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jeudi, 07 février 2008

Logique de l'affaibli

Les temps changent, c’est long, mais ça change : au Congrès sur le suicide qui se passe je ne sais où en ce moment en France, un psychiatre de renom a affirmé que l’alcoolisme pouvait fort bien être considéré, non pas comme une méthode lente de suicide, mais au contraire : comme une manière de NE PAS se suicider. Ça évolue tout ça, ça évolue !

En fait, c’est déjà commencer à admettre que pour supporter le contexte social dans lequel ils vivent, des individus éprouvent le besoin de boire, de s’en séparer par les effets de l’alcool. Bon… on va dire qu’ils sont faibles ! C’est pas si sûr. Sans vouloir dire que toutes les personnes qui boivent sont fortes, l’expérience que j’ai de cette société est que justement elle déteste les individus « forts », je ne veux pas dire « qui font usage de la force physique » je veux dire « qui supporte fortement de fortes émotions pour en jouir ». Dans ce contexte, je ne parle pas non plus de la souffrance, mais du plaisir et, dans ce contexte, par exemple, la relation sado-maso est faible.

J’ai émis il y a un temps l’adage : « L’humanité sera heureuse le jour où le plaisir aura cessé de faire souffrir ». Car c’est précisément l’incapacité à « supporter » le plaisir qui donne aux gens le désir de le faire souffrir, ce plaisir de vivre. Cette société admet les individus qui soulèvent de fortes émotions quand elle peut trouver un moyen de s’en séparer, trouver moyen de poser un écran « social » entre le soulèvement de l’émotion et l’émotion soulevée. L’émotion étant indispensable à la vie, au vivant, cette société soulève des émotions mais comme « mortes », comme exsangues de vitalité, des émotions dont la vitalité a été purifiée de sorte à pouvoir être admises par elle. « Tout ce qui était directement vécu s’est changé en représentation ».

Cette société considèrera donc comme vertu l’usage de la force physique, l’irrespect de l’autre, forces qui soulèvent des émotions sado-maso ou de victimes face à une perversité, des plaisir-angoisse. L’orgasme, qui est la FORCE de la nature se manifestant, est réduit à une éjaculation et un cri resté coincé dans une gorge ; et nous voyons ici la réalité de la liberté donnée à cette émotion, ce mouvement du vivant, liberté et mouvement qui se retrouvent partout ailleurs dans le monde humain, les relations sociales qu’il entretient avec lui-même, ces enfants en bas-âge, par exemple, SANGLÉS dans des poussettes et qui se tortillent comme des fadas pour se sortir de cette contrainte à la vie. Le pouvoir d’identification de leurs éducateurs (mère, père, etc.) est dans un tel abîme qu’il ne perçoit pas la souffrance de cet enfant, ne la comprend pas afin d’y trouver le remède adéquat à la vie en lui donnant libre cours et de trouver les moyens pratiques pour que ce « libre-cours » (je n’ai pas dit « licence », j’ai dit « libre-cours ») puisse se réaliser.

On a admis que la maltraitance à l’enfance se répercute sur sa vie adulte et que si la majeure partie des maltraités reste soumise à l’état des choses, pour lui laisser toute licence, elle va s’identifier à ces individus qui, eux, ont refusé la soumission et se sont « révoltés », qui ont refusé de se soumettre ; soumission dont ils sont incapables de se défaire par eux-mêmes. Bien sûr ce système est nécessaire pour que la maltraitance disparaisse par un jeu de balance entre deux extrêmes. Mais aujourd’hui on a perçu cette relation entre la maltraitance à l’enfance (ce genre de sanglage qui ressemble fort à l’emmaillotement des temps plus ancien, les meurtrissures d’ordre directement sexuel, etc.) et le comportement de cette personne arrivée à l’âge adulte. Mais non, on continue… On a fait la relation entre l’esprit « guerrier » d’un peuple et la maltraitance que subissent les enfants de ce peuple et notamment l’emmaillotement et le désir de se battre : une fois acquis la FORCE PHYSIQUE pour le faire, pour pouvoir affirmer son désaccord à la restriction qu’on apporte à sa vie (ne serait-ce que comme souvenir somatisé), on se met en « droit » de pouvoir manifester cette force ; et l’organisation sociale d’un tel complexe permet ce genre de chose, bien sûr.

