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dimanche, 17 février 2008

Georges W. Sarkozi

Le nouveau Mal de la République, que notre mâle présidentiel se met en devoir de pourfendre, est l’athéisme. C’est que notre Nonos (NS) a une terrible peur du vide : le monde sans dieux, comme sa jugeotte à la hauteur de ses talons. Il vaut mieux parler du vide que du plein qui manque !

jeudi, 14 février 2008

L'angoisse sur écran

La première des choses que j'ai pensée du monde est que le monde est à l’image de la perception que j'en avais, perception essentiellement gouvernée par le bon, l’avenant, le commensal, le consensuel. Niet ! Là, c’est un véritable plantage. D’abord les gens ne sont pas plus intelligents que moi (sinon quelques-uns qui utilisent la leur en image) et ensuite ils font de cette intelligence un tout autre emploi que le mien. Tout faux ! J’ai au plus profond de moi pensé que les problèmes vitaux que nous (comme ensemble « humain ») pouvions rencontrer ne demandaient dans leur résolution qu’un tantinet de jugeotte, un semblant de forme et un rien de poétique. Pète à ton cul, bonhomme : il ne s’agit, pour ce que je suis bien obligé d’admettre ce que l’on nomme l’être humain, à part quelques artistes infinitésimaux quant à la quantité relative, qu’une sorte de démerde fantaisiste dont on peut légitimement se poser la question du fondement, de la finitude (le but) et des moyens (le comment).

Aussi, las de cette manière de voir ou, peut-être, dissolu à cette manière de faire, je me suis penché sur les modalités. Ici, comment l’avouer ?, je n’ai pas plus davantage reçu d’encouragement à perdurer ma vie : la sexualité est une merdouille, la nourriture un consommé commercial et l’activité inhérente à tout être vivant un « travail ».

Parce qu’il ne SENT pas qu’il pense, l’être humain CROIT qu’il est autre chose qu’un simple être parmi d’autre. C’est précisément ici sa tare. La tare humaine est de penser qu’il est autre chose qu’un animal du fait qu’il pense qu’il pense sans s’en rendre compte. Enfin… il s’en est rendu compte sous la forme de l’Économie, ce qui est équivalent, finalement, je veux dire qu’il achète.

L’être humain consiste en l’image. Il lui arrive parfois de réaliser une de ces images, mais cela ne correspond que rarement à ce à quoi il s’attendait en réalisant cette image. Et il ne s’est JAMAIS penché sur ce fait de la correspondance entre l’image qu’il a d’une chose et sa réalisation ; je parle précisément de cette différence dont il fait une image, une inconsistance qu’il ne cherche pas même à réaliser et surtout pour ce qui regarde des conséquences de la réalisation de cette image..

S’il pouvait y avoir un sujet au plus haut précieux qui puit l’intéresser, l'engrosser, c’est bien celui-ci : quel est le processus de l’image ? Mais non, il préfère en rester à la seule image pour le plaisir de ne se réaliser pas ou sans conséquence.

Ainsi l’essentiel de son énergie est-elle consacrée au travail, la majeure partie de ses transports le sont au travail, sa reproduction même ne dévie pas de la notion de travail de la femme ou de son enfant en bas-âge, sa respiration, son sommeil, ses rêves cauchemardeux ou de fins de mois, ses bains rapides, sa bouffe rancie ou insipide, ses logements clapiéresques, etc., tout cela est consacré au travail au même titre que cette étrange satisfaction qu’il se permet d’octroyer à la sexualité qu’il confère à son existence. Et ce p… de travail d’avarier la planète, la vie sociale, l'amour, la connaissance du monde.

Alors qu’il est le seul animal sur cette planète (le présomptueux s’imagine pouvoir aller ailleurs ! quelle bourre !) à RÉFLÉCHIR sa pensée sur elle-même, il est le plus crétin des animaux qui peuplent cette même planète, la réduisant à ce mode de penser délétère, l’asphixiant, la polluant pour des millénaires, l’engrossant de ses pesticides, insecticides, herbicides et engrais indigérables, par la réalisation d’une PENSÉE mise HORS d’elle-même, du monde « réel », dans lequel pourtant elle est, se manifeste et se réalise.

Lorsque je regarde les débuts historiques humains, la pensée grecque ou romaine par exemple, je suis interrogé par son pur fonctionnement analogique comme mode simplifié de résorption de son angoisse devant laquelle cet être humain fuit sans cesse. Les formes du ciel devaient trouver une réalité humaine : il a inventé les constellations … et les légendes qui lui confèrent cette étrange réalité. Ce mode de pensée ne comprenait pas les aléas de la vie qu’il les transforme encore en « avanies » ou en « malheur » ou en « dieux » inventant par là-même le pharmacos propre à conspuer ce gênant du temps qui passe à travers une image du tangible : son angoisse !

