dimanche, 20 janvier 2008
Le grossier du parcimonieux
Page 9 du Monde du 19 janvier 2008, une demi-page consacrée à de la pub pour des tires : « Meilleurs vœux pour l’environnement », c’est le titre de la pub. Alors, alors…
Une bagnole que cette pub vante produit en gros, selon des critères autogérés bien évidemment, 125g de CO2 au km. Intéressant pour l’environnement ? Une telle bagnole qui va à 90 km/h a produit plus de 11 kg de CO2 en UNE heure ; plus de 16 kg si elle va à 130 km/h. Il s’agit, bien évidemment, de voitures modernes sur lesquelles le constructeur a porté une attention sourcillieuse sur ce point, au point qu’il vante et s’en vante.
Ces bagnoles se sont vues décerner le « bonus écologique gouvernemental ». Il y avait effectivement de quoi en faire une demi-page. 48 millions de bagnoles en France qui parcourent, à 95% pour le transport d’une seule personne qui tient les gouvernes de cette petite boîte à roues et à volant, qui pue, environ 150 000 km par an.
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Les excès du parasite ou le parasite de l'excès
Je ne sais comment dire. Il s’agit des OGM dont il est affirmé qu’ils minimisent l’usage de certains poisons chimiquement élaborés par l’humain pour les prémunir des insectes, des champignons et le reste.
J’ai un tout petit bout de terre (1m x 6m) et je plante des bulbes, des herbes, des trucs qui m’amusent. J’aime voir la croissance des plantes, leur floraison, leur fructification et leur déclin. Bon : chacun ses goûts.
Mais je vais relater une expérience que je trouve éclairante. J’adore la fleur de la capucine : ça a goût à poivre et c’est sucré. Je plante de la capucine de graines qu’une amie m’a refilées. Ça pousse pépère. Mais, à mon goût, ça ne pousse pas assez vite. Alors j’arrose copieusement.
Et un matin, je vois que ma capucine, bien gonflée d’eau, est envahi par des pucerons communs. Zut ! Je commence à les enlever à la main. Mais, les jours passant, l’ouvrage devient impressionnant ; et puis on a l’impression d’être dépassé.
J’avais lu un truc d’un Danois qui disait que la plante a une relation organique avec son environnement ; c’est-à-dire que ce que l’on nomme « maladie » chez la plante est une manière d’échange entre deux « trop », deux éléments qui sont en excédent, dont l’un pourvoie et l’autre dilapide. Et je me suis demandé si je n’arrosais pas « trop » ma plante.
Aussi, j’ai cessé de l’arroser, émettant l’hypothèse que l’eau du ciel lui suffirait. Deux semaines plus tard, elle était bien plus « maigrichonne » mais bien plus robuste, aussi. Et les pucerons avaient diminué en nombre d’au moins 75%. J’ai donc pensé que ces petites insectes profitaient de l’excédent de sève de la plante, excédent dont j’étais responsable par un arrosage excessif.
Je n’ai pas eu moins de fleurs car la plante était diminuée par les pucerons qui étaient présent sur les tiges à fleurs. J’ai eu le nombre de fleurs que ma plante m’a donné. Aurais-je utilisé un produit destiné à me débarrasser des insectes que ces fleurs auraient eu un drôle de goût : impensable, donc d’en utiliser.
Et puis j’ai lu chez Bourguignon que les engrais, en fait, « gonflent » la plante comme une baudruche mais n’apportent rien de plus que cette transformation gonflante. C’est comme de la poudre de talc dans la farine : le poids et le volume augmentent, certes, mais le pouvoir nutritif (ce à quoi la plante est destinée, finalement) n’est en rien modifié, sinon même diminué. Si je suppose que ce gonflement correspond à mon excès d’eau, il est normal donc que des insectes et des champignons se mettent à « profiter » de ces excès. Les « mauvaises » herbes (qui sont chez elles là où elles poussent, finalement !) profitent de même des excès humains.
L’usage des insecticides et des pesticides et des fongicides et des herbicides demandent donc une réflexion, indispensable, avant d’être utilisés : ceux sont là des POISONS, non pas seulement pour les insectes, herbes et champignons, mais à un ensemble dont les insectes, herbes et champignons sont une partie dans la relation plante/environnement. En fait, ces insectes, etc., sont là pour indiquer à l’humain intelligent un déséquilibre (par rapport à la destination que cet humain attend de SON usage de la plante) d’avec l’environnement de la plante et, plutôt, qu’augmenter ce déséquilibre, il serait plus judicieux de le comprendre et de l’utiliser à nos fins : pas de DÉTRUIRE l’environnement de la plante, bien sûr.
