que je m’y fasse : ce monde est fou) je suis moi-même entré dans le monde la folie, puisque l’être social qu’est l’être humain, ne traverse plus son genre à travers moi ; et c’est bien triste. Vaine conquète, vains espoirs, vaine vie : il eut mieux fallu pour moi rentrer dans le moule, ne pas répondre à ce grattage de mon esprit, que de me retrouver en cet endroit de solitude, d’incompréhension et de désuétude.
Ça, hélas, c’est irréversible, tout comme la folie de ce monde.
08:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, amour, solitude
Solitude
Allo ! ? Y'a quelqu'un ? !
Je me demandais si ce tag existait ; et s'il existe ce qui s'y passe.
07:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : solitude
mardi, 17 avril 2007
Le pire c'est l'humour sans correspondance
Le pire dans cette affaire est l’humour : n’ayant plus les mêmes angoisses, les sujets pour en rire ne sont plus les mêmes. Et comme l’humour, ce mot de l’esprit, est le sel d’une conversation, plus aucune conversation n’est possible car le sens même des mots n’étant plus les mêmes, c’est un peu comme s’il n’y avait plus rien à dire, n’est-il pas ?
Le sens des mots contient une charge affective et c’est essentiellement cette charge affective qui fait la teneur d’une conversation. Mettez, par exemple, deux personnes en vis-à-vis pour parler du mariage des corps, et, pour peu que chacune d’elle entende une acception différente pour ces trois mots, et aucune conversation n’est possible. Si, par contre, l’une et l’autre, se trouvent dotées d’une expérience heureuse ou malheureuse et comprise, chacune trouvera dans ce sujet affectif de communication, un prétexte à communiquer dont la base est la charge affective du sujet sur lequel elles laissent aller leur sens de la conversation.
Et l’affectivité est relative à l’angoisse, directement lorsqu’elle s’en cache ou indirectement lorsqu’elle sait de quoi elle parle. La résolution d’un problème pratique (non-hypothétique comme la faim, le logement, le chaud l’hivers, la nourriture saine, etc.) passera toujours par la compréhension qu’a la personne qui s’en occupe ou s’en préoccupe par rapport à l’affectivité qu’elle a de ce problème. Mettez un nanti pour résoudre la faim, vous n’aurez pas les mêmes solutions proposées que par une personne qui s’identifie parfaitement, pour avoir réellement connu la faim, aux personnes qui ont faim et qui ne peuvent se prendre en main, pour d’autres raisons affectives, de sorte à résoudre, par eux-mêmes, le problème de la faim (en boutant ceux qui les affament hors de leur périmètre, par exemple, avec leur police).
Qui, de ces nantis, qui ont produit le micro-onde, par exemple, aura l’idée de faire d’abord germer les graines (pour entamer leur transformation amylasique, et ainsi les rendre plus digeste et plus facile (moins de temps !) à cuire) ? Pas possible : seul une personne qui a pris le temps d’expérimenter, de se documenter et de comprendre le temps qui passe chez ceux qui l’ont perdu, peut proposer d’économiser 30% d’énergie à la fois dans l’assimilation et à la fois dans la cuisson de l’aliment considéré ; c’est à dire vouloir travailler 30% de moins.
Vous voyez mon sens de l’humour ? Qui est disposé à en rire ! Et pourtant c’est à se tordre de rire : 30% des gens travaillent pour rien !
Regardez : Pasteur (qui est un voleur et un menteur) arrive avec ses gros sabots avec sa pasteurisation (qui est de M. Appert, ce me semble). Mais il a proposé quoi, par rapport à la fermentation lactique qui ne dépense aucune énergie et augmente même les pouvoirs et nutritionnels et d’absorption des aliments avec un pouvoir conservateur des aliments identique ? Des aliments stérilisés, c’est-à-dire : morts. Pourquoi ? Pour gagner du temps ! À se tordre de rire ! Et les gens mordent à l’hameçon, on ne sait pourquoi, on ne sait pour qu’est-ce. Pasteur est un grand nom, n’est-ce pas ? C’est une sommité (d’usurpateur, bien évidemment) alors qu’il n’a rien fait de ses dix doigts : ses « travaux » il les a piqué à Béchamp et sa vaccination c’est du pipeau, au pire un coup de chance. Mais il avait le bras long, le petit Pasteur, il faisait de la politique le Pasteur, il avait ses affinités (ses affectivités) ; aussi il réussit à prendre la prépondérance, à évincer le parasité après s’en être bien engraissé, allant même jusqu’à faire rayer des cartes son existence, à lui, Béchamp, qui pourtant avait, avant le Pasteur, tous les éloges de ses paires pour ses participations à l’explication (affectivité) de la vie. La pasteurisation c’est industrialisable, la fermentation lactique plus difficilement, quoi que la choucroute, par exemple, se trouve toujour sur les étalage et parfois le bon pain au vrai levain.
