dimanche, 20 janvier 2008
Le grossier du parcimonieux
Page 9 du Monde du 19 janvier 2008, une demi-page consacrée à de la pub pour des tires : « Meilleurs vœux pour l’environnement », c’est le titre de la pub. Alors, alors…
Une bagnole que cette pub vante produit en gros, selon des critères autogérés bien évidemment, 125g de CO2 au km. Intéressant pour l’environnement ? Une telle bagnole qui va à 90 km/h a produit plus de 11 kg de CO2 en UNE heure ; plus de 16 kg si elle va à 130 km/h. Il s’agit, bien évidemment, de voitures modernes sur lesquelles le constructeur a porté une attention sourcillieuse sur ce point, au point qu’il vante et s’en vante.
Ces bagnoles se sont vues décerner le « bonus écologique gouvernemental ». Il y avait effectivement de quoi en faire une demi-page. 48 millions de bagnoles en France qui parcourent, à 95% pour le transport d’une seule personne qui tient les gouvernes de cette petite boîte à roues et à volant, qui pue, environ 150 000 km par an.
15:38 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Politique, écologie
Les excès du parasite ou le parasite de l'excès
Je ne sais comment dire. Il s’agit des OGM dont il est affirmé qu’ils minimisent l’usage de certains poisons chimiquement élaborés par l’humain pour les prémunir des insectes, des champignons et le reste.
J’ai un tout petit bout de terre (1m x 6m) et je plante des bulbes, des herbes, des trucs qui m’amusent. J’aime voir la croissance des plantes, leur floraison, leur fructification et leur déclin. Bon : chacun ses goûts.
Mais je vais relater une expérience que je trouve éclairante. J’adore la fleur de la capucine : ça a goût à poivre et c’est sucré. Je plante de la capucine de graines qu’une amie m’a refilées. Ça pousse pépère. Mais, à mon goût, ça ne pousse pas assez vite. Alors j’arrose copieusement.
Et un matin, je vois que ma capucine, bien gonflée d’eau, est envahi par des pucerons communs. Zut ! Je commence à les enlever à la main. Mais, les jours passant, l’ouvrage devient impressionnant ; et puis on a l’impression d’être dépassé.
J’avais lu un truc d’un Danois qui disait que la plante a une relation organique avec son environnement ; c’est-à-dire que ce que l’on nomme « maladie » chez la plante est une manière d’échange entre deux « trop », deux éléments qui sont en excédent, dont l’un pourvoie et l’autre dilapide. Et je me suis demandé si je n’arrosais pas « trop » ma plante.
Aussi, j’ai cessé de l’arroser, émettant l’hypothèse que l’eau du ciel lui suffirait. Deux semaines plus tard, elle était bien plus « maigrichonne » mais bien plus robuste, aussi. Et les pucerons avaient diminué en nombre d’au moins 75%. J’ai donc pensé que ces petites insectes profitaient de l’excédent de sève de la plante, excédent dont j’étais responsable par un arrosage excessif.
Je n’ai pas eu moins de fleurs car la plante était diminuée par les pucerons qui étaient présent sur les tiges à fleurs. J’ai eu le nombre de fleurs que ma plante m’a donné. Aurais-je utilisé un produit destiné à me débarrasser des insectes que ces fleurs auraient eu un drôle de goût : impensable, donc d’en utiliser.
Et puis j’ai lu chez Bourguignon que les engrais, en fait, « gonflent » la plante comme une baudruche mais n’apportent rien de plus que cette transformation gonflante. C’est comme de la poudre de talc dans la farine : le poids et le volume augmentent, certes, mais le pouvoir nutritif (ce à quoi la plante est destinée, finalement) n’est en rien modifié, sinon même diminué. Si je suppose que ce gonflement correspond à mon excès d’eau, il est normal donc que des insectes et des champignons se mettent à « profiter » de ces excès. Les « mauvaises » herbes (qui sont chez elles là où elles poussent, finalement !) profitent de même des excès humains.
L’usage des insecticides et des pesticides et des fongicides et des herbicides demandent donc une réflexion, indispensable, avant d’être utilisés : ceux sont là des POISONS, non pas seulement pour les insectes, herbes et champignons, mais à un ensemble dont les insectes, herbes et champignons sont une partie dans la relation plante/environnement. En fait, ces insectes, etc., sont là pour indiquer à l’humain intelligent un déséquilibre (par rapport à la destination que cet humain attend de SON usage de la plante) d’avec l’environnement de la plante et, plutôt, qu’augmenter ce déséquilibre, il serait plus judicieux de le comprendre et de l’utiliser à nos fins : pas de DÉTRUIRE l’environnement de la plante, bien sûr.
