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samedi, 13 mars 2010

L'âge de défaire

La démarche présente de l'animal humain est de renier son aspect animal. Il est parfaitement congru d'anticiper la douleur, puisque cet animal, comme bien d'autres, est pourvu d'une mémoire. Mais il joue sans cesse sur ce seul aspect comme contact avec le vivant : la peur de perdre la vie ; alors qu'il est évident que l'on perd, un jour un moment, la vie. Mais il s'en remet au moyen, au lieu et au temps pour dissoudre cette angoisse de l'inévitable. Et cela devient son obsession.

Alors qu'il fait parti d'une chaîne, il se croit un individu
ex-trait de cette chaîne : c'est UN individu dans une chaîne. Il perd son intégration à la chaîne en se revendiquant maillon personnel de cette chaîne. Tranquillisez-vous, je ne suis pas bête : je sais que j'existe, en tant que moi, et vous aussi : je discute de ces modalités et de leurs conséquences.

Ainsi, toute la vie est sans ce chaînage au monde et présenté uniquement sous le seul aspect du maillon qui est en soi assez ridicule, seul. Le contexte de l'affectivité sociale, promulgué par les « médias » est cette individualité soulignée d'importance susceptible de disparaître, de sombrer dans le néant, de ne plus exister. Les films modernes n'évoquent que cet aspect des choses.

Il est important pour celui qui possède les moyens de productions qui nécessitent encore des humains pour les faire fonctionner, de montrer que les fonctionnateurs de ces moyens sont des chaînons indispensables au fonctionnement de ces moyens ; et les images dont ils ont la possibilité de divulguer comme justification à ce mode d'organisation social, correspondront évidemment, à justifier l'individualisation de ces fonctionnateurs, un à un indispensable à ce fonctionnement. Et, bien sûr, l'objet princeps de ce fonctionnement est de SE reproduire.

Ainsi on portera une grande part de l'angoisse que cette organisation sociale sollicite sur la parenté, la reproduction dont la femme est le giron, la matrice et l'homme le défendeur, le muscle valeureux. La rigidité de ce système, effectivement, se retransmet dans une mécanique de l'existence faite de fer, d'ennemis où la grâce féminine est un Graal au même titre que l'obtention d'une chéfitude.

Je n'oublierai pas que la découverte du zygote comme résultat et non plus comme implication ou comme cause, la cessation « scientifiquement prouvée » du mélange des deux gamètes femelle et mâle ne date que de 1850 et des prunelles ; c'est-à-dire qu'auparavant (et bien après encore pour les plus ploucs) le spermatozoïde était le zygote lui-même que la femme faisait croitre en son giron et cela depuis plus de 8 000 ans, que c'est le mâle qui donne forme au fils ou à la fille, et lui seul. Si on fait le compte, cela ne remonte qu'à à peine 160 années pleines. Et, pour autant que ce fait eut dû être prouvé par la science, la morale en est encore au même stade d'il y a 8 00 ans auparavant quant à la sexuation (le simple fait d'être doté d'un des deux sexes) et sa fonction et ses conséquences.

D'autre part, le sur-lignage extensif de la reproduction en tant que moyen de survivance de l'individu qui se réplique dans ses rejetons ou ses seules traces, montre la faiblesse de la compréhension que
cet individu a de son intégration à un ensemble social dont il est un « maillon » qui n'a précisément d'existence que par sa seule représentativité, à un moment, comme moyen en un lieu, sans indispensable présence, tel qu'il le formule personnellement.

De sorte que tout ce qui ne correspond pas à ce qu'il perçoit être, vient comme une destruction de ce qu'il est : le problème est que l'ensemble de la vie sociale est imbibée de cette
idée sotte du monde. Cet « être » humain, tant séparé de cet « être » qu'il n' a pas saisi hors de l'exploitation bête et méchante, ne ressent plus son temps pérenne que comme une finitude. Et si je voulais montrer quelque chose, ce sera bien l'abrutissement d'une telle idée calquée sur sa vie ; mais il n'en a cure : le temps du présent est la force de sa continuité puisque ce qu'il vit, sans conscience, a au moins le résultat de lui faire admettre qu'il a échappé à la mort immédiate... qu'il vit encore (aussi bête !).

Lorsque dans un tel contexte, on songe au salariat, on reste songeur longtemps, comme abruti sous le coup d'une massue inattendue et dont la compréhension regimbe à se faire comprendre. S'il s'agissait de me faire mourir, quel est cet étrange moyen ! et s'il s'agissait de me laisser vivre : quel étrange moyen ? Ici la souffrance sans finitude, sans mort et là la vie sans finitude, inachevée... avortée ?

C'est dans ce sentiment d'abortion que réside la pérennité du Capital qui se reproduit outre mesure (quelqu'un a écrit qu'un gramme d'or placé à 5% en l'an zéro, aurait généré plus de richesse aujourd'hui que la planète n'en pourrait produire) comme monstruosité mathématique.

vendredi, 12 mars 2010

Quelle colle !