Je lis dans 20mn d’hier cette manchette, à propos de la sarkolène qui se présente comme « un projet de société ». Et deux pages plus loin, le même : « Le Pen ne m’intéresse pas, son électorat, si » : ça, c’est-y pas un projet social, un changement radical d’orientation politique, sociale, affective vis-à-vis de ses contemporains ? Ce que je veux dire, c’est qu’il y a des gens pour répondre affectivement à ce « projet » social, dont l’angoisse est suscitée et révélée par la sarkoricature, matérialisée par lui ; et ces gens entendent dans les propos de ce quidam (la ségozi est du même type, bien évidemment, la politique c’est de la daube du fait que les gens, eux-mêmes, ne savent pas se prendre en main, eux-mêmes) la solution de leurs problèmes... affectifs. Je ne possède pas du tout le sens de l’humour et encore moins de ces gens et encore moins leur sens policier.
C’est pourtant ce gouvernement qui signe un décret (on gouverne par décret là où la loi, contrat unidirectionnel mais licite entre les gouvernants et les gouvernés, ne peut plus gouverner) l’autorisation de construire l’EPR : 3,4 milliards d’euros non-employés à économiser de l’énergie ; vous comprenez ?
Et c’est ce sens de mon humour si particulier qui intensifie d’autant cette solitude, ma tristesse et l’ostracisme plus ou moins discret auquel je ne peux faire face. Quelle lourdeur que la vie d’un tel humain ! Quel lourdeur !
08:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, amour
lundi, 16 avril 2007
Le monde du secret
Je ne sais pas pourquoi je vis. Tout devient ennui et douleur. Mais qu’est-ce que je fais ici pour tant souffrir ?
Ça gigote autour de moi, ça se débat, se bataille, se bouscule, s’invective. Toute cette activité m’est indifférente : je le ressens comme inutile, un mauvais passe-temps que les gens affectionnent.
L’unique moteur de ces gens c’est l’angoisse, tous leurs mouvements sont orientés pour éviter l’angoisse, leurs décisions pour dévier l’angoisse, leurs relations sociales sont basées sur l’angoisse, derrière les rires, les blagues bien grasses et sexistes, leur activité nommée « travail » même. Rien en vue du plaisir, car le plaisir est justement la source de leur angoisse : ils ne savent pas avoir du plaisir sans éprouver quelque part de l’angoisse. Leurs films brutaux, sanguins, bruyant sont tous des fruits de l’angoisse pour abreuver l’angoisse, par exemple. Ils ne savent pas ce qu’est la liberté car la liberté les angoisse ; ils ne savent pas se prendre en main, car cela les angoisse au plus au point. Ho ! bien sûr, ça va au travail, ça gagne un salaire pour payer sa nourriture, son loyer, ses vêtements, ses distractions, et pour eux, c’est se prendre en main ; mais on décide de tout à leur place et ils laissent faire, subissent, courbent l’échine et ressortent une blague bien grasse et sexiste pour de décontracter les zygomatiques, faute d’autre chose.
Le respect d’autrui ? Mais qu’est-ce que c’est ? Pardon ? Merci ? Bonjour ? Excusez-moi ? Au revoir. Tout cela, même, si ce n’est pas dans un contexte commercial, disparaît. Penser à son action sur les autres, directe ou indirecte s’arrête à dire « Ho ! pardon, je ne savais pas, je ne me suis pas rendu compte » sans bouger d’un poil, rivé dans la bêtise que l’on vient de reconnaître pourtant. On a d’autres choses à faire et d’autres chats à fouetter : qu’est-ce que cet importun qui vous fait remarquer que vous le mettez dans le caca car vous ne voulez pas, vous, y être. Il en est ainsi de leurs enfants, qui apprennent bien vite leurs manières de faire (et comme les enfants considèrent comme un acquit ce qui est, ils l’amplifient tout naturellement) et s’étonnent du présent de leur avenir, ce qui les empêchent de se représenter l’avenir de leur présent... sans l’angoisse qui les paralyse.
Un policier a tant de pouvoir tout simplement parce que les gens le leur concèdent, ni plus ni moins ; autrement dit, un policier prend le pouvoir qu’on lui octroit sur soi, ni plus ni moins. Et la société se police si bien et si pointilleusement parce que les gens l’acceptent, le désirent même pour calmer leur angoisse, enfin : ils pensent que cela calmera leur angoisse, mais comme par habitude, par inertie, leur angoisse s’amplifie et ils le comprennent de moins en moins et de rien à rien.
