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mardi, 14 mars 2006

Obtuse irresponsablilité

Du boulot il en faut pour les patrons, pas pour l’ouvrier, c’est là l’inversion, car c’est le patron qui organise ce boulot, aujourd’hui, en créant les conditions qui sont à même d'amener l’ouvrier à être obligé de travailler pour lui, voyons… pas le contraire !
C’est le patron qui établit le montant de loyers (on va dormir où ? Pas dehors, tout d’même !), le prix des denrées (on va pas mourir de faim ! Faut d’l’argent pour vivre !), des vêtements (on ne veut pas vivre tout nus), les formes de la poésie, etc. C’est donc l’ensemble d’un système qui organise les modalités du travail, et il est organisé uniquement dans l’optique, dans l’objectif du travail, de l’obligation au travail.
Pour cela il faut trouver des moyens de faire travailler, d’amener, au moindre prix, les gens au travail, les yeux (vous avez vu la laideur du monde humain dans cette architecture délirante, l’auto-rue, les crottoirs piétonniers, par exemple ?), le nez (vous avez vu comme il pue ce monde humain ne serait-ce qu’à la sortie de ces divers tubes, même filtrés ?) le goût (chaque jour on sent l’insipidité étrange de la nourriture produite par ce travail industrieux dans les supermarchés), tout cela fermé, comme son entendement car il ne s’en ressent absolument pas responsable, rejetant cette responsabilité sur l’obéissance qu’on lui demande pour exécuter ce travail, l'obéissance du salaire.
C’est ce travail présent qui produit ce monde, selon des modalités avec lesquelles nul n’est d’accord (à moins d’être un jaune), et que l'humain exécute pourtant pour lui-même, ses congénères et ses enfants : il en est responsable, l’obtus.