Cette réflexion, nul ne pourra l’entreprendre s’il n’est déterminé à botter le commerce chimique du pays de la vitalité. On en est loin, ne nous en faisons pas ! On a le temps de crever, du simple fait que le parasite meurt de ses excès sur le parasité : on le sait, on l’a étudié, répertorié, classé ; mais cela s’adresse aux autres animaux, pas à nous… ainsi que le raconte cette petite histoire : Un scorpion désire traverser un cours d’eau. Il va voir la grenouille. La grenouille est méfiante, mais le scorpion la rassure : « Si je te pique, tu meurs, et si tu meurs, je me noie ». La grenouille, assurée de cette logique, prend le scorpion sur son dos et se met à traverser le ru. Au mitan du lit, le scorpion la pique. La grenouille : « Mais pourquoi ? ». Le scorpion : « Nul ne peut outrepasser sa nature ». Il a crevé donc de sa bêtise mais en emportant quelqu’un d’autre avec lui.
Bien qu’il ne l’ait jamais été jusqu’au environ de 18ème siècle, si on veut, l’humain est devenu depuis cette époque un parasite : il n’a fait, finalement, qu’augmenter son domaine d’exploitation à la nature ce qu’il s’octroyait gentiment à lui-même. Mais si auparavant son action sur la planète ne posait pas trop de problème, si son sang versé par le fer et le plomb, ne faisait qu’engraisser la terre, aujourd’hui il a porté son exploitation au ROUGE feu.
Peut-être une solution viendra-t-elle quand il aura compris ce qu’est un « parasite » lui-même… peut-être ! Est-il assez humble pour cela ? J’en doute fort. Il ne sait pas ce qu’est l’humilité, sinon que de bigot qui n’a rien à voir avec l’intelligence.
14:40 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Politique, écologie
Maxima des minimums
Dans le Figaro du 19-20 janvier 2008, page 18, il y a un article d’un économiste amusant. Dans les extraits, toutes les italiques sont de moi.
Il nous dit que l’OCDE s’est donné « de limiter l’augmentation de la température à un maximum de 2°C (3,6°F) au dessus des températures pré-industrielles ». (…) « Empêcher les températures de s’élever de plus de 2°C nécessiterait des réductions d’émissions draconiennes et immédiates. Pour les pays de l’OCDE, les réductions devraient être inférieurs de 40 à 50% de celles prévues sur douze ans ».
Autrement dit : non seulement les moyens prévus pour atteindre un objectif maximum de 2°C sont insuffisants de 40% à 50%, mais en plus il faudrait 40% à 50% de plus de mesures « draconiennes et immédiates » par rapport à celles PRÉVUES d’être adoptées. C’est-à-dire que non seulement nous restons dans la simple prévision, mais ces prévisions, ces rêves de résolution du problèmes, sont insuffisantes de 40% à 50%.
Il continue plus loin : « Notre objectif de réduction rapide des émissions de CO2 est à la fois inutilement cher et sans grande chance de succès. Au sommet de Rio de 1992, nous avions promis de réduire les émissions avant 2000 et nous avons dépassé l’objectif de 12%. À Kyoto, en 1997, nous avions promis des réductions encore plus radicales d’ici l’an 2010 que nous manquerons de 25%. » Joli travail n’est-il pas ? Ha ! ces politiques quels rigolos ! quels supositoires du Capital, quels incapables ! Ils réalisent, finalement, que ce qu'on leur permet de réaliser, ni plus ni moins et selon la seule manière dont ils sont capables.
C’est que notre économiste nous en donne une raison un peu auparavant : « Même si le consensus politique pouvait être atteint [remarquons qu’il ne s’agit que du consensus POLITIQUE, pas de la résolution du problème planétaire], le coût serait phénoménal : une simulation avance que le coût mondial total tournerait autour de 84 trillions de dollars, alors que les bénéfices économiques ne se monteraient qu’à un septième tout juste de ce montant ». Sacrifions le monde pour 6/7ème de dépenses exemptes de retour sur investissement ! Qu’importe la perte du monde face à une perte économique ! On voit aussi sur quoi se porte l’intérêt d’un tel artiste de l’Économie.