De fait, il n’a jamais rien voulu d'un savoir relatif à son angoisse de vivre, jamais. Oui, certes, il y a eu des Freud, des Reich, des Ferenzi, mais cela lui échappe pour la plus grande part, car pour comprendre la solution qu’ont apporté à l’angoisse ces personnes, il faut s’être d’abord posé la question du questionnement sur lequel ces êtres se sont penchés. Ce n’est certes pas la télévision qui va permettre ce genre de (pré)disposition. Et il regarde pourtant avec une attention soutenue cette télévison précisément pour ne pas RÉFLÉCHIR cette angoisse en lui, même avec du vin.
C’est que le vin qu’il produit pour de ci vastes pensées est peu à même de lui procurer ce genre de vastitudes.

Peu à même de s’arrêter pour se regarder, le nez dans le guidon du paiement de son loyer, et du reste, bref… je me demande bien ce que peut être l’avenir d’un tel animal sinon qu’une mort à laquelle il est pourtant destinée. Mais lui qui se devait de soulager le mortifère de la sienne est en train de la plomber pour l’assombrir dans les vapeurs délétères qui soient, qui ont déjà eu lieu sous d’autres formes et qu’il est incapable de RÉALISER autrement, le bougre ! Boudu… ! combien ce public est d’un contentement facile ! Une guerre, un pseudo scandale, une demi-fesse épilée, un beau-parleur, un micro et un haut-parleur et l’affaire est dans l'sac !

mercredi, 13 février 2008

Retournement de la déviation

Une affiche de cinoch, en ce moment, dans les rues, montre un petit garçon face à un grand monstre. Décriptage psychologique : Papa, maman interdisent à leur petit garçon de se toucher ses parties génitales. Le « désir » (en fait : la force irrépringible de la vie encore non-domptée présente dans l’organisme, en mouvement dans le corps de cet enfant) grossit de plus en plus à tel point qu’il ne sait plus quoi en faire et qu’il s’en dissocie, qu’elle devient autre que lui par un rejet vers l’extérieur : elle se présente alors devant lui dans toute sa puissance plus ou moins monstrueuse. L’affiche fait percevoir et espérer qu’il réussit à maîtriser l’affluence de sa génitalité.

Et les gens, eux, qui vont voir ce film, vont voir quelle est la solution adoptée par ce petit garçon pour réussir à dompter cette énergie que leurs parents leur avaient interdite de résoudre par la manière naturelle : de simplement se toucher les organes génitaux et d’en satisfaire le besoin de satisfaction, qui sont une affaire intime, personnelle.

On montre principalement la résolution de ce problème dans la personne d’un petit garçon : c’est que le sexe masculin est, lui (et si on veut !) visible lorsqu’il est en érection : c’est plus facile. Mais il arrive aussi qu’on montre cette solution (en image) du problème de la génitalité chez l’enfant par des grottes, des images sombres et gluantes, etc. Le problème n’en est pour autant jamais résolu, car la solution proposée est extérieure, extériorisée sans plus de relation physique qu’une relation psychique, en image, avec la personnalité.

C’est qu’il est difficile d’admettre, pour de telles personnes, que le seul fait de montrer de telles images montre à la fois A — le problème ; B — la manière de le résoudre qui est à l’image de cette image (c’est-à-dire impossible de cette manière !) ; C — le désir que l’on a à la fois de le résoudre et de ne pas le résoudre (et comment donc, puisqu’on a séparé la racine devenue problème de ses feuilles ?) et D — la satisfaction que l’on a de le voir perdurer, puisque c’est ce mode de vie qui vous permet, maintenant, de retirer de cette manière encore de la satisfaction de la vie (en tenant éloignés le problème et sa solution pratique, radicale). On est pas sorti de l’auberge, les garcs, pas sortis du tout.

J’ai nommé l’ensemble de ces quatre éléments indissossiables une « préoccupation », je veux dire que, dès qu’un et un seul des éléments précités, précisément, de ce problème (la satisfaction génitale interdite au cours de la prime enfance et plus tard) est effleuré, c’est l’ensemble qui se manifeste et obnubile l’ensemble de la personnalité.

L’être qui a réussi le plus à se civiliser est celui qui a réussi à mieux montrer que ce problème ne le préoccupe en aucune manière (y’a qu’à regarder sa cravatte ou la manière qu’il a adopter d'emberlificoter les gens). Et celui qui aura le plus de succès sera celui qui, non seulement, réussira à démontrer que c’est là le moindre de ses soucis, mais encore qu’il peut vous apprendre à en faire le moindre des soucis pour vous, c’est-à-dire à vous faire miroiter que sa méthode (et il en existe un grand nombre, plus ou moins populistes) est la meilleure pour vous : vous n’avez, finalement, que l’embarras du choix, mais élisez bien !

Car réussir avec grand succès, vous-même, à faire une moindre de vos préoccupations de ce problème, vous devenez par là-même un meneur, une vedette, célèbre ! Il y aurait d’ailleurs de quoi en faire un film avec des images montrant des gros trucs sortant de l’eau, plus ou moins succeptible d’être votre « ami », par exemple, ou une balade bien angoissante dans une caverne humide, au plus proche de vous faire bouffer par un « alien ».