La société va SE trouver des héros militaro-policiers, athlétiques, politiques, chacun dans son genre donnant à ce peuple la possibilité de rêver à un solutionnement de son problème : la vie vivante sans la maltraitance qu’elle a dû subir en bas-âge. Mais le moyen utilisé, la représentation du problème sans solution pratique et immédiate, n’est pas le bon.

Et pour celui, donc, qui n’a pas subi profondément ce genre de maltraitance, il est amené à vivre dans un contexte social dans lequel il est d’abord assez libre (puisqu’il ne conçoit pas l’entendement nécessaire à la compréhension de ce qu’il trouve évident et naturel) ; il en vient ensuite à trouver des sources de plaisir (musique, écriture, peinture, ouvrage) qui commencent à dénoter dans ce contexte par l’expression d’une liberté (pas une « licence ») ; on continura par trouver une manière de l’enfermer quelque part ; il commencera à être abasourdi ; il va mettre dix, trente ans pour tenter de comprendre ce qu’il se passe ; pour cela, pour se séparer du contexte social, il boira parce qu’il aura constaté que l’usage d’autres drogues ne permet pas de ne pas s’embrouiller dans cette affaire ; et finalement, quand il aura compris que cette société est véritablement effrayée par la vie vivante, il se demandera bien ce qu’il lui reste à y faire.

Pour aussi beau que soit le monde, il ne peut donner que ce qu’il a et on ne peut lui reprocher la misère humaine. C’est l’humain qui est responsable de sa propre misère, de la misère humaine, et nul autre que lui, partout sur cette planète. Il serait temps qu’il s’en rende compte. L’être doté par excellence du pouvoir planétaire d’adaptation est démuni face à lui-même tout simplement parce que le contexte social qu’il a créé, et donc il est l’émanation par la succession des temps, refuse d’admettre que, entre autres, ce « pouvoir d’adaptation », c’est la vie, une manifestation du vivant vivant.

lundi, 04 février 2008

L’impudeur de l’impublicité

En demandant au procureur de la République de Paris une dérogation pour ne pas avoir à publier les bans de leur mariage, nos épousés présidentiels en on fait un SECRET d’État : nul ne pouvait en connaître la réalisation avant son effectivité.

Vous comprenez ? Il ne s’agit pas d’être procédurier mais de préciser que les procédures CIVILES ont une raison SOCIALE d’être, que ces procédures ont été instituées par la vie civile pour des raisons de certification sociale, d’acceptation par la société de la réalité d’un tel fait : le mariage.

Or, ce mariage est resté SECRET malgré son absolue nécessité de publicité puisque l’épousée prend cette étrange fonction de « Épouse du président de la République ». Je veux dire malgré le fait qu’il ne peut être que publique, puisque l’épousée prend cette étrange fonction de « Femme du président de la République », les administrés de la République n’en n’ont pas eu vent à travers la publication des bans d’une part et se sont trouvés devant le fait accompli d’autre part. C’est une méthode qu’on commence à reconnaître, j’espère.

Ce mariage aurait tout aussi bien eu lieu normalement, à l’Élysée (puisque c’est un lieu public) avec les invités désirés (puisque c’est la prérogative des époux) et après la publication des bans (puisque c’est ainsi que cela doit se passer lorsqu’on ne se sent pas au-dessus des lois et qu’on n’est pas dépourvu des moyens de les outrepasser). Mais la complication qui règne dans la tête des personnages en question est telle, que les choses les plus simples y prennent une tournure absurde.

La publication des bans a pour objet de laisser la possibilité à quiconque de s’opposer au mariage d’une part et d’autre part, par la réalisation de ce mariage, de souligner que nul ne s’y est opposé, c’est-à-dire qu’il n’a été désapprouvé par personne. La non-publication des bans, dans le cas de ce « mariage » est, soit-disant, basée sur une certaine pudeur tandis que l’épousée se montre dénudée dans des revues disponibles gratuitement, etc. Qu’elle ait eu une vie privée, cela ne me regarde pas. De même que notre président. Mais il s’agit ici de vie publique, c’est-à-dire du respect des normes, des lois, des us et des coutumes par le représentant de ces normes, lois, us et coutumes.