Ce point de vue émanant d’un « groupe de huit économistes renommés dont trois Prix Nobel qui travaillent sur la meilleure manière d’améliorer le bien-être global » (sic !) montre la borne de l’Économie ayant à ce point imprégné les têtes qui refusent à la fois d’admettre qu’il s’agit là du système générateur des nuisances mais aussi son incapacité à résoudre le problème qu’elle génère car elle ne pense qu’en « retour sur investissement » quitte à crever d’une constipation de dollars en décomposition. La solution, donc, du problème de ne pas dépasser de 2°C de réchauffement climatique (ce qui est ÉNORME à notre échelle d’humain) ne réside PAS dans l’Économie ; et pour résoudre ce grave problème demandant en plus 40% à 50% des dispositions draconiennes et immédiates que celles PRÉVUES il faut adopter autre chose qu’un plan de l’OCDE.
Cessons de travailler pour l’Économie est une des meilleures dispositions qui soit. À nous d’en trouver l’organisation, de rendre organique cette disposition adéquate et indispensable !
13:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Politique, écologie
vendredi, 18 janvier 2008
Le commerce ? : la merdification du monde
C’est pourtant simple, non d’une pipe, le commerce c’est la merdification du monde. Pourquoi ?
Le commerce DOIT vendre : c’est son objectif, sa raison d’être, son existence qui nécessite son auto-existence et son auto-reproduction (aller, je n’y manque pas : sa bagnole-existence et sa bagnole-production). Pour vendre, il doit faire fabriquer des choses À VENDRE. Pour être vendues, ces choses doivent être achetables, c’est-à-dire qu’elles doivent contenir une utilité, un peu comme on est obligé de manger parce qu’on a faim et on a faim parce que l’on vit.
Mais on ne mange que ce qu’on a dans son assiette, c’est-à-dire ce qu’on a trouvé sur le marché des choses à manger, ce que le commerce vous donne à acheter (et oui : donne à acheter) ; à moins d’avoir des circuits différents que ceux de la marchandise — qui produite dans le but d’être de la marchandise et seulement cela (LeDoux produits 43 milliards de poulets tous identiques les uns aux autres au cours d’une année), non pas pour nourrir, mais pour être achetée parce que vous avez tout bonnement faim du fait d’être en vie. Ainsi, le commerce vous fait acheter n’importe quoi du fait que vous avez besoin de vous nourrir, sinon vous avez encore plus faim et parfois vous en mourez. Exactement comme les animaux d’élevage qui ne peuvent manger que ce qu’ils trouvent dans l’auge : PAREIL.
En dehors donc de la nourriture et de quelques autres trucs, on pourrait attendre de la production humaine des choses qui durent car leur renouvellement ne contient pas directement un caractère d’urgence, caractère que contient la marchandise. On pourrait attendre de la production humaine des choses une pérénité dans leur usage.
Or cette utilité qui perdure la vie avec le moindre heurt car « parcimonieuse » du temps, de la matière première et de l’énergie, est la contradiction même du commerce qui doit TOUJOURS et SANS FIN vendre en plus grand nombre. Pour cela il doit faire des choses qui ont l’APPARENCE de l’usage de l’utilité, sinon il ne vendra plus ! Dans ce but « VENDRE », le commerce concevra donc des choses, non pas d’utilité se rencontrant dans un usage, mais d’utilité se rencontrant dans le commerce pour lui-même, des marchandises. Et c’est ce qui se passe. Il s’agit de choses dont doit D’ABORD se débarrasser le commerce sous couvert d’une utilité d’usage et non pas de choses possédant une utilité, un usage utile destinés par leur judicieuse conception à une « économie » du temps, des efforts, des matières.
Nous n’achetons pas un interrupteur, par exemple, nous achetons un interrupteur à venir, car celui qu’on nous vend c’est de la daube : il ne VAUT rien en USAGE, sinon que notre argent pour l’acquérir. Lorsqu’on affirme que la panne est programmée dans l’usage d’une utilité, cela revient à dire que son utilité contient le « prochain » achat de la même chose. Vous saisissez ? Vous n’achetez pas seulement la choses que vous êtes en train d’acheter — et que vous acquerrez pour en avoir l’usage immédiat — mais vous achetez aussi la pérennité du commerce, la même chose à venir (ou une autre approchante) que vous êtes, présentement, OBLIGÉS d’acheter. Il est tout de même étonnant que, doué de la grande expérience de l’usage des choses, on ne crée JAMAIS de choses pérennes. Quand on démonte une chose tombée en panne, on s’aperçoit de la stupidité de la panne et on ne peut que constater que cette panne était, dès l’achat, prévue, qu’il est prévu que vous en achèteriez une autre incessamment !