Cette réflexion, nul ne pourra l’entreprendre s’il n’est déterminé à botter le commerce chimique du pays de la vitalité. On en est loin, ne nous en faisons pas ! On a le temps de crever, du simple fait que le parasite meurt de ses excès sur le parasité : on le sait, on l’a étudié, répertorié, classé ; mais cela s’adresse aux autres animaux, pas à nous… ainsi que le raconte cette petite histoire : Un scorpion désire traverser un cours d’eau. Il va voir la grenouille. La grenouille est méfiante, mais le scorpion la rassure : « Si je te pique, tu meurs, et si tu meurs, je me noie ». La grenouille, assurée de cette logique, prend le scorpion sur son dos et se met à traverser le ru. Au mitan du lit, le scorpion la pique. La grenouille : « Mais pourquoi ? ». Le scorpion : « Nul ne peut outrepasser sa nature ». Il a crevé donc de sa bêtise mais en emportant quelqu’un d’autre avec lui.
Bien qu’il ne l’ait jamais été jusqu’au environ de 18ème siècle, si on veut, l’humain est devenu depuis cette époque un parasite : il n’a fait, finalement, qu’augmenter son domaine d’exploitation à la nature ce qu’il s’octroyait gentiment à lui-même. Mais si auparavant son action sur la planète ne posait pas trop de problème, si son sang versé par le fer et le plomb, ne faisait qu’engraisser la terre, aujourd’hui il a porté son exploitation au ROUGE feu.
Peut-être une solution viendra-t-elle quand il aura compris ce qu’est un « parasite » lui-même… peut-être ! Est-il assez humble pour cela ? J’en doute fort. Il ne sait pas ce qu’est l’humilité, sinon que de bigot qui n’a rien à voir avec l’intelligence.
14:40 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Politique, écologie
Maxima des minimums
Dans le Figaro du 19-20 janvier 2008, page 18, il y a un article d’un économiste amusant. Dans les extraits, toutes les italiques sont de moi.
Il nous dit que l’OCDE s’est donné « de limiter l’augmentation de la température à un maximum de 2°C (3,6°F) au dessus des températures pré-industrielles ». (…) « Empêcher les températures de s’élever de plus de 2°C nécessiterait des réductions d’émissions draconiennes et immédiates. Pour les pays de l’OCDE, les réductions devraient être inférieurs de 40 à 50% de celles prévues sur douze ans ».
Autrement dit : non seulement les moyens prévus pour atteindre un objectif maximum de 2°C sont insuffisants de 40% à 50%, mais en plus il faudrait 40% à 50% de plus de mesures « draconiennes et immédiates » par rapport à celles PRÉVUES d’être adoptées. C’est-à-dire que non seulement nous restons dans la simple prévision, mais ces prévisions, ces rêves de résolution du problèmes, sont insuffisantes de 40% à 50%.
Il continue plus loin : « Notre objectif de réduction rapide des émissions de CO2 est à la fois inutilement cher et sans grande chance de succès. Au sommet de Rio de 1992, nous avions promis de réduire les émissions avant 2000 et nous avons dépassé l’objectif de 12%. À Kyoto, en 1997, nous avions promis des réductions encore plus radicales d’ici l’an 2010 que nous manquerons de 25%. » Joli travail n’est-il pas ? Ha ! ces politiques quels rigolos ! quels supositoires du Capital, quels incapables ! Ils réalisent, finalement, que ce qu'on leur permet de réaliser, ni plus ni moins et selon la seule manière dont ils sont capables.
C’est que notre économiste nous en donne une raison un peu auparavant : « Même si le consensus politique pouvait être atteint [remarquons qu’il ne s’agit que du consensus POLITIQUE, pas de la résolution du problème planétaire], le coût serait phénoménal : une simulation avance que le coût mondial total tournerait autour de 84 trillions de dollars, alors que les bénéfices économiques ne se monteraient qu’à un septième tout juste de ce montant ». Sacrifions le monde pour 6/7ème de dépenses exemptes de retour sur investissement ! Qu’importe la perte du monde face à une perte économique ! On voit aussi sur quoi se porte l’intérêt d’un tel artiste de l’Économie.
Ce point de vue émanant d’un « groupe de huit économistes renommés dont trois Prix Nobel qui travaillent sur la meilleure manière d’améliorer le bien-être global » (sic !) montre la borne de l’Économie ayant à ce point imprégné les têtes qui refusent à la fois d’admettre qu’il s’agit là du système générateur des nuisances mais aussi son incapacité à résoudre le problème qu’elle génère car elle ne pense qu’en « retour sur investissement » quitte à crever d’une constipation de dollars en décomposition. La solution, donc, du problème de ne pas dépasser de 2°C de réchauffement climatique (ce qui est ÉNORME à notre échelle d’humain) ne réside PAS dans l’Économie ; et pour résoudre ce grave problème demandant en plus 40% à 50% des dispositions draconiennes et immédiates que celles PRÉVUES il faut adopter autre chose qu’un plan de l’OCDE.
Cessons de travailler pour l’Économie est une des meilleures dispositions qui soit. À nous d’en trouver l’organisation, de rendre organique cette disposition adéquate et indispensable !
13:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Politique, écologie