Cette histoire de glie dans le cerveau, j'allais l'oublier, on s'en fout royalement si ce n'est que la CONSCIENCE DE SOI et l'IMAGINAIRE ne tient pas au SNC (système nerveux central) mais au SNV, au système neuro-végétatif.

C'est cela que je veux, moi, dire. La poésie réside dans le SNV et non pas comme ces mécanistes le disent parce qu'ils n'y comprennent rien, dans la conscience, qu'ils situent dans le SNC.

Je me suis aperçu de cela un jour où je recherchais l'endroit d'un lieu en voiture. Je ne me souvenais pas du nom de ce lieu : je savais qu'il était vers là. En suivant les bornes de ma mémoire, comme des petits cailloux, j'ai réussi, du premier coup, à revenir en un lieu où je n'étais venu que quatre fois, à partir de Guingamp, perdu dans les méandres des routes bretonnes. C'est à ce moment que je me suis dit que la mémoire ne réside pas dans le cerveau mais dans les mouvements du corps, dans la musculature de cet ensemble du corps et que le cerveau ne fait que suivre les mouvements de ce corps qui sait se situer, se retrouver ses lieux de plaisir pour leur dire à nouveau bonjour.

La mémoire, donc, ne se situe pas dans le CERVEAU mais dans les mouvements des muscles. Et en cela je rejoints et Wilhelm Reich et sa cuirasse caractérielle et Rick Hamer et son traumatisme, car c'est précisément la jonction entre la réalité et ses désirs acceptés qui fondent la MEMOIRE d'iceux et d'icelle.

De ce fait, les mathématiques qui sont considérées comme le summum de l'intelligence et qui n'utilisent que la logique au pire quaternaire du SNC, sont complètement à côté de la plaque de la vie qui, elle, est immédiatement liée au SNV. Et le plaisir que ces mathématiciens éprouvent à leurs élucubrations correspond précisément à cette « poésie » qui les fait entrer en contact avec le SNV alors qu'ils veulent restreindre leur entendement du monde au stricte SNC, veulent le prouver ainsi et selon leur seuls critères absolus et circonscripteurs.

La déduction logique est une « course » d'un point à un autre qui se doit de se démontrer selon des jalons reconnus indubitables, repérables et fixes. Ce mot d'Isidore Ducasse qui ne voulait procéder que par INDUCTION en s'évitant de lire « Le problème du Mal » de Naville, tient ici tout à sa légèreté dans sa formule : « Je veux que ma poésie puisse être lue par une jeune fille de quatorze ans ».

La poésie est de l'ordre du SNV : je parle à des nourrissons et ils me sourient de plaisir, la poésie est de l'ordre de l'amour qui est neuro-végétatif. Et c'est précisément cet INCONTRÔLABLE qui donnent aux flics le pouvoir d'en être l'abération : « Les sentiments sont la forme de raisonnement la plus incomplète qui se puisse imaginer ». « La transition se perd. L'esprit regimbe contre la ferraille, la mystagogie. Le cœur est ahuri devant ces pages qu'un fantoche griffonna. Cette violence l'éclaire. Il ferme le livre. Il verse une larme à la mémoire des auteurs sauvages. Les poètes contemporains ont abusé de leur intelligence. Les philosophes n'ont pas abusé de la leur. Le souvenir des premiers s'éteindra. Les derniers sont classiques ».

Là, dans cette déessitude de la déduction, chacun tend à résoudre son problème au dieu qu'il vénère : une forme du parfait dont il a établit lui-même les critères (je peux m'inclure dans ce lot) ou bien qui se plie à des critères déjà établis et qu'il espère pouvoir un jour chambouler afin de devenir à son tour une référence, un dieu autre, référentiel.

Toutes les révolutions sont organiquement de l'ordre de SNV que le SNC tend de réduire à ses vues du monde !

La manière de poser le monde selon la dialectique (du fait que la dialectique -- ce mouvement qui s'entame après la cessation de la complémentarité -- est le mouvement qui tendra à retrouver la complémentarité --- lui-même moment plus ou moins court de « repos » dans le cours de la vie--- est tendancieux : je vois ce mouvement de la vie comme plutôt quadralectique (le sens trialectique de Hervé Morin est la perception simultanée et concomitante de trois effets de la vie ensembles comme cause, conséquence et tiers) c'est-à-dire aussi comme solution... car le temps passe et fuit dans nos mains comme le sable sec ou du verre, la gorgée de bière.

Lorsque Bakounine parle de rejet de l'autorité, il cause implicitement du rejet de la tyrannie du SNC sur le SNV : la bataille de Bakounine et de Marx ne revient qu'à ces modalités de domination, id est, de défection de la dépendance du prolétariat vis-à-vis de son assujettissement au salariat : le moyen d'appauvrir les gens pour les rendre misérables.