L’ail rose de Lautrec est brûlé aux racines avant sa mise en vente pour qu’on ne puisse pas le replanter : qu’on ne me parle pas des produits issus de l’ingénierie biologique ici, où le grain récolté est rendu stérile afin de ne pouvoir pas s’en servir comme semence ! Les paysans français, ici en France, sans ingénierie biologique, font de même pour conserver leur prérogatives sur leur produit, tout comme ! pour conserver les prérogatives de leur commerce. Le commerce merdifie le monde.
« Ha mais… de toutes façons, le cœur de l’ail est indigeste », me dit-on. Tu parles, bouffi, dans de telles conditions, comment veux-tu qu’il soit mangeable. Car, c’est une manière de pensée qui envahit le monde : pour se prémunir de quelques pertes de prérogatives de commerce, on pourrit le reste du monde, qui est en proportion égal à ce que ne cache pas un écran de télévision, même grand format, par rapport au milieu où il déverse ses images ! Pour se protéger d’infimes (comparés à l’ensemble du monde) inconvénients, on va merdifier l’ensemble du monde.
Alors on va me dire qu’il faut bien CRÉER du TRAVAIL, une occupation de leur temps aux générations présentes et futures. Si tant est qu'on soit d'accord, d’accord, mais pas du travail destiné au commerce qui merdifie le monde : on en a le résultat devant les yeux dès lors qu’on les sort de l’espace ridiculement (tant dans l’étroitesse de surface que d’esprit que de ce qui y est montré qui corrobore sans fin le commerce) petit d’un écran de télévision que vous serez bientôt obligés de remplacer !
D’ailleurs, chers amis, le travail est toujours lié au commerce, et inversement : le commerce est toujours lié au travail d’un autre.
22:10 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Politique
lundi, 14 janvier 2008
La policité publitique
Submergés par le nombre et la surface, tout le monde connaît la « publicité ». Il s’agit d’un procédé, arrivant selon l’ONU, troisième dans le monde selon le budget qu’on y consacre (après les ventes d’armes et celles des drogues illicites — dans lesquelles ont ne compte pas les « licites, je veux dire). C’est le troisième budget des dépenses de la planète.
La publicité c’est donner une image plus acceptable que d’autres à des produits mis en vente afin qu’ils soient davantage achetés que d’autres. On doit, bien sûr, faire ressortir ce produit, face à d’autres aussi mauvais, pour que l’intérêt de chaque particule composant le public, chacune en son âme et conscience propre, juge opportun d’en faire l’acquisition ; et pour les ceux-ce dont le sens critique est des plus cabossé, sans en avoir spécialement besoin.
D’autre part, ces produits doivent se vendre vite car d’autres suivent qui contiennent plus de « progrès » dedans c’est-à-dire dont l’aspect est plus attrayant idéellement ; et cette idée est que l’humain travaille moins, bien sûr. Mais, on le sait bien, en fait, il ne travaille pas moins quand il acquière de tels produits. La publicité est de rendre attrayant, par n’importe quel moyen (par omission, par pensée et par action) un truc, un chose, un bidule, une babiole, une baliverne. Souvent, dans ces pages que tu lis, cher lecteur, je parle de vin : c’est que pour manger la nourriture que nous propose le marché que la publicité nous fait accepter par la vénération qu’elle en donne, payée, il faut du mauvais vin ; et comme il n’y a plus sur ce marché que des choses (pas de la nourriture, de l’habit, du logement, non : des produits de l’agriculture, de l’industrie du vêtement, du parpaing, des choses) que du mauvais pollué, dé-goûté, aseptisé, etc., de boire du bon vin reviendrait à en faire la critique pratique : de prendre des dispositions pour pouvoir en boire du bon. C’est pour cela que celui que l’on trouve bon ici, est médiocre ailleurs, faute de gaité.