C’est quoi exactement la nature du pouvoir d’un président, chez nous ? C’est bien selon des lois, des normes, etc. qu’il en a été doté, non ? On aurait, au moins, désiré d’un tel personnage qu’il se hisse à la hauteur de sa charge mais il rabaisse tout à sa propre hauteur ; et s’il porte des chaussures compensées, c’est pour mieux la piétiner en regardant ailleurs.

Lorsque le Président du Conseil constitutionnel lui fait une remarque d’ordre « protocolaire » ("À partir du moment où vous avez reçu une mission du peuple, quelle que soit cette mission, il y a une certaine tenue à avoir"), on répond : "Le président du Conseil constitutionnel doit être à l'abri de tout soupçon de partialité. Il n'avait pas à dire ce qu'il a dit". Laissez-moi rire ! Quelle tristesse.

Ainsi disposé il s’agit davantage ici d’un ARRANGEMENT qu’autre chose, d’un rossignol comme on dit dans notre milieu. Cette complication n’en a pas terminé de se manifester, croyez-moi, ni de nous en remettre dans le dos, ni par devant, ni par derrière, et surtout pas du plus équitable. On continuera par la « Révision de la Constitution », par exemple, puis le Traité de Lisbonne… on verra pour le reste plus tard !

—oOo—

Tient, par exemple : parlons de la loi de 1905 sur la position de l'État vis-à-vis des religions, qui précise dans son article premier : « La République assure la liberté de conscience » ; ce qui devient dans la bouche de Michèle Aliot-Marie, ministre de l’Intérieur : « Je dois assurer la liberté de croyance de tous » (LeParisien du 4/02/08, page 16). Pour ces gens la conscience c’est la croyance : tout est dit ! On va donc alléger les contraintes établies pour la protection des personnes contre les « sectes » (ces sections éparses carrément tenaces d’endoctrinement) et démanteler le service gouvernemental chargé de l’affaire. On verra bientôt ces punaises vous demander devant les tribunaux réparation pour les avoir traitées d’aberration affective. Vous vous souvenez ? Le 30 août 2004 de la « rencontre » de NS (Nénesse) et de Tom Cruze.

La définition de la laïcité par un curé ne laisse jamais de rester équivoque : c'est donner à Nénesse la laisse pour éviter de se faire battre.

Nous sommes, et j’en suis particulièrement fière, le pays le plus athée de la planète et pas des moindres. C’est une des principales raisons pour laquelle les peuples différents, et notamment les États-uniens, nous comprennent si peu. Un invité de ce pays pensait que j’étais « communiste » parce que je suis particulièrement athée. Je n’ai rien ergoté sur le terme « communiste », mais ils sont sérieusement à la traîne, tout de même, aussi pour cela. Il ne faut pas oublié qu’une des principales raisons de l’accession au pouvoir de Hitler est qu’il s’est présenté, lui-même, comme un rempart au « communisme » dont la manifestation la plus abstrusément délirante se retrouvait dans la personne de Staline.

Ce n’est que beaucoup plus tard que ces politicards auparavant effrayés par un « communisme » issu de leur fantaisie (dont il percevait cependant un danger certain pour la société « libérale ») se sont aperçus de l’erreur… mais c’était déjà bien tard : le nettoyage des « communistes » avait commencé depuis un moment — dès le début, en fait, en 1933 — et ça sentait le roussi des chairs brûlées, le sang qui giclait des torturés, les expériences sur la ténacité humaine, la révolte, la soumission. Tout un chacun était traité comme de la vermine communiste et l’Occident en était content : « Ouf, un rempart ! ».

D’ailleurs, en politique, il n’y a pas d’erreur, même quand il s’agit de millions de gens, il y a juste une « légitimité » plus ou moins évidente, sans plus, qu’ils se reconnaissent entre-eux. « Responsable mais pas coupable ».

On va donc revoir émerger des fosses de basses-cours de la pensée malade, les obscures méthodes d’endoctrinement qui vous mèneront, le cœur beaucoup plus gai au « Travailler plus », la légitimisation d’une sexualité directement tranchée dans le vif avec une justification d’ordre « cultuelle », la séparation des sexes et une police spéciale pour les récalcitrants. Il y a encore trop pour ces curetons dans ce pays, zut !

Le problème est que le procédé va être discret car la majeure partie de ceux qui seraient ici et là pour nous informer, en font parti, car pour eux il ne s'agit QUE d'une polémique, sans plus.