vendredi, 17 mars 2006
Rognage du squelette
La tournure que prend la loi sur les téléchargements Internet est exactement le schéma de ce qui advient de la défense de la liberté contre la marchandise : la liberté, encerclée par la marchandise n’a plus que les mots pour vivre.
La marchandise c'est payer pour acquérir. Le patron paye, achète le travail (et la responsabilté du travailleur sur l'effectivité de son travail) pour acquérir cette fonction humaine ; et pour payer les marchandises produites par ces vendeurs de travail sous les impulsions du patron, il faut payer : chouette, on devient patron à son tour : quelle satisfaction ! Si t'es pas d'accord, on saura t'y obliger, lorsque tu sais ce qu'est d'être responsable d'une fonction humaine : l'échange, en dehors des critères du patronat, de la marchandisation des fonctions humaines.
08:35 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Politique
Distingo dans l'amalgame
Je me suis trompé, hier, en disant qu’il fallait faire attention à « l’amalgame » qu’on allait faire entre les « casseurs » et les « étudiants » : le changement du politiquement correct de la sarcosicature de Nicolas aurait dû me faire prévoir le contraire : un casseur n’est pas un étudiant, et un étudiant n’est pas un casseur, l’un est gentil et sait rester dans les basquettes du bienscéant ; l’autre est un rustre, un barbare, à qui on ne devrait pas même donner la parole : la police saura faire la différence, et elle en a l’autorisation.
08:34 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Politique
Anthropie de la politesse
Une jeune fille, ce matin, à la radio :
« Je suis encore au lycée ; pour avoir de l’argent, j’ai décidé de travailler à côté de mes études. Alors je fais la caissière. Cest surtout le samedi que c’est difficile : je me lève à 5h30 le matin pour faire la mise en rayon à 7h00 puis je prend la caisse le reste de la journée. Comme j’ai droit à 4½ mn par heure de pose, alors pour sortir plus tôt après 10 heures de travail, je ne prends pas mes poses. C’est très fatiguant, mais je suis contente : j’ai de l’argent à moi. Aux vacances, je travaille plus, mais j’ai plus d’argent. Bon, je fais que ça mais…
Le journaliste au politique : qu’en pensez vous ?
Le politique : c’est très positif, elle est courageuse cette jeune fille, il faudrait plus de petits-travails (sic) pour ce genre de personne, qui sont vraiment courageuses.
Une autre : je poursuis des études d’ingénieure. Dans ma ville, je vois ces jeunes qui ne veulent pas continuer les études, les « sans avenir » comme on les appelle. Ils n’aimaient pas l’école, alors à 16 ans ils sont partis et ils vivent de petits riens, dans la rue en tenant les murs. C’est que nous, qui venons de la banlieue, aux entretiens d’embauche, on est pénalisé par notre langage, la manière de se tenir ; c’est plus facile pour les bourgeois : ils portent tout de suite ce qu’on demande, et leur langage est celui qui faut. Nous on fait caricature.
Le politique : C’est positif, cette jeune fille a un projet professionnel, elle y arrivera.
Il y au moins deux commentaires à faire : un sur la compréhension du travail par ce politique (aparemment, lui ne travaille pas, ne sait pas ce qu’est le travail), un autre sur son d’empathie face aux variances des comportements humains (lui seul sait ce qu’il faut faire de sa vie, et c’est sa manière à lui), mais cela serait cacher son esclavagisme de fait, qu’il voudrait qu’on adopte de soi-même pour le satisfaire. Effectivement, pour exprimer une colère vis à vis de ce genre de personnes, qu’on soit ou non « étudiant », on devra rester poli puisque c'est elle qui en donnent l'exemple, puisque c'est elles qui donnent le sens de la réalité à la vie.
08:30 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Politique