Le progrès consiste aujourd’hui à plus de police dans tout ce que l’on mange, boit, utilise pour se vêtir, pour se loger, pour se distraire : c’est ce qui lui donne sa consistance particulière. Le progrès est nécessaire à la publicité pour faire acquérir des produits du marché de la marchandise, des trucs, choses, bidules, fabriqués essentiellement dans le but précis d’être vendu : dont l’âme ne contient que cette destination qui est une série de transactions dont le dernier sujet est le « consommateur ». Le progrès, lui, est l’adjuvant permettant à la publicité de venter (mettre en vent ou faire du vent avec) tel ou tel aspect d’un truc, bidule, chose afin de justifier à la fois sa propre existence, à la fois l’existence du produit qui contient ce progrès et à la fois ce progrès lui-même, bien sûr. Et ce progrès (je me répète pour qu’on ne l’oublie pas) n’en est un que par rapport au produit lui-même, à sa relation avec d’autres produits similaires, analogues, identiques, c’est une technicité et rien d’autre ; une utilisation diversement ingénieuse appliquée à une chose, un truc, un bidule.
Pour vous montrer que vous êtes vraiment abrutis, la publicité suppose que vous faites de la purée avec des gants de boxe, par exemple, non pas pour tenir l’outil (un presse purée) à l’aide de ces gants (il peut y avoir des petites mains, n’est-ce pas) mais pour écraser les pommes de terre avant même qu’elles ne soient cuites. Il doit s’agir de rubymens, je pense pour savoir de la sorte faire de la purée. Et pourquoi cela, que vous êtes pris pour un abruti ? Pour vous montrer que vous seriez plus intelligent en employant un truc. Déjà je connaissais, au plus prompt, la simple fourchette, sans utiliser de gants de boxe, maintenant il y a un truc qui va me sortir de la connerie dans laquelle me noie la publicité pour me faire acheter son truc. Mais ce truc, est-il vraiment moins stupide ? Je vous laisse juge.
Un autre exemple : on voit un type, dans un rue brunâtre, seul, avec des cailloux assez gros derrière lui, comme s’il les semait.
On pense :
— Si c’est le Petit Pousset, il doit avoir une sacrée poche et il doit pas aller bien loin car une telle dose de cailloux aussi gros dans un tel but nécessite obligatoirement une brouette, or je ne vois pas de brouette. S’il ne s’agit pas ce personnage imaginaire, il doit s’agir d’un imbécile qui ne sait pas avoir la mémoire des lieux où il passe, parce que dans le forêt, je veux bien (encore que ????) et pour un enfant petit et maigrelet, mais dans la rue ? Et ce type ne semble pas petit et maigrelet. Il doit donc s’agir d’un paumé : le personnage que ce 3 X 4 me présente doit être un paumé. Il ne sait pas lire, demander sa direction aux gens, comparer un plan à une situation, et avoir peur de se perdre. Ce type, le pauvre, est mal barré.
D’autant qu’il s’agit d’un personnage isolé ; je veux dire : supposont que quelques autres personnes (parce qu’aussi stupides que la publicité voudraient qu’elles soient) se mettent à utiliser ce procédé pour revenir chez soi le nombre de cailloux qui jaloneraient le trottoir le rendrait dérisoire. Mais il s’agit précisément de cela : d’isoler les gens les uns des autres pour rendre (faire percevoir comme) indispensable et la politique et le produit de la publicité.
Alors je lis le laïus de l’image : on fait penser que le transport avec soi d’un appareil serait plus judicieux que la méthode que le sujet de cette image utilise. Ha bon ? Un type aussi abruti, savoir utiliser un truc moins stupide que lui ? Mais serait-il le trouver, déjà, qu’il risquerait fort de ne savoir pas à quoi cela sert ! Et, pour le trouver il faut savoir trouver un magasin (entrepôt distingué) où ce truc, bidule, machin-chose serait déposé et comme il est paumé, de toutes façons, cela ne va pas être facile pour lui. Alors, il va se mettre à demander aux gens sa direction, il va trouver un plan pour s’orienter, il va être obligé de se souvenir du nom de certaines rues. Ainsi, la démarche même d’acquérir le produit venté lui permettrait de s’en dispenser : il faut chercher à l'acquérir en toute conscience, en n'oubliant pas de trouver la méthode pour s’en dispenser. Cette pub est vraiment abruti ou alors il faut détenir une sacrée couche pour acquérir ce qu'elle vente.