Alors ils obéissent de plus en plus au train-train de la vie (expression qui est devenu un argument publicitaire : tant ce train-train assoit ses rails sur elle qu’on lui en propose des volants), à la succession des heures qui passent sans plaisir, retournent se cloîtrer devant leur télévision après deux tours de clefs à la porte, télévision qui leur propose, dans la même position que dans leur voiture, que dans leur travail, assis, des images d’angoisse plus ou moins diluée de blagues grasses et sexistes.
Pour moi, le jour se lève, le soleil passe dans le ciel et va se coucher ; le chant des oiseaux, le parfum des fleurs, les mouvements du temps qui passe, je suis seul, sans âme parce que je ne corresponds pas à l’angoisse de mon temps ; et le monde ne devient que douleur, solitude, isolement. La liberté n’a pas de prix, mais elle se paye ! Je ne dis pas cela avec regret, ô non ! Je dis cela avec tristesse : je suis triste de voir le monde patauger « dans ses miasmes morbides » (Baudelaire).
08:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, amour
vendredi, 13 avril 2007
Division solidaire
Que fais-je sur cette terre à souffrir de solitude ? Hein ? Dites-le-moi ! Qu’y fais-je ? C’est ridicule. Mon sens de l’entendement ne peut l’admettre et il faut pourtant que je m’y fasse puisque j’y nage, je m’y noie, qu’elle me submerge.
Mon âme erre d’île en île, s’y échoue, restant à elle-même son propre esquif pour n’avoir pas su un jour posséder l’ancre à mettre au bout de son orin. Ô cet orin est long : il me permet d’errer d’île en île, et parfois me sert d’ancre flottante lorsque, pris dans la tempête quand je traverse une contrée déserte plus large qu’une autre, je le laisse traîner dans l’eau, espérant qu’il s’accroche, comme par miracle, à quelque algue, rocher, entortillon qui se trouverait là opportunément dans ces eaux acariâtres.
C’est cette errance qui me fait dire que je n’aurais pas dû avoir le don de l’existence, don que je n’ai demandé à personne et qu’on m’a refourgué comme du vin dans un verre d’eau. D’ailleurs je suis ridicule d’en parler, et surtout à ma manière.
Le plus ridicule que je trouve, pardonnez-moi, dans cette existence, est d’être doté d’érogénéité et pas seulement sur la surface du corps, ou dans les profondeurs de mon cœur, mais aussi dans ma pensée, ce qu’on appelle « l’esprit » et c’est le plus pénible de tous, finalement, car on ne sait quoi faire de ce genre chose, alors qu’avec une bite on peut, au moins, avec un peu d’attention adéquate et sensible, se masturber.
De plus je suis pourvu comme d’une tare assez lourde à porter : je déteste le travail ; mais je suis, par contre, extrêmement intéressé par le processus de la transformation de la vie, de l’environnement, de l’idée même de la transformation, quitte parfois à mettre la main à la pâte car ce phénomène étrange qu’est la transformation désirée, subie ou dévolue, présente à mes sens comme une jouissance exquise, délicate et parfumée qu’aucun travail ne saurait me procurer. Je ne « travaille », en somme, que dans l’unique but de saisir cette transformation qui s’exécute à travers mon action sur le monde (pétrir du pain, peindre un mur, élaborer un projet et traverser les péripéties qui le mènent jusqu’à cette réalisation qui diffère toujours notamment de l’idée initiale qu’on en avait) qui, transportée par mon enthousiasme (ou le sien !) ne se sent plus d’ailes pour arriver à son accomplissement.
En amour, il en est de même : je rencontre, heureusement et hélas à la fois (mais sur le moment je n’en ai cure, bien sûr !) la compagne d’un moment qui participe à cette transformation, comme moi à la sienne sans doute, du temps qui passe avec cet avantage somptueux de l’amour, souvent des corps et parfois des âmes, ce qui est assez particulièrement délicieux. Et aussi très productif ! Car alors, le mien, d’enthousiasme, s’envole franchement vers ses idées, sans plus cette timidité, cette pudeur ou cette crainte d’y parvenir et de n’en devoir jouir que seul (pudeur, dis-je) car le partage, finalement, depuis que l’humain est l’humain, à la différence des autres animaux (sinon que quelques autres primates) est notre lot à tous et qu’il est bon de lui donner forme concrète, parfois !
23:48 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, politique

