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lundi, 13 février 2006

Les malheurs du jour

Les journalistes font vivre le monde comme un film d’angoisse qu'ils rééditent chaque jour : l’humain serait impuissant à régir les catastrophes du monde, ou tout au moins à y réagir correctement, alors qu’il détruit par sa quotidienneté ce monde, créant ainsi les véritables conditions d’existence qui le mettent dans l’angoisse du fait de son action propre.

Les journalistes font de tout et de n’importe quoi une source d’angoisse, et ils interrogent les experts, les politiques, les responsables des polices pour assertir que le monde est ainsi, sans jamais prendre une position sensée, car l’objet même du journalisme est l’équivoque, l’ambigu, le paradoxale, le conflictuel.

Dans le monde journalistique, ce qui est évident est interdit de certitude : la bouffe y est un simple composé commercial, la pollution nucléaire y est une abhération d’illuminés, la liberté une licence bureaucratique, les médecins-mécaniciens-organiques comprennent la vie qui bouge, la police a des plumes d’ange et les poliques sont des êtres compétents près à tout pour vous satisfaire.

Une réalité qui ne se rencontre pas, ou mal, dans son énonciation, alors qu’on en est parfaitement capable, est l’énergie de cette angoisse : si l’humain doit mettre des mots sur la vie, autant qu’ils y correspondent, non ?

Pour un journaliste, qui a peur comme de la peste de la vérité -- qui est comme le vent --, toute possibilité réelle de résoudre les problèmes que se pose l’humanité doit être hideusement cachée par la mort, qui n'est pas pour eux naturelle, mais un artifice de la nature, la coquine, qui s'est liguée contre l'humanité, puisqu'à elle seule elle est un milliard d'angoisses: c'est qu'ils ne savent pas même ce qui fait l'objet de leur quête, la mort, dont ils s'effrayent tant, les pauvres gamins salariés. Un journaliste ne jouit de la vie que par la mort : c'est un malheureux, qui a le micro, qui vous innonde de son malheur de vivre et se déclare heureux de pouvoir le faire, parfois une centaine de fois du jour.

C’est vraiment les gens qui font la misère du monde et non pas le monde qui fait leur misère, nulle part..

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