Mais il y a des publicistes qui prennent encore les gens pour plus cons qu’ils ne sont eux-mêmes, et sans vergogne : je veux parler des politiques. Bon, je vois des réprobations dans la salle, aussi je vais employer la même méthode pour démontrer la réalité.
Il y a deux jours, on apprend que l’Angleterre a opté pour le retour au nucléaire, à travers des moyens privés. Il va être consacré environ (aujourd’hui ! on sait ce qu’il va en être demain : 4 ou 10 fois plus !) 100 milliards d’euros à l’affaire. Bien. Mais cette décision vient d’où, émane de quoi ? Des politiques. Et à qui profite ce genre de décision
Mais ce ne sont pas là les mêmes intérêts. Un politique, donc, est bien une publicité en chair et en os destinée à faire accepter l’invasion de la vie par des procédés pourrissant la vie, le vivant : j’en veux pour preuve le résultat dans lequel nous sommes aujourd’hui (ceux qui ne sont pas d’accord ne sont pas obligés de rester dans la salle : la porte leur est ouverte pour qu’ils puissent respirer l’air pur de nos villes, boire l’eau pure de nos robinets — quand il est encore autorisé de s’en servir pour s’en désaltérer —, de faire naître nos enfants dans des conditions humaines, pas selon des critères marchands pour le moins, de voir s’égayer nos bambins, librement, dans des espaces un peu plus larges qu’une maternelle, de faciliter l’attraction qu’éprouvent entre eux nos adolescents, et le reste : et en sortant de cette salle, ils peuvent le constater, c’est cela qui est de bien, dans notre monde : on l’a devant nos yeux ou derrière un écran publicitaire ou politique).
Un politique est une publicité sur deux pattes, qui vous parle personnellement en sollicitant personnellement votre approbation, votre vote, avec une intelligence autoformée pour faire admettre son indispensable présence (comme un syndicaliste, finalement, ou un avocat) émergeant du commun par une adaptation mièvre aux dispositions du commun déresponsabilisé de son action sur le monde, personnellement, dont l’objet est cette émergence et qui doit, pour cela, bien comprendre que son intérêt est celui de quelques autres, ou bien réellement, (industries pour faire travailler, oups « pour donner du travail ») ou idéellement en vous bourrant à la gueule des produits de progrès, comme des produits du progrès que nous ne cessons d’être d’ailleurs (le lait maternel contient plus de pesticides que des légumes frais).
Un politique est un maquignon : quelque chose qui vous achète à moindre prix à l’aide de toutes les ruses qu’il dispose et qu’il a apprise dans ce but et que vous êtes prêts à gober ; et c’est un margoulin : quelqu’un d’intermédiaire qui vous fait acheter n’importe quoi à n’importe quel prix. Vu que ni l’un ni l’autre n’ont d’âme que le vent qu’ils possèdent et professent pour des intérêts qu’ils sont obligés de dissimiler (comme la publicité « normale » ne parlera jamais de l’impact du produit qu’elle vente sur le monde), ils ne risquent pas d’aller en enfer puisqu’ils y sont déjà (sinon ils ne feraient pas ce drôle de métier, ils seraient honnêtes), ni de percevoir celui qu’ils génèrent dans notre monde par leur maquignonerie et leur margoulinerie. Et la publicité comme le politique sont on ne peut plus « sincères » ! Vive la policité publitique.
Bien sûr, je ne renie pas que la douche, la machine à laver, la maternité assistée, les contraceptifs, etc., sont là des progrès humains. Ce dont je suis sûr, est de tenter de comprendre pourquoi cela a mis tant de temps à venir, car il ne s’agit pas de progrès, de technicité, mais bien d’une compréhension du monde, de ce que l’on y est, de ce que l’on est et de ce que l’on veut y être. La publicité et le politique masquent ce progrès-là pour des intérêts beaucoup plus avariés, bien que divers.
En conséquence, il y a donc un dispositif destiné à faire acheter au fretin du fifrelin, c'est la « publicité » ; et il y a un dispositif destiné à faire accepter, à faire admettre la nécessité au fretin du gros tirefond : c'est la « politique ». Qu'on se le dise. Quand l’ONU a calculé l’importance du budget de la politique, elle l’a certainement compris dans celui de la publicité !
11:00 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